•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

François Legault reconnaît ne pas être « un génie en herbe » sur l’immigration

Le reportage de Véronique Prince
Radio-Canada

Après avoir peiné, la veille, à expliquer le processus d'immigration, François Legault, qui souhaite réduire le nombre de nouveaux arrivants au Québec, a tenté la carte de l'humour dimanche, assurant tout de même avoir fait ses devoirs pour maîtriser le sujet. Or, il s'est de nouveau fourvoyé, 24 heures plus tard, tandis que ses adversaires condamnent vivement ses erreurs.

Un texte de Romain Schué

« J’ai lu pas mal toute la nuit », a déclaré, avec le sourire, François Legault dimanche matin, tout en reconnaissant que les questions posées étaient « de bonnes questions ».

Interrogé samedi sur l’obtention de la citoyenneté canadienne, le chef caquiste avait jugé ce processus « un peu flou » et avait fait preuve de nombreuses hésitations concernant le fonctionnement de ce système et son lien avec les compétences du Québec, qui a le pouvoir de sélectionner une partie de ses nouveaux arrivants.

« J’aurais dû prendre [les questions] en délibéré », a-t-il admis, avant de souligner qu’il n’aurait pas « gagné Génies en herbe », en référence à l’émission télévisée portant sur la culture générale des adolescents.

Est-ce que les Québécois s’attendent à ce que je sois un génie en herbe pour répondre à combien ça prend de temps pour avoir la citoyenneté?

François Legault, chef de la CAQ

De nouvelles erreurs

François Legault a tenté de faire preuve de clarté, en disant maîtriser « l’essentiel » de ce système. Mais, questionné sur le même sujet, le chef caquiste a encore été approximatif au sujet de la résidence permanente. Un immigrant obtient ce statut, au Québec, après avoir reçu un certificat de sélection du Québec (CSQ). Trois ans plus tard, il peut faire la demande de citoyenneté canadienne.

« Entre la résidence permanente et la citoyenneté, la seule chose qui est faite, qui est obligatoire, c’est [une vérification de] sécurité puis un test médical, pour être sûr qu’il n’y a pas de maladie », a-t-il affirmé.

Or, cette étape est réalisée par le gouvernement fédéral pour l’obtention de la résidence permanente.

Ensuite, quand il a été interrogé sur le questionnaire de valeurs et de connaissances du Canada, élaboré par le gouvernement fédéral à l'intention des immigrants, le chef caquiste a assuré à tort que cet examen se déroulait « pour avoir la résidence permanente ». Il s'avère que celui-ci n’est conditionnel qu’à l’obtention de la citoyenneté canadienne.

François Legault a néanmoins admis, quelques secondes plus tard, qu’il allait « vérifier », tout en avançant que ces « bons » tests « viennent montrer que ce n’est pas si effrayant, ce [que la CAQ] demande ».

Couillard et Lisée offensifs

Dimanche matin, Philippe Couillard et Jean-François Lisée n’y sont pas allés de main morte pour critiquer la sortie médiatique de leur adversaire.

Après avoir déjà invité François Legault à « étudier » ce sujet, Philippe Couillard avait préparé une déclaration, lue durant sa propre annonce quotidienne.

« [Samedi,] dans une vidéo incroyable, M. Legault a fait preuve de son incompréhension, sa méconnaissance des règles actuelles », a affirmé le chef libéral, présent dans un centre commercial de Québec. « Il ne comprend pas lui-même le sujet dont il parle, il n’a pas passé le test. »

M. Legault veut faire un test d’expulsion, mais échoue au test de compréhension, de connaissances. Son unique intérêt partisan l’amène à cultiver la chicane et la division au détriment de l’élan économique du Québec.

Philippe Couillard, chef du PLQ

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, croit quant à lui que François Legault manque de « sérieux » et « n’est pas prêt à être premier ministre ».

« Je pense qu’il y a quelque chose d’extrêmement grave qui s’est produit », a-t-il déclaré, en soutenant que François Legault « n'avait aucune crédibilité pour parler d’immigration, puisqu’il ne sait même pas comment ça marche ».

Un candidat pour le poste de premier ministre, qui fait campagne sur l’immigration depuis deux ans, a démontré qu’il ne connaissait pas le b.a.-ba de l’immigration au Québec et au Canada. Je pense que ça le disqualifie.

Jean-François Lisée, chef du PQ

Legault estime être en « terrain solide »

François Legault s’est malgré tout montré confiant, en indiquant être « sur un terrain solide ». « Les Québécois disent oui, il faut réduire à 40 000 [immigrants annuellement, contre environ 52 000 l’an passé]. Oui, il faut exiger un test de français et de valeurs  », a-t-il répété.

Réitérant son intention de délivrer un certificat temporaire d’une durée maximale de trois ans, il a également reconnu que ce procédé pourrait entraîner des délais pour les nouveaux arrivants québécois souhaitant obtenir la citoyenneté canadienne.

Ainsi, avec ce système, un immigrant installé au Québec, avec une résidence permanente nouvellement en poche, pourrait attendre un minimum de six ans avant de devenir citoyen canadien, contre trois ans pour les autres provinces.

« On a un défi additionnel au Québec. Le français sera toujours vulnérable au Québec, en Amérique du Nord. Oui, il y aura des exigences plus grandes au Québec. Je pense que c’est ce que souhaitent la grande majorité des Québécois », a-t-il avancé, en admettant que ces immigrants puissent néanmoins quitter la province pour bénéficier d’un processus plus souple.

Avec la collaboration de Joëlle Girard et Yannick Donahue

Politique provinciale

Politique