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La dernière patrouille du lieutenant Bisson

Le patrouilleur Emrick Bisson (passager), le patrouilleur Alexandre Bisson (au volant), et le lieutenant Raynald Bisson (à l'arrière)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Après 30 ans de patrouille, le lieutenant Raynald Bisson quittera sous peu le poste de quartier de La Cité-Limoilou, à Québec. Pour sa dernière soirée de patrouille, vendredi, on lui a autorisé une affectation inusitée : parcourir le centre-ville accompagné de ses deux fils, qui ont suivi ses traces.

Un texte de Charles D’Amboise

« Très nerveux, très satisfait ». Avant de monter à bord de l'autopatrouille, Raynald Bisson ne cache pas qu’il éprouve de la nostalgie.

« C’est comme ma famille, ici. Ma famille, c’est mes deux garçons, leur conjointe et ma femme. Mais les gens ici, je les ai vus grandir, c’est comme mes enfants aussi », confie-t-il.

Dans le grand stationnement du poste La Cité-Limoilou vendredi, le brouhaha causé par la dernière patrouille du lieutenant faisait détourner les regards d’à peu près tous les policiers qui passaient par là.

« Il fait l’unanimité parce que c’est un supérieur très humain, explique Mélanie Jobin, relationniste et ancienne patrouilleuse qui l’a côtoyé. Pour lui, c’était naturel de nous propulser quand on avait des objectifs, qu’on voulait monter en grade. [Son départ] va faire un grand vide. »

Raynald Bisson

Raynald Bisson

Photo : Radio-Canada

Qui plus est, le lieutenant Bisson est reconnu pour avoir mis sur pied une poignée de projets au sein du Service de police de la Ville de Québec.

Instigateur du Projet aînés, qui visait à sensibiliser les aînés aux fraudeurs, M. Bisson est aussi derrière le projet Les pères aidants, un programme d’aide psychologique pour les policiers qui est offert « entre pairs ».

Celui dont il est le plus fier? Le programme Habitaction, assure-t-il. « C’était de rapprocher les policiers avec les gens les plus démunis de la ville. On se rendait sur le terrain, on faisait du porte-à-porte sur le terrain pour comprendre ce qu’était leur problématique, plutôt que d’arriver en pensant qu’on connaissait déjà leur problème », résume-t-il.

En regardant dans le rétroviseur, Raynald Bisson se remémore aussi l’accident du funiculaire, en 1996.

« C’est le moment où j’ai été le plus troublé émotionnellement. On était deux sergents, on était les premiers. Fallait que les ambulances se rendent. Tout le monde venait pour aider, mais bloquait les accès. J’ai senti beaucoup d’impuissance, mais j’ai toujours été en mesure d’évaluer les impacts », se rappelle-t-il.

Pour les deux fils du lieutenant, cette dernière patrouille clôt un chapitre qui leur aura été des plus inspirants.

« La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre. C’est mon père qui m’a donné la piqûre pour la police, explique Alexandre Bisson. On est contents de souligner ses 30 ans de service. C’est beaucoup de sacrifices, d'horaires rotatifs pendant 30 ans, pour les citoyens. »

Emrick Bisson.

Emeric Bisson

Photo : Radio-Canada

Pour Emrick Bisson - le plus jeune du « clan Bisson » -, cette soirée de patrouille symbolise aussi la rencontre entre deux générations.

« Ça va être assez drôle de voir comment il travaillait dans le véhicule à l’époque. C’est deux styles différents, indique-t-il. Ça va être beaucoup d’échanges. »

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