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analyse

Québec solidaire mise sur l'environnement pour séduire les jeunes électeurs

Manon Massé, la co-porte-parole de Québec solidaire, s'adresse aux médias après le débat des chefs.
Manon Massé, la co-porte-parole de Québec solidaire, s'est adressée aux médias après le débat des chefs. Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Martine Biron

ANALYSE – Au lendemain du débat des chefs, Québec solidaire (QS) a rapidement mis en ligne l'extrait où Manon Massé sermonne ses adversaires sur l'environnement. L'enjeu séduit depuis un moment sur les médias sociaux et il touche tout particulièrement les jeunes.

Québec solidaire fait donc du thème de l’environnement son projet de société, un peu comme le Parti québécois l’a fait avec la souveraineté, il y a 40 ans.

Les militants avaient la triste habitude en campagne électorale d’observer la courbe de leurs appuis piquer du nez. Mais le vent tourne et, pour la première fois depuis la fondation du parti, la tendance est à la hausse.

Les solidaires, qui estiment s’être bien préparés, ne manquent d’ailleurs pas une occasion de dire que la question de l’urne porte sur l’environnement.

Le style Manon Massé

Si QS joue à fond la carte des médias sociaux, il découvre aussi que le style singulier de Manon Massé a ses adeptes. Au sortir du débat des chefs jeudi dernier, l’entourage de la co-porte-parole de Québec solidaire était plutôt mitigé sur sa performance. On aurait souhaité l’entendre davantage, qu’elle se jette dans la mêlée.

Mais la porte-parole Massé a fait à sa tête et elle a décidé de se tenir à l’écart des débats chicaniers, de ce qu’elle a appelé les « combats de coqs ».

Elle a même tenu son bout face à ses stratèges qui voulaient préparer soigneusement son mot de fermeture au débat. Manon Massé a insisté pour « parler avec son coeur », ce qui, à un moment aussi important d’une campagne électorale, était particulièrement risqué. Mais ses conseillers ont finalement dû s’incliner devant l’engouement qu’a suscité sa performance sur le web. Elle a été la seule à ne pas lire un texte, à s'exprimer sans notes.

On ne parle pas de « Manon-manie », mais les militants solidaires constatent que la fille de milieu populaire a réussi le tour de force de croiser le fer avec trois diplômés universitaires rompus à l’exercice.

Un programme radical

Fort de ce succès, QS pense qu’il pourra faire belle figure dans Taschereau, à Québec, l’ancien fief péquiste d’Agnès Maltais. Le rassemblement du parti vendredi à Québec a littéralement galvanisé les troupes.

N’empêche, si l’environnement cartonne auprès des jeunes urbains de gauche, le parti est encore loin du podium.

Les universités regorgent de jeunes ambitieux qui rêvent de s’enrichir et qui n’ont aucun intérêt pour ce parti de « granolas », aux dires de certains, dont le programme contient toujours une bonne dose de radicalité. Québec solidaire rebute aussi les électeurs qui votent le plus, c’est-à-dire les plus de 50 ans. Les quinquagénaires, qui ont voté pour le libre-échange, font en sorte que QS est encore bien installé en quatrième place.

Cela dit, pour la première fois, la génération du millénaire représentera à cette élection le tiers de l’électorat. Pour atteindre ses objectifs, QS devra convaincre les électeurs d'aller voter. Une tâche colossale alors que le taux de participation chez les jeunes est, depuis 30 ans, en chute libre.

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