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François Legault peine à expliquer le fonctionnement du système d’immigration

François Legault en point de presse à Québec.

Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc

Radio-Canada

Comment l'immigration au Québec et au Canada est-elle réellement gérée? « C'est un peu flou », répond François Legault. Le chef caquiste, qui souhaite réduire le nombre de nouveaux arrivants dans la province, a été incapable de décrire avec précision le fonctionnement du système actuellement en place.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre)

Au cours du grand débat des chefs, jeudi soir, François Legault avait évoqué la possibilité « d’expulser des gens qui ne sont pas encore citoyens » québécois, si ces derniers ne réussissent pas un test de français et de valeurs après trois années de présence dans la province.

Or, ce statut de « citoyen » au Québec n’existe pas. Interrogé sur ce sujet samedi, François Legault l’a d’ailleurs reconnu. Seul Ottawa est chargé d'octroyer la citoyenneté canadienne.

Pour cela, il existe plusieurs conditions à remplir. Quels sont ces critères?

« Eh bien, on regarde actuellement, là, les personnes. D’abord, il y a une enquête de sécurité qui est faite. Quand c’est dans la sélection économique, on regarde les qualifications pour voir si ça répond aux besoins du marché du travail. Quand ils sont au Québec, ça donne des points de parler français. Pour l’instant, c’est un peu flou, mais c’est à peu près ça », a répondu François Legault, visiblement gêné par la question.

Or, M. Legault mélange différents éléments.

Comment devient-on citoyen canadien?

Avant d’obtenir la citoyenneté canadienne, un candidat doit obligatoirement avoir le statut de résident permanent au Canada.

Le gouvernement du Québec est quant à lui chargé de délivrer un Certificat de sélection du Québec (CSQ), qui s’obtient au moyen d’un système de pointage. Les qualifications professionnelles, tout comme la connaissance du français, permettent d’obtenir un maximum de points.

Après l’obtention de ce statut, le gouvernement fédéral est chargé de délivrer la résidence permanente, une fois que la vérification des antécédents judiciaires et de l’état de santé du candidat a été faite.

« C’est un peu flou de façon générale. La preuve, 58 % des immigrants qui sont arrivés au Québec l’année dernière ne parlaient pas français », a repris le chef de la CAQ, qui souhaite réduire à 40 000 le nombre d’immigrants admis annuellement au Québec en cas de victoire électorale.

Combien de temps faut-il rester au pays pour devenir citoyen canadien? « Quelques mois », a répondu François Legault.

Or, à ce jour, depuis une dernière réforme du gouvernement de Justin Trudeau, un résident permanent doit avoir passé un minimum de trois années au pays, et ce, au cours des cinq années précédant la demande.

Il doit aussi être capable de s'exprimer en français ou en anglais et doit se soumettre à un examen de connaissance du Canada.

Couillard invite Legault à « étudier » ce système

« Je pense que M. Legault ne comprend pas le système d’immigration. Je vais être respectueux », a estimé Philippe Couillard, après avoir pris connaissances des propos de son adversaire.

Le chef libéral a invité son adversaire à « étudier » ce processus.

Si on parle d’un sujet aussi délicat que l’immigration, il faut au minimum comprendre de quoi on parle.

Philippe Couillard, chef du PLQ

« Un seul mot me vient à l’esprit : incompétence », a quant à lui écrit le chef péquiste, Jean-François Lisée, sur Twitter.

Évoquant l’entente entre le Québec et le Canada, signée en 1991, qui permet notamment au Québec d’être la seule province pouvant sélectionner une partie des immigrants, Philippe Couillard a également rappelé à François Legault qu’Ottawa avait « le dernier mot ».

Selon des sources citées par Le Devoir, le gouvernement fédéral a déjà indiqué que Québec n'a pas l'unique autorité pour décider du nombre d'immigrants à accueillir dans la province.

« Le gouvernement fédéral a un droit de regard », a confirmé Philippe Couillard, en précisant cependant qu’Ottawa, pour l’instant, « n’a jamais eu de raisons de passer par-dessus les choix du Québec ».

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