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Une journée dans la campagne électorale d'Annie Fournier, candidate du Parti libéral

Annie Fournier, candidate du PLQ dans Matane-Matapédia
Annie Fournier, candidate du PLQ dans Matane-Matapédia Photo: Radio-Canada / Joane Bérubé
Radio-Canada

La circonscription de Matane-Matapédia regroupe trois MRC. Près de 46 000 électeurs, dans 45 municipalités, sur un territoire de 14 000 km2. Y faire une campagne électorale exige du temps, des déplacements et une bonne dose de conviction.

Lundi, 10 septembre, une journée dans la campagne d'Annie Fournier, candidate du Parti libéral du Québec.

Un texte de Joane Bérubé

1. 6h30 – lundi matin

Une femme court sur un trottoirAnnie Fournier court chaque matin, si elle le peut, malgré la campagne Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Annie Fournier termine son jogging dans le parc des Îles. J’ai l’impression que mon cerveau est plus allumé quand je cours, dit celle qui réussit à mettre ses baskets de trois à quatre matins par semaine.

Cette lève-tôt est aussi une couche-tôt.

Elle s’étonne que les partisans, les bénévoles réussissent à faire tourner la planète élections à toutes heures du jour et de la nuit.

Nouvelle en politique, Annie Fournier ne pensait pas apprécier autant le bain électoral. Avoir su, dit-elle, j’aurais fait le saut avant. Seul inconvénient, rapporte-t-elle, c’est sans solde!

La douche prise, elle se prépare une collation et est prête à prendre la route. Il est à peine 7 h.

2. Les gars du garage

La cndidate Annie Fournier discute avec les travailleurs de la voirieVisite au garage municipal Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Pour les employés de la voirie de la Ville de Matane, c’est l’heure d’entrer au travail. Les gars jasent en attendant de connaître tâches du jour. Il n’y a que trois filles, qui s’occupent des fleurs, précise un travailleur.

Annie Fournier tente d’amadouer ce monde d’hommes en serrant des mains, en discutant. Le cellulaire, à Saint-Vianney, y a rien qui rentre, lance un des gars. Déménage!, répond un autre.

La candidate attrape la balle au bond : je suis bien d’accord avec vous, ça n’a pas de bon sens. D’autres questions fusent. Et puis, un homme dit tout le dégoût que lui inspire la politique.

La politicienne en herbe a visiblement déjà entendu cette diatribe. C’est pour ça que je veux m’impliquer, pour changer les choses, répond-elle.

3. Visites de groupes

Le directeur de l'usine des Cuisines Gaspésiennes fait visiter ses installationsVisite des Cuisines Gaspésiennes Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Durant les week-ends, l’aspirant-politicien assiste aux fêtes, aux événements sportifs et repas communautaires. J’ai déjeuné trois fois, samedi dernier, rigole la candidate.

La tournée de cette semaine s’entame à l’usine de charcuteries, les Cuisines gaspésiennes. Discussions avec le directeur général, visite de l’usine, petit laïus devant les employés. La directrice de la SADC est en terrain familier. Elle parle développement économique, immigration et main-d’œuvre.

Un autre arrêt chez Arseno et Associés, spécialisé dans la création et la fabrication de vêtements pour les marchés touristiques et corporatifs.

Un troisième arrêt au garage Volvo.

Il est à peine 11 h. Le nombre de poignées de main ne se compte déjà plus.

4. Votez pour l’économie

Trois personnes discutent ensembleLa candidate et son accompagnateur, Marcel Cormier, discutent avec une électrice Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Marcel Cormier, qui accompagne Annie Fournier dans sa tournée matanaise, avoue avoir eu d’autres allégeances politiques par le passé. Cette fois, dit-il, c’est pour la candidate qu’il s’implique. Votez pour l’économie, votez pour Annie, lance-t-il à la volée dans tous les lieux visités.

Mais les gens ont souvent d’autres préoccupations. Le bilan des libéraux en santé, l’intégration difficile d’une enfant handicapée à sa nouvelle école, les attraits touristiques de Matane.

5. Le local électoral

Trois personnes devant l'écran d'un ordinateurJacynthe Marqui, Annie Fournier et Claude Canuel discutent de l'agenda du lendemain. Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

En fin de matinée, une demi-douzaine de bénévoles s’active au local électoral.

