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Industrie forestière : du manque de travail au manque de travailleurs

Homme qui a des lunettes de protection et un casque de sécurité qui travaille
Un travailleur dans l'usine de carton WestRock, à La Tuque (Archives) Photo: Radio-Canada

Il y a quelques années à peine, on assistait régulièrement à des fermetures d'usines et des mises à pied temporaires dans le secteur forestier. Aujourd'hui, l'avenir de l'industrie est menacé par un tout autre problème, celui du manque de travailleurs.

La pénurie de main-d’oeuvre qui frappe le Québec est d'autant plus préoccupante dans les secteurs éloignés comme la Haute-Mauricie où les forestières doivent redoubler d'imagination et se montrer plus flexibles pour attirer la main-d'oeuvre et assurer leur avenir.

La direction de l’usine de carton WestRock, à La Tuque, connaît des défis auxquels elle n’était pas habituée.

Il y a cinq ans, on était en mode de réduction de main-d'oeuvre et on n’avait aucune difficulté à remplacer les gens qui quittaient lorsqu'on avait besoin de le faire, mais, présentement, c'est un défi, explique le directeur de l’entreprise, Pierre Pacarar.

Homme devant l'usineLe directeur de l'usine de carton WestRock, à La Tuque, Pierre Pacarar Photo : Radio-Canada

WestRock a dû remplacer 350 de ses 470 employés au cours des 10 dernières années en raison des nombreux départs de baby-boomers.

Continuer à faire fonctionner l'usine est un défi quotidien.

Je vous dirais que pour la fin de semaine prochaine et certaines journées dans les prochaines semaines, on se casse la tête. On travaille avec nos employés afin de combler les postes qui doivent absolument être comblés, dit-il.

On est des battants nous, à La Tuque. Notre intention c'est de ne pas faire ça; il n’est pas question de réduire la production ou de fermer des équipements [à cause du manque de main-d’oeuvre].

Pierre Pacarar, directeur de WestRock

WestRock a investi plus de 25 millions de dollars dans son usine en 2017, ce qui ne l'empêche pas de souhaiter réduire le besoin de main-d’oeuvre.

Avec ces nouveaux équipements, on regarde comment on peut réorganiser le travail, sachant qu'il va y avoir encore des gens qui vont prendre leur retraite, explique le directeur de WestRock.

En attendant, garder des travailleurs retraités à l'emploi plus longtemps et faire preuve de plus de souplesse quant aux horaires et aux vacances permettent à WestRock d'espérer traverser cette nouvelle crise.

Usine de l'extérieur en étéL'usine West Rock à La Tuque connaît des défis de recrutement. Photo : Radio-Canada

Pierre Pacarar est toutefois moins inquiet pour l’avenir.

À moyen et à long terme, on est confiant. La Tuque a un pouvoir d’attraction, dit-il. L’industrie est quand même une bonne industrie. On offre de bons emplois. C’est un milieu stimulant. L’usine investit des sommes assez importantes au niveau des nouveaux équipements.

Le défi du recrutement

La Ville de La Tuque, dont l'économie repose sur l'exploitation de la forêt, met tout en oeuvre pour attirer des travailleurs. Elle veut à tout prix éviter que des usines ferment faute de main d'oeuvre.

Le maire Pierre-David Tremblay affirme que c’est un défi, car pour un étudiant ou un travailleur, il y a 10 emplois disponibles.

Les gens vont aller dans un secteur qui est plus payé ou qui va concilier plus travail famille, constate-t-il.

Homme dans une classe où l'on voit des animaux empaillésSerge Mathieu, directeur adjoint de l'École forestière de La Tuque Photo : Radio-Canada

L'École forestière de La Tuque doit aussi se montrer créative pour attirer les futurs travailleurs dans la région, mais aussi pour répondre au besoin des entreprises.

On a démarré [une option qui permet] l'alternance travail-études pour que l'étudiant qui termine soit vraiment prêt à commencer rapidement [pour répondre] au besoin de l'entreprise, explique le directeur adjoint de l'École forestière de La Tuque, Serge Mathieu.

D’après le reportage d’Amélie Desmarais

Mauricie et Centre du Québec

Industrie forestière