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Lisée mise sur la bonne foi d'Ottawa en matière d'immigration

Jean-François Lisée marche en compagnie de Sylvain Gaudreault et de Véronique Hivon en direction du parlement à Ottawa.
Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a déclaré que c’est au Québec de trancher sur la question du seuil d’immigration souhaitable pour la province. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Après avoir accusé François Legault de manquer de « sérieux » et de ne pas maîtriser ses dossiers en matière d'immigration, Jean-François Lisée s'est refusé à dire s'il réduirait le nombre d'immigrants reçus au Québec dans un premier mandat d'un gouvernement péquiste et comment il le ferait, reconnaissant du coup le droit de regard d'Ottawa.

Un texte de Yannick Donahue

D’entrée de jeu, le chef péquiste a déclaré que c’est au Québec de trancher sur la question du seuil d’immigration souhaitable.

« Notre proposition est de déclarer l’indépendance du Québec en termes de désignation du nombre d’immigrants dont nous avons besoin. Je n’ai fait état d’aucune cible pour l’avenir. J’ai discuté du passé et des échecs passés. Ce n’est pas Ottawa qui doit décider combien d’immigrants, surtout économiques, doivent arriver au Québec. C’est le Québec », a-t-il affirmé.

Le leader du PQ a insisté sur le fait que le Québec allait suivre sa propre voie.

Sur l’immigration comme sur bien d’autres sujets, nous allons fonder nos décisions sur les besoins du Québec. Pas sur les vetos et les diktats d’Ottawa.

Jean-François Lisée, chef du PQ

M. Lisée a répété ne pas vouloir « faire de numérologie » sur le nombre d’immigrants que le Québec pourrait accueillir. Il a réitéré qu’il comptait se baser sur les besoins de la province et sa capacité d’intégration. Il a récemment évoqué une cible oscillant entre 35 000 et 40 000 nouveaux arrivants, mais a précisé que leur nombre optimal serait choisi après recommandation de la vérificatrice générale.

Droit de regard fédéral

Le chef du PQ reconnaît toutefois qu’Ottawa a un droit de regard en matière d’immigration.

« Ils [Ottawa] ont même le pouvoir de désaveu. Si Ottawa voulait, ils pourraient prendre n’importe quelle loi du Québec et la désavouer », a-t-il admis.

En mêlée de presse, Jean-François Lisée a semblé menacer le gouvernement fédéral en le défiant d'intervenir dans les choix du Québec concernant l’immigration.

Jusqu’à maintenant, jamais un gouvernement fédéral n’a remis en question les décisions du Québec. Je ne leur conseille pas d’essayer avec moi.

Jean-François Lisée, chef du PQ

Détenteur d’une licence en droit, M. Lisée dit savoir lire les textes de loi, mais aussi être capable de lire les rapports de force politique.

« On va occuper tout notre territoire juridique et tout notre territoire politique. S’ils veulent contester la capacité du Québec de choisir en fonction de ses besoins sa politique d’immigration, on aura un beau débat politique. Entre autres à l’élection fédérale de 2019 », a-t-il prévenu.

Pas de chicane en vue

M. Lisée considère que le gouvernement de Justin Trudeau n’osera pas déclencher une querelle avec le Québec en matière d'immigration.

« Ce n’est pas une bonne idée pour Justin Trudeau de partir une chicane sur l’immigration avec un gouvernement du Parti québécois. Pourquoi le ferait-il? Avec l’indépendance du Québec, nous aurons tous nos pouvoirs en immigration comme sur le reste », a-t-il affirmé.

Ainsi, M. Lisée semble miser sur la bonne foi d’Ottawa. Or, que ferait-il en cas de mésentente entre Québec et Ottawa? lui a demandé une journaliste. « On fait une élection en 2022 sur le thème de l’indépendance du Québec », a-t-il répondu.

« Donc, pendant quatre ans, vous ne faites rien? » a enchaîné la journaliste.

« Vous nous mettez dans une hypothèse où, pour la première fois depuis 1978, le gouvernement fédéral déciderait d’utiliser son pouvoir pour contredire l’Assemblée nationale. Moi, je vous dis que cela n’arrivera pas », a-t-il soutenu.

Une « faute politique majeure »

Jean-François Lisée a été invité à préciser sa pensée lors d'une mêlée de presse en après-midi.

Le chef péquiste a prié Ottawa de faire preuve d’ouverture. « La flexibilité politique existe. Elle a été la règle jusqu’à maintenant. Je compte que cela continuera à être la règle, tout simplement », a-t-il dit.

Or, jusqu’ici, il a toujours été question de hausser les seuils d’immigration et non pas de les réduire.

Selon lui, s’opposer à la volonté des Québécois constituerait « une faute politique majeure » de la part du gouvernement Trudeau. « Ce serait un recul que le fédéral décide de faire un excès de zèle », a-t-il affirmé.

Et si, finalement, Justin Trudeau décidait de contester le choix du Québec? « Bring it on », a-t-il rétorqué, sans cependant spécifier quelle serait sa riposte.

M. Lisée s'est refusé à dire clairement ce qu’il ferait si Ottawa intervenait pour contrecarrer ses plans. Le gouvernement fédéral détient les pouvoirs pour empêcher le gouvernement du Québec de réduire ses seuils en immigration.

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