•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une session nocturne pour débattre de la taille du conseil municipal de Toronto

Le premier ministre Doug Ford en Chambre jeudi
Le premier ministre Doug Ford en Chambre jeudi Photo: La Presse canadienne / Chris Young

Après 47 minutes de débat, la session extraordinaire convoquée samedi par le gouvernement Ford a été ajournée. Les parlementaires reviendront toutefois en chambre pour une session nocturne de dimanche à lundi afin de procéder à la deuxième lecture du nouveau projet de loi qui vise à réduire la taille du conseil municipal de Toronto.

Un texte de Jean-François Morissette

Quelques minutes avant le début de la session de samedi, le leader parlementaire du gouvernement, Todd Smith, a tendu la main aux partis d'opposition afin de faire adopter rapidement le projet de loi 31 - loi pour des administrations locales efficaces - qui fera passer la taille du conseil de ville de Toronto de 47 à 25 conseillers. Son appel a été aussitôt rejeté par ses adversaires politiques.

M. Smith indique être prêt à utiliser tous les outils afin de faire adopter le projet de loi.

M. Smith déplore que les partis d'opposition s'objectent à l'adoption rapide du projet de loi et les blâme pour la lenteur des travaux.

L'Opposition en furie

La chef du Nouveau parti démocratique (NPD) de l'Ontario, Andrea Horwath, n'a pas mâché ses mots envers le premier ministre Ford.

Les députés néo-démocrates seraient très heureux de siéger toute la fin de semaine pour discuter des enjeux auxquels font face les Ontariens, comme le temps d'attente dans les hôpitaux ou la perte tragique de 80 000 emplois le mois dernier. Malheureusement, la seule raison pour laquelle nous siégeons est que Doug Ford veut bafouer les droits de tous les Ontariens en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés, a-t-elle lancé à la fin de la session.

Le chef du Parti vert de l'Ontario et député de Guelph, Mike Schreiner, assurer qu'il continuera de s'objecter au gouvernement sur le sujet. M. Schreiner dénonce aussi ce qu'il qualifie de gaspillage de fonds publics.

Les Ontariens n’ont pas élu ce premier ministre pour gaspiller leur argent et leur temps dans une petite bataille politique avec Toronto. Ils ne l’ont pas élu pour piétiner leurs droits garantis par la Charte, estime-t-il.

Nathalie Des Rosiers, députée du Parti libéral de l'Ontario, déplore que le gouvernement force les députés à revenir en chambre en pleine nuit pour débattre d'un enjeu qu'elle estime peu important.

Des opposants à la décision du gouvernement

Samedi, des dizaines de manifestants ont aussi exprimé leur opposition au gouvernement devant Queen's Park.

Une version surdimensionnée de la Charte des droits et libertés a été imprimée par les organisateurs de la manifestation. Ceux-ci invitaient les passants à y apposer leur signature. C'est l'organisme Council for Canadians (conseil des Canadiens) qui a organisé la manifestation.

L'organisateur de la manifestation, Mark Calzavara, a tenu à rappeler à Doug Ford que plus de 7 millions d'Ontariens n'ont pas voté pour lui et qu'il devait diriger la province avec l'intérêt des Ontariens en tête.

Le groupe a également recueilli plus de 5750 signatures en ligne. La pétition demande à la procureure générale de l'Ontario, Caroline Mulroney, de condamner l'utilisation de la clause nonobstant.

Vendredi, le leader parlementaire du gouvernement, Todd Smith, avait fermé la porte à l'idée de repousser la date de l’élection municipale pour la ville de Toronto, prévue le 22 octobre prochain.

Après qu'une première loi eut été bloquée par les tribunaux, le gouvernement ontarien a déposé un nouveau projet de loi semblable mercredi afin de faire passer le nombre de conseillers municipaux à Toronto de 47 à 25. Le premier ministre progressiste-conservateur Doug Ford estime qu'avec moins d’élus, le conseil municipal sera plus efficace.

Le gouvernement a utilisé la disposition de dérogation avec le projet de loi 31 pour en assurer le passage.

L'usage de cette clause a toutefois été dénoncé, notamment par l'ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, l'ex-premier ministre de la Saskatchewan, Roy Romanow et l'ex-procureur général de l'Ontario, Roy McMurtry, trois architectes de cette disposition.

Politique provinciale

Politique