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Une année « exceptionnelle » pour les vignerons québécois

Le reportage de Normand Grondin

Le temps chaud et sec de l'été qui est presque écoulé est une bénédiction pour les vignerons québécois, dont les raisins sont gonflés d'eau, croquants et particulièrement sucrés cette année. De quoi faire rêver les producteurs, dont le vin gagne de plus en plus d'adeptes au Québec.

Pour Daniel Lalande, dont les vignobles occupent 35 hectares à Oka et Saint-Eustache, la récolte de raisins sera « précoce et exceptionnelle » cette année. Ses vignes, chargées de raisins, ploient sous le poids des fruits.

De son côté, Louis Dugas, directeur des ventes et du marketing au Vignoble Coteau Rougemont, estime lui aussi que l'année 2018 sera bonne pour les amateurs de vins d'ici. D'autant plus, dit-il, que la qualité du produit ira en s'améliorant.

« On va avoir des vins de moins en moins acides, donc des vins qui sont plus généreux, qui sont plus charmeurs, qui sont plus faciles d'approche. Donc, je pense que c'est vers là que les vins du Québec se dirigent », affirme-t-il.

Si l'importance des conditions climatiques est indéniable, Nadia Fournier, l'auteure de l'ouvrage de référence Le guide du vin Phaneuf, rappelle que l'industrie vinicole nécessite aussi une bonne dose de sérieux.

« Il y a une dizaine, une quinzaine d'années, il y avait un peu plus de romantisme, on pensait à planter de la vigne comme projet de retraite. Maintenant on voit des hommes d'affaires, des femmes d'affaires qui investissent les vignobles, qui entreprennent ça avec une démarche très sérieuse », dit-elle.

Expérience, persévérance et volonté d'investissement semblent être autant de maîtres-mots dans ce domaine.

Marché en croissance

Outre des produits qui gagnent en qualité, les vignerons peuvent compter sur une statistique avantageuse : les produits québécois ne représentent encore que 1 % du marché du vin au Québec, avec 2,7 millions de bouteilles vendues l'an dernier.

La marge de croissance potentielle est donc particulièrement importante.

« Tous les outils sont là en ce moment. On a l'épicerie pour les gens qui ont des plus petits marchés, la Société des alcools du Québec (SAQ) qui est derrière nous autres... Je dirais que depuis 5 ou 6 ans, ça va super bien », avance pour sa part André Lauzon, propriétaire du vignoble Les vents d'ange.

Moi, je pense que d'ici 5 ans, ça va être établi au Québec comme les fromages l'ont été il y a 25, 30 ans.

André Lauzon, propriétaire du vignoble Les vents d'ange

Selon M. Lauzon, d'ailleurs, l'intérêt des consommateurs est particulièrement marqué. Et les Québécois les plus enthousiastes pour les vins d'ici, ce sont les jeunes adultes, ceux âgés de 20 à 30 ans.

La demande est si importante, en fait, que les vignerons à la tête des domaines en vogue savent, dès les vendanges, qu'ils ne réussiront pas à fournir des bouteilles toute l'année.

« C'est un heureux problème qu'on a. Puis, il faut être patient, parce que lorsqu'on plante de la vigne, c'est cinq ans plus tard qu'on commence à récolter le fruit de notre travail », mentionne Yvan Quirion, président du Conseil du vin du Québec.

D'après le reportage de Normand Grondin

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