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Les écoles ontariennes courtisent les enseignants québécois

François Laperle répond aux questions d'une journaliste.
Le directeur du Service des ressources humaines du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario, François Laperle. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

En Ontario, des écoles qui font face à une pénurie d'enseignants francophones veulent attirer des Québécois, notamment en faisant miroiter l'écart salarial entre les deux provinces. Samedi, ils étaient nombreux à se rendre à une foire de l'emploi organisée par le Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO).

On est vraiment surpris de la réception des gens, du nombre de personnes qui se sont présentées ici, a indiqué le directeur du Service des ressources humaines du CEPEO, François Laperle.

Ils étaient des dizaines, curriculum vitae en main, à faire la file dans l'espoir de décrocher un emploi dans une école ontarienne. Les responsables de l'événement espèrent ainsi recruter une trentaine d'enseignants.

On n'a plus personne sur nos listes de suppléance à long terme, donc il fallait qu'on remeuble ces listes pour avoir des gens disponibles pour le reste de l'année, a affirmé M. Laperle.

L'agent de recrutement au CEPEO Fanny Courchesne souligne que le salaire et des avantages sociaux peuvent êtreintéressants pour les gens du côté du Québec.

Plusieurs enseignants québécois sur place ont en effet indiqué avoir été attirés par le salaire et les avantages sociaux ontariens.

L'enseignant en mathématiques Persis Nsoga, qui habite à Gatineau, trouve pour sa part que décrocher un emploi du côté québécois n'est pas facile, même s'il y a aussi une pénurie. En Ontario, c’est beaucoup plus facile d’avoir un poste. C’est difficile à Gatineau. Enseigner là-bas, c’est trop compliqué. Il faut faire des examens au ministère, ensuite passer par les commissions [scolaires], etc. Il se trouve mieux soutenu en Ontario.

Écart Ontario–Québec

Au début de leur carrière, les enseignants ontariens gagnent près de 9000 $ de plus par année que leurs homologues québécois. Un enseignant québécois fait 42 000 $ par année alors qu'en Ontario, le salaire est établi à 51 000$.

Après 10 ans de métier, cet écart salarial entre les enseignants québécois et ontariens se creuse de plus de 30 000$. Le salaire des professeurs québécois ayant dix années de service est d'un peu plus de 61 000 $, alors que pour la même ancienneté, les salaires ontariens se situent à plus de 94 000 $.

Suzanne Tremblay répond aux questions d'une journaliste.La présidente du syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, Suzanne Tremblay. Photo : Radio-Canada

La présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais, Suzanne Tremblay, déplore la situation. [Au Québec] il faudrait, à tout le moins, se rapprocher de la moyenne canadienne, qui est autour de 84 000 $. On est loin de cette moyenne-là, soutient Mme Tremblay.

En pleines élections provinciales, la Coalition avenir Québec et le Parti libéral ont tous deux promis de hausser le salaire des enseignants en début de carrière. Québec Solidaire a aussi promis une augmentation salariale plus globale alors que le Parti québécois veut miser sur l'amélioration des conditions de travail.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Ottawa-Gatineau

Éducation