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Le PQ veut créer NumériQuébec pour brancher tous les Québécois

Le chef du PQ Jean-François Lisée était entouré des candidates Michelle Blanc (Mercier) et Mireille Jean (Chicoutimi) pour le dévoilement de sa politique numérique. Photo: Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Radio-Canada

Le Parti québécois (PQ) a dévoilé sa stratégie numérique pour le Québec samedi, proposant notamment de brancher tous les Québécois à un réseau de fibres optiques d'ici quatre ans.

Un texte de Yannick Donahue

Le parti souverainiste a fait cette annonce lors du dévoilement de sa politique numérique, samedi, à Montréal.

Selon Jean-François Lisée, 200 000 à 300 000 foyers n’ont pas accès à Internet. À Montréal, a-t-il dit, moins de 2 % des gens ont réellement accès à de la fibre optique.

Pour brancher tous les Québécois, un gouvernement péquiste créerait NumériQuébec, une nouvelle filiale d’Investissement Québec. Elle aurait le mandat de créer un consortium d’investisseurs pour compléter le branchement.

Investir dans la fibre optique, pour l’ensemble de la population du Québec, c’est l’investissement le plus enrichissant possible.

Jean-François Lisée, chef du PQ

Selon lui, son projet est enrichissant pour tout le monde : les citoyens, les entreprises, les régions, les investisseurs et l’État.

Pour le PQ, la clé de la stratégie est la conclusion de partenariats afin d’investir et non plus de subventionner. Le PQ s’oppose ainsi à la nationalisation et à l’ajout de concurrence. « On ne sera pas à la remorque des [entreprises de télécommunications]. On va être dans la cabine de pilotage », a-t-il dit.

NumériQuébec, qui disposerait d'un budget de 240 M$, convierait autour de la table des acteurs tels que Vidéotron, Bell, Telus, Hydro-Québec (qui dispose d'un réseau de fibres optiques), et des MRC qui sont déjà présentes dans ce marché.

« Investissons ensemble pour le branchement à la fibre optique de tout le Québec et tirons les profits ensemble de la génération de revenus que cela va amener. Notre objectif est de mettre en commun une infrastructure commune, la développer et en tirer des revenus de façon commune. C’est la façon la plus économe, la plus rapide », a dit le leader péquiste.

En ce qui concerne la téléphonie mobile, le PQ adopte la même position. Le consortium sera responsable d’offrir une couverture complète de la province. Concernant les prochaines enchères sur le réseau 5G, M. Lisée est d’avis que NumériQuébec pourra être un joueur pour desservir l’ensemble du territoire.

Sur les traces de l'Estonie

Le PQ veut instaurer au Québec la technologie Xroad développée par l’Estonie, qui est le premier pays au monde doté d’un gouvernement sans papier.

Cette technologie permet à tous les ministères de partager des documents, en plus d’offrir aux citoyens une seule identité numérique, une sorte de guichet unique pour communiquer avec l'État.

Si vous allez sur Google et que vous tapez "Xroad", il y a une petite vidéo de trois minutes qui vous explique dans le détail c’est quoi. Le temps que vous l'écoutiez, l’Estonie a sauvé à ses fonctionnaires 240 heures de travail.

Michelle Blanc, candidate péquiste dans Mercier

La gouvernance numérique est une réalité depuis 1997 en Estonie. Quand les Estoniens vont chez le médecin, il n'y a rien à remplir dans les salles d'attente, parce que les médecins peuvent accéder aux antécédents médicaux de leurs patients. L'Estonien moyen remplit aussi sa déclaration de revenus en trois minutes. Tout ce système fonctionne grâce à une carte à puce que chaque citoyen possède.

Tous les processus bureaucratiques se font en ligne, où les Estoniens ont accès à plus de 1000 services de l’État. Cette vaste numérisation des opérations de l’État permet à l’Estonie d’économiser 2 % de son PIB par année en salaires et en dépenses.

Un conseil national du numérique

Le parti s’engage aussi à créer le Conseil national du numérique qui vise à appuyer les élus et les ministères dans le développement efficace du numérique au Québec.

En point de presse, la candidate péquiste dans Mercier, Michelle Blanc, a expliqué que cette structure, une sorte de « conseil de sages », serait formée de spécialistes en droits des technologies, de sociologues, d’historiens et d’ingénieurs en informatique.

« Les ministères, avant de faire des changements majeurs ou de prendre des décisions qui ont trait au numérique, devront consulter ce conseil », a affirmé Mme Blanc.

Pourquoi un tel conseil? « Depuis des années, le gouvernement est en [mode] réaction [face] aux Uber, Amazon et Netflix de ce monde au lieu d’être proactif. Depuis des années, on a de la misère à comprendre comment adapter la société à ces enjeux, qui touchent absolument tout », a répondu Mme Blanc, qui a par ailleurs été talonnée par les journalistes pendant cette annonce au sujet d'anciens écrits controversés sur la communauté juive.

Un ministre responsable du Numérique

Jean-François Lisée a aussi annoncé qu’il nommerait un ministre responsable du Numérique s’il prenait le pouvoir.

De plus, le PQ imposerait aux grosses firmes informatiques qui obtiennent des contrats gouvernementaux à sous-traiter l’équivalent de 10 % des montants obtenus à des firmes de plus petite taille.

Par ailleurs, le PQ prévoit l'adoption d'une politique du développement du logiciel libre et la création d'un institut de recherche informatique.

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