Annie Fournier peut compter sur l’aide d’une retraitée de la SADC, Jacynthe Marquis, et sur son directeur de campagne, Claude Canuel.

Fédéraliste convaincu, l’ex-maire de Matane a participé à sa première campagne électorale auprès de Jean Bienvenue, député libéral de Matane de 1966 à 1973. Il fut même candidat défait au fédéral en 1988.

Lui et Annie Fournier se sont mutuellement « recrutés », dit-elle. Une des belles surprises de cette campagne explique Mme Fournier, c’est bien ce dévouement des bénévoles.

6. La SAQ, privatisée ou pas?

Annie Fournier, candidate libérale dans Matane-Matapédia entourée de grévistes de la SAQLa candidate discute avec les grévistes de la SAQ Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

L’équipe de campagne profite du dîner pour se rencontrer.

Plusieurs bénévoles travaillent à temps plein. On prépare la visite de la ministre Hélène David [NDLR Cette visite sera finalement annulée plus tard dans la semaine]. Le restaurant est situé tout à côté de la Société des alcools du Québec (SAQ). C’est jour de grève.

Avant d’entrer au restaurant, la candidate bifurque vers le groupe de grévistes, serre des mains. discute des préoccupations des travailleurs sur la négociation. Votre parti veut privatiser la SAQ, accuse un travailleur. Je ne suis pas vraiment certaine de ce que vous avancez, je vais vérifier, rétorque Annie Fournier.

7. Béton provincial

Annie Fournier et Marcel Cormier ainsi que le directeur de la production de l'usine et trois autres employés de Béton provincialLa candidate du PLQ parle développement régional avec les employés de l'usine de Béton provincial Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

L’équipe retourne au local. C’est le temps de discuter budget.

Les dépenses électorales, c’est du sérieux. Ce n’est pas une partie qui m’intéresse un peu moins, ils sont meilleurs que moi, commente Annie Fournier qui reprend la route pour visiter l’usine de Béton provincial.

On est ici en terrain est très connu. Dans les bureaux, l’accueil est très cordial, les sous-entendus nombreux. Tu sais, Annie, que j’ai toujours voté péquiste, mais là je suis peut-être prêt pour un changement, confie un employé de l’administration.

En usine, peu de commentaires, difficile avec le bruit de démarrer une conversation. C’est vrai que je suis plus habituée de vendre des idées que de me vendre, reconnaît l’ancienne directrice du SADC.

8. Les réseaux sociaux

La candidate Annie Fournier tourne un vidéo pour alimenter les réseaux sociauxAlimenter les réseaux sociaux est un autre impératif de campagne Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Une campagne électorale est devenue une bête à trois dos : le terrain, les médias et les réseaux sociaux. Il faut nourrir la troisième bête. On profite d’une visite pour tourner une courte vidéo. Utiliser les réseaux comme Facebook n’a toutefois pas que des avantages.

La candidate dénonce des commentaires mal venus de partisans de ses adversaires. Cette autre campagne, moins glamour, qui se joue dans l’ombre numérique, dérange, mais semble devenu malgré tout un incontournable.

9. Les enjeux locaux

Deux femmes en discussionsLa responsable financière de l'usine Rayonier partage ses préoccupations sur l'avenir du port de Matane Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

C’est maintenant à la porte de l’usine de pâte Rayonnier que frappe la candidate.

Une employée fera visiter les bureaux de l’administration. Quatre personnes ont récemment perdu leurs emplois.

L’avenir de l’usine est aussi lié à la restauration du port de Matane qui deviendra propriété du gouvernement du Québec. Le dossier préoccupe la responsable de la comptabilité de l’usine, Guylaine Lapierre, qui travaille pour l’usine depuis sa construction par Donohue en 1988.

10. Parlons santé

Deux femmes entrent à l'hôpital de MataneDernière visite de la journée Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

La journée se termine par une rencontre privée à l’hôpital de Matane avec une administratrice de la Fondation du centre hospitalier.

La candidate y serrera quelques mains, puis ira manger à nouveau avec son équipe.

En soirée, ceux qu’elle appelle des collaborateurs discrets se rendront chez elle pour discuter stratégie. Elle explique que plusieurs bénévoles ne veulent pas afficher leurs convictions politiques dans leur milieu de travail et préfère ce type de rencontres.

Les lumières s’éteindront avant 22 h jusqu’au lendemain, pour la prochaine course.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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