•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Journée du rétablissement à Ottawa : se sortir de la dépendance

Kier Knight répond aux questions d'une journaliste.
Kier Night participe à la Journée de rétablissement d'Ottawa depuis quatre ans. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Plus de 2000 trousses de naloxone ont été rendues disponibles samedi à Ottawa dans le cadre de la Journée du rétablissement, qui a pour but d'aider les toxicomanes à se sortir de la dépendance et à célébrer ceux qui ont réussi à le faire.

Keir Knight est en rétablissement depuis dix ans et sobre depuis quatre ans. Depuis ce temps, il participe à la Journée du rétablissement qui se tient annuellement à Ottawa. En partageant son histoire, il croit pouvoir donner espoir à ceux qui souffrent encore de dépendance.

Il y a de plus en plus de gens qui meurent parce qu’ils cachent leurs problèmes, donc c’est une bonne idée de mettre [les dépendances et les histoires de rétablissement] en lumière, dit-il.

Une personne en rétablissement est en processus de se sortir d'une dépendance en suivant des traitements ou en recevant des services. Pour Knight, c'est le soutien de la part des gens de son entourage qui a fait la différence.

Pour moi, le rétablissement, c’était plus de guérir ce qui causait la consommation.

Keir Knight

Je pensais que mon problème était la consommation, mais j'ai réalisé que ma consommation était une sorte de solution à des problèmes plus graves en dessous, a indiqué l'ancien toxicomane.

En plus de s’être trouvé un emploi au Centre national des arts, M. Knight, qui était danseur professionnel, donne du temps dans un centre d’injection pour aider les gens qui se retrouvent dans la même situation qu’il se trouvait il y a quelques années.

Keir Knight souhaite aussi sensibiliser les gens à l'importance d'avoir une trousse de naloxone pour prévenir les surdoses. C'était d'ailleurs l'objectif de plusieurs intervenants sur place.

Le vaporisateur nasal dans les trousses est efficace, moins invasif [qu'une injection traditionnelle] et ça fonctionne en quelques minutes, explique Mark Barnes, pharmacien propriétaire de Respect Rx Pharmasave, qui rappelle que 4000 Canadiens sont morts de surdoses d'opioïdes l’an dernier, dont un millier en Ontario.

Craintes face aux progressistes-conservateurs

M. Knight voit d'un mauvais oeil le spectre de la fermeture possible de centres d'injection supervisée dans la région, que laisse planer le gouvernement progressiste-conservateur. Les gens vont mourir à cause de ça, ça c'est sûr, lance-t-il.

C’est une des plus grandes crises au Canada. C’est très important, a pour sa part lancé Pierre Marin, bénévole à Serenity Renewal for Families. Le premier engagement [de Doug Ford] c’est la bière à un dollar, déplore-t-il, se demandant par le fait même l'importance que voue M. Ford au traitement des dépendances.

Gord Garner répond aux questions d'une journaliste.Gord Garner organise la Journée du rétablissement d'Ottawa depuis trois ans. Photo : Radio-Canada

C'est le même son de cloche pour Gord Garner, qui participe à l'organisation de cette journée depuis les trois dernières années. Il soutient que tout le monde connaît quelqu’un [qui est aux prises avec des problèmes de dépendance] et c’est certainement le cas du premier ministre actuel.

Les signes d'une surdose sont nombreux. Si vous voyez une personne qui a les lèvres ou les ongles bleus, qui est étourdie ou confuse, qui a de la difficulté à rester réveillée, qui a la peau froide ou moite, la première chose à faire pour l'aider, avant même d'avoir recours à une trousse de naloxone, est de composer le 9-1-1.

Réduire la stigmatisation et augmenter le financement

Yvon Lemire, directeur général de la Maison Fraternité, affirme qu'il est important de réduire la stigmatisation autour de la consommation.

On aide les gens à s’en sortir. On a des programmes internes et externes pour aider les gens qui ont des problématiques de dépendances, explique-t-il. Or, il s'avère difficile pour l'organisme d'aider tous ceux qui sont dans le besoin étant donné que son financement n'a pas été augmenté depuis 2009.

Les besoins sont tellement grands. On a toujours besoin de plus de ressources.

Yvon Lemire, directeur général de la Maison Fraternité

Le gros problème, c’est qu’on perd nos gens, déplore-t-il. Les cliniciens sont tous des psychothérapeutes, donc des gens avec des maîtrises qui font partie de l’ordre des psychothérapeutes autorisés de l’Ontario. Ils sont sous-payés comparés à d’autres domaines. Ils viennent prendre de l’expérience ensuite ils quittent pour des emplois plus payants.

Avec les informations d'Estelle Côté-Sroka

Ottawa-Gatineau

Santé publique