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Un ancien réfugié vietnamien soigne gratuitement les dents de familles syriennes

Un dentiste dans un cabinet dentaire.
Le Dr Nguyen dans la salle de traitement de la Clinique dentaire de Chelsea. Photo: Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Alors que la campagne en vue des élections provinciales bat son plein, la question de l'accessibilité aux soins dentaires est remise à l'avant-plan. Un dentiste de Chelsea n'a toutefois pas attendu un changement législatif pour venir en aide à des patients vulnérables. Dans la dernière année, Ha Minh Ky Nguyen a soigné gratuitement des réfugiés syriens.

Un texte de Yasmine Mehdi en collaboration avec l’émission Les malins

Il y a beaucoup de dents qui étaient endommagées, il y avait de la carie en plus de ça… [Il fallait] faire des traitements de base au moins pour ne pas qu’il y ait de douleur, explique le Dr Nguyen de la salle de traitement de la Clinique dentaire de Chelsea, où il y a soigné deux familles de réfugiés syriens.

Je réparais deux, trois dents à la fois. Ça a pris quelques séances, ajoute le dentiste.

Ils avaient vécu des choses difficiles, alors ça se voyait au niveau de leurs gencives.

Dr Nguyen, dentiste à Chelsea

Des traitements pro bono

Le dentiste considère que ce qu’il a fait est louable, mais pas exceptionnel. Tellement, qu’il hésite à nous accorder une entrevue.

Je ne veux pas être mis sous le spotlight [...] Je suis juste content d’avoir contribué, et je me sens bien. Mon objectif, c’était d’aider, lâche-t-il timidement.

Le Dr Nguyen avoue ne pas avoir compté combien ces soins auraient coûté. Sûrement des milliers de dollars, estime-t-il.

Au-delà de l’envie de donner en retour, le dentiste s’est senti personnellement interpellé par l’histoire des réfugiés.

Mes parents étaient des boat people. Après avoir quitté le Vietnam, on était dans un camp de réfugiés au Singapour pendant un an avant de venir au Canada, raconte le Dr Nguyen.

Une mère de famille entourée de ses quatre enfants assis sur un canapé.La famille Al Khoury avec de gauche à droite Jessica, Dima, Hassib, Ziad et Sari. Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

L’histoire de la famille Al Khoury

À Gatineau, dans l’appartement de la famille Al Khoury, rires d'enfants et discussions animées se mêlent au bruit de fond de la télévision.

Dima y vit avec ses quatre enfants, âgés de 5 à 15 ans depuis un peu plus d’un an. La famille a quitté Homs au début du conflit syrien et est passée par le Liban avant d’arriver au Canada. Un périple difficile pour Dima, qui a perdu son mari pendant la guerre.

Les enfants avaient mal aux dents, ils avaient beaucoup de caries, explique Dima, en arabe. La dernière fois qu’on avait vu en dentiste, c’était en Syrie, il y a quatre ou cinq ans. Nos dents étaient vraiment dans un sale état.

Son fils Hassib, dix ans, qui se débrouille déjà plutôt bien en français, garde lui aussi un bon souvenir de la clinique du Dr Nguyen.

J’avais mal aux dents et il m’a fait du bien. Je veux lui dire merci, dit l’enfant en souriant.

Promesses électorales au Québec

Alors que la campagne électorale bat son plein, Québec solidaire a fait de l’assurance dentaire universelle une promesse phare.

Le Parti libéral du Québec veut pour sa part élargir l’accès aux soins dentaires s’il est réélu, une ancienne promesse de Jean Charest.

Le Dr Nguyen a préféré ne pas donner son opinion sur les différentes propositions des partis. Il sait que les soins dentaires sont chers et donc, difficiles d’accès pour les personnes qui n’ont pas d’assurance.

Il y a un besoin. On [les dentistes] a ce rôle social de traiter le patient dans son ensemble, croit-il.

Tout n'est pas gratuit

Actuellement, l'examen annuel, les examens d’urgence, les radiographies ou encore les anesthésies locales et les couronnes préfabriquées sont offerts aux enfants de moins de dix ans.

En revanche, les coûts d’un nettoyage et d’un détartrage ne sont pas assumés par la Régie de l’assurance maladie.

De l’autre côté de la rivière

À Ottawa, une clinique dentaire du quartier Vanier tenait samedi sa septième journée annuelle de soins dentaires gratuits. Plombage, extraction, réparation de prothèses : ils étaient des dizaines à faire la file dans l’espoir d’avoir accès à ces soins.

Plusieurs personnes n’ont pas les moyens d’avoir des soins dentaires. On a des personnes qui sont plus âgées, qui sont sur l’aide sociale et qui n’ont pas le même accès [à l’]assurance dentaire, a expliqué une des organisatrices de l’événement, Ruha Banham. Il y a des visages qu’on revoit chaque année.

Lors de la dernière campagne provinciale ontarienne, le Nouveau Parti démocratique avait promis une assurance dentaire aux Ontariens.

Ottawa-Gatineau

Santé publique