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Manifestation pour un registre public des délinquants sexuels

Une centaine de personnes ont manifesté à Québec, samedi. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Une centaine de personnes ont manifesté à Québec, samedi, pour réclamer un registre public des délinquants sexuels, actuellement accessible exclusivement aux forces de l'ordre.

Les manifestants sont d’avis que de rendre public le registre permettrait de mieux protéger les enfants d’éventuels prédateurs sexuels déjà condamnés pour ce type de crime dans le passé.

Sophie Dupont, instigatrice de la Marche Blanche, soutient que, dans les provinces où il existe un tel registre, il y a eu une « baisse des récidives ». Elle dénonce également un manque de suivi auprès des délinquants une fois qu’ils ont purgé leurs peines.

Mme Dupont, qui milite pour cette cause depuis 14 ans, ne croit pas que les individus figurant au registre seraient stigmatisés s’il était rendu public. « On ne va pas les harceler », a-t-elle dit, ne s’expliquant pas la réticence qui existe au Québec envers cette mesure.

Les manifestants ont réclamé des engagements fermes des partis politiques pour la création du registre.

Jusqu’ici, seule la Coalition avenir Québec s’y est engagée. Mais le parti de François Legault ne place pas cette mesure au sommet de sa liste de priorités. Plusieurs candidats caquistes de la région de Québec étaient de la marche.

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, qui milite aux côtés de Mme Dupont, était lui aussi de la manifestation, tout comme Jean-François Gosselin, chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Québec.

La meilleure solution?

Pour le professeur en criminologie Jean-Claude Bernheim, créer un registre public des délinquants sexuels n’est pas la solution.

Le professeur en criminologie, Jean-Claude BernheimLe criminologue Jean-Claude Bernheim Photo : Radio-Canada

« Ce genre d’approche est une mesure technique qui donne l’impression aux citoyens d’une certaine sécurité. Malheureusement, le problème des agressions sexuelles est que, dans la très grande majorité des cas, ce sont des agressions qui se commettent à l’intérieur de la famille », a-t-il expliqué.

Selon lui, le registre public ne viendrait donc pas « garantir la sécurité des enfants ». La meilleure protection passerait essentiellement par de la prévention, a-t-il poursuivi.

« Entre autres l’éducation sexuelle à l’école. Dans ce contexte-là, les enfants vont être initiés aux problématiques potentielles et aux rapports qu’il peut y avoir entre les enfants et les adultes. Sinon, on ne fait que stigmatiser des personnes qui ont été condamnées. »

Société