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Florent Vollant : avec Kashtin ou l’OSM, la fierté de la voix autochtone

Cinq minutes avec Florent Vollant
Radio-Canada

Le chanteur innu Florent Vollant fait équipe avec l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) pour présenter l'opéra Chaakapesh, le périple du fripon dans des communautés autochtones du Québec. S'il s'agit là, selon lui, d'une collaboration heureuse pour faire rayonner la culture autochtone, il dit avoir été « bousculé » par les récentes controverses entourant l'appropriation culturelle dans le domaine du spectacle. Louis-Philippe Ouimet l'a rencontré.

Le conte de Chaakapesh, revisité par l’auteur cri du Manitoba Tomson Highway, est lu par trois narrateurs : Florent Vollant en innu, Akinisie Sivuarapik en inuktitut et Ernest Webb en cri.

À consulter également : Chaakapesh : l’OSM chez les Autochtones

« Quand un grand orchestre comme l’OSM me donne l’occasion de m’exprimer dans ma propre langue, c’est aussi une source de fierté pour ma communauté, affirme Florent Vollant. [Il en va de même] pour les autres narrateurs qui sont avec moi dans ce spectacle-là. »

Selon lui, l’art peut être un important instrument de réconciliation des peuples. « Moi, je crois beaucoup en la musique quand on parle de rapprochement », indique-t-il.

Appropriation culturelle : « On n’a pas le droit à l’erreur »

Les questions d’appropriation culturelle ont fait couler beaucoup d’encre cet été et Florent Vollant croit que, malgré de bonnes intentions, les tentatives de certains artistes peuvent souvent être maladroites. « C’est difficile à entendre, moi j’ai été bousculé par ces choses-là. On n’a pas le droit à l’erreur quand on veut raconter l’histoire de l’autre. »

Si un artiste de l’Alberta s’associait avec un Américain pour raconter l’histoire du Québec et aller la présenter à Las Vegas sans consulter personne, est-ce que les Québécois réagiraient? […] Je pense qu’il y aurait une réaction et c’est ce qu’il y a eu ici en ce qui concerne Kanata.

Florent Vollant

30 ans après Kashtin, des voix autochtones qui s’affirment

Florent Vollant se réjouit de constater la vitalité de la relève culturelle autochtone. « [Aujourd’hui], plus de la moitié de la population autochtone a moins de 30 ans, donc il y a une force, une volonté d’expression sur les plans de la danse, du chant, du théâtre, de la littérature. »

Révélé au public en 1989 grâce au duo Kashtin, qu’il formait avec Claude McKenzie, il juge modestement sa contribution au rayonnement de la culture autochtone. « Je crois qu’on a amené quelque chose. Au début on était une curiosité, mais après les gens ont voulu en savoir plus, sur nos origines, et on a fait découvrir 11 nations du Québec aux Québécois », se réjouit-il.

« Je rêve que nos enfants soient encore plus fiers que nous l’avons été. Je suis un peu tanné d’être une victime, j’aimerais ça avoir un autre rôle. Je souhaite, dans le futur, que nos enfants aient une vision d’eux-mêmes autre que celle d’une victime. »

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