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Mme « pas tellement », surprise d'avoir volé la vedette

Raymonde Chagnon revient sur la question qu'elle a posée lors du débat des chefs.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Pas tellement! » : il a seulement fallu ces deux mots de Raymonde Chagnon pour enflammer les réseaux sociaux durant le débat des chefs, jeudi soir. La septuagénaire peine à croire à l'ampleur des réactions générées par sa question lors de ce pugilat oratoire.

La première question à laquelle ont dû répondre les dirigeants des quatre principales formations québécoises lors du Grand débat des chefs 2018, est venue de Raymonde Chagnon, une résidente de 72 ans de Mirabel.

« Je n’ai pas les moyens financiers pour aller dans une résidence privée. Et j’ai peur de finir par survivre dans un CHSLD. Voici ma question : que me proposez-vous? », a-t-elle demandé.

Les réponses ne l'ont guère impressionnée.

« Mme Chagnon, êtes-vous éclairée? », lui a demandé l'animateur Patrice Roy.

« Pas tellement! », a-t-elle répondu du tac au tac. À peine prononcés, ces deux mots sont devenus un mot-clic sur les réseaux sociaux.

« C'est sorti tout seul, a-t-elle confié au lendemain de sa boutade. Je suis reconnue pour dire ce que je pense. »

L'ampleur des réactions des internautes la surprend. « Mon fils m'a dit : "c’est rendu un hashtag!" J’ai dit : "c’est quoi, ça! », raconte-t-elle en riant.

« Il y en a même un qui a écrit : "Je suis Mme Chagnon"; un autre a dit : "Je vote pour Mme Chagnon"; un autre a dit : "On veut Mme Chagnon comme premier ministre"! Franchement, j’en revenais pas! « C’est trop pour ce que j’ai fait. J’ai simplement posé une question et répondu à une autre question avec honnêteté. »

Une situation qui la préoccupe

L'écran montre Raymonde Chagnon, à Mirabel, (à gauche) et les quatre chefs, en studioAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Raymonde Chagnon, posant sa question au Grand débat des chefs

Photo : Radio-Canada

La Gaspésienne d'origine ne croit pas que les chefs ont saisi le sens de sa question.

Je voulais qu'ils me disent : oui, on va améliorer ce qui se passe dans les CHSLD parce que c'est une nécessité, mais aussi on va penser à une autre [catégorie] de personnes âgées, qui, elles, sont encore autonomes, actives, mais qui n'ont pas les moyens financiers d'aller s'installer dans des manoirs.

Raymonde Chagnon

Des aînés comme elle, qui vit maintenant seule dans le petit sous-sol d'un bungalow et qui voudrait se sentir en sécurité.

Le sort d'une amie décédée qui vivait seule elle aussi n'a rien pour la rassurer. « Il s’est passé 48 heures avant qu’ils la trouvent. Il n’y avait personne autour d’elle qui se disait : "On ne l’a pas vue aujourd’hui". »

Évoquant notamment des habitations à loyer modique pour aînés, elle aurait voulu que les chefs lui proposent des solutions. « Ils ont répété ce qu’on entend à chaque bulletin de nouvelles », lance-t-elle.

La résidente de Mirabel s'inquiète aussi de la qualité des soins offerts à son mari, atteint de Parkinson, résident d'un CHSLD depuis trois mois. « Il n’est pas en danger, mais il pourrait avoir une fin de vie plus agréable », souligne-t-elle.

« Ils le font marcher une fois par semaine parce qu’ils n’ont pas le temps. Ils ne sont pas assez nombreux », regrette-t-elle.

Elle cite aussi les nombreuses embûches bureaucratiques pour obtenir de l'aide de Québec pour son mari, dont les revenus ne suffisent pas à couvrir les frais du CHSLD.

Mais il n'y a pas que la réponse à sa question qui l'a déçue, le déroulement du débat aussi. « J’ai eu l’impression que c’était une gang de flots qui se chicanaient dans la cour d’école. Ils ne se respectaient pas », laisse-t-elle tomber.

Avec les informations de Valérie-Micaela Bain

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