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L'ex-secrétaire d’État Kerry aurait dit aux Iraniens de « patienter » jusqu'à la fin de l'administration Trump

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, s'est adressé aux médias à la suite de la conférence de Paris sur le Proche-Orient.
En campagne de promotion de ses mémoires, l'ancien secrétaire d’État du président démocrate Barack Obama a reconnu avoir « vu à trois ou quatre reprises » l’actuel chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif depuis son départ du gouvernement et l'arrivée du milliardaire républicain à la Maison-Blanche. Photo: Reuters
Agence France-Presse

Rencontres « illégales », « sans précédent », qui « sapent » la politique étrangère des États-Unis : l'ex-secrétaire d'État américain John Kerry a suscité la colère de Donald Trump et du camp conservateur après avoir admis cette semaine avoir continué à rencontrer l'actuel chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

« John Kerry a eu des rencontres illégales avec le très hostile régime iranien; cela ne peut servir qu'à saper notre bon travail au détriment du peuple américain », s'est plaint sur Twitter, dans la nuit de jeudi à vendredi, le président américain.

« Il leur a dit d'attendre la fin de l'administration Trump! », « C'EST MAL », a-t-il protesté, laissant entendre que ces entretiens avaient eu lieu sans être portés à la connaissance de la diplomatie américaine.

Sans se prononcer sur la légalité de ces réunions, l'actuel chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a accusé vendredi son prédécesseur démocrate de « saper activement la politique des États-Unis ».

« Ce qu'a fait le secrétaire Kerry est inconvenant et sans précédent », « c'est littéralement du jamais vu » et « bien plus qu'inapproprié », a protesté le ministre républicain.

« On parle d'un ancien secrétaire d'État qui discute avec le principal État soutien du terrorisme au monde, et [...] il leur disait de patienter jusqu'à la fin de cette administration », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

« Il n'y a rien d'inhabituel » à ce que « d'anciens diplomates rencontrent leurs homologues étrangers », a répondu dans un communiqué un porte-parole de John Kerry.

« Ce qui est inconvenant et sans précédent c'est qu'une conférence de presse du département d'État ait été détournée en faveur d'une telle mise en scène politicienne », a-t-il ajouté.

Selon ce porte-parole, l'ex-secrétaire d'État a eu « une longue conversation téléphonique plus tôt cette année avec le secrétaire Pompeo », à l'occasion de laquelle il a « longuement détaillé ce qu'il avait appris de la position iranienne ».

« Rien n'a été caché à cette administration », a-t-il assuré.

En campagne de promotion de ses mémoires, l'ancien secrétaire d'État du président démocrate Barack Obama, qui avait négocié l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 et avait tissé une relation personnelle avec son homologue iranien, a reconnu l'avoir « vu à trois ou quatre reprises » depuis son départ du gouvernement et l'arrivée du républicain Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2017.

Prié de dire par l'animateur radio conservateur Hugh Hewitt s'il tentait de donner des conseils à Mohammad Javad Zarif pour faire face à la décision de l'administration Trump de se retirer de cet accord nucléaire, John Kerry a répondu mercredi : « Non, ce n'est pas mon travail ».

« J'ai seulement tenté de comprendre ce que l'Iran serait prêt à faire pour améliorer la situation au Moyen-Orient », a-t-il soutenu.

Il a assuré avoir dit au ministre iranien : « Vous devez reconnaître que le monde n'apprécie pas ce qui se passe avec vos missiles, avec le Hezbollah, avec le Yémen », en écho au discours de l'actuel gouvernement américain qui dénonce le comportement « malveillant » de Téhéran dans la région.

Les commentateurs conservateurs ont aussitôt dénoncé un acte de « trahison », certains allant jusqu'à estimer que John Kerry méritait « la prison ».

En 2015, pendant que John Kerry négociait avec l'Iran dans le but affiché de l'empêcher de se doter de la bombe atomique, une lettre ouverte aux dirigeants de la République islamique, signée par la plupart des sénateurs républicains, avait provoqué un tollé similaire.

Ces 47 sénateurs y soulignaient que le président Obama allait quitter son poste en janvier 2017 et qu'ils n'étaient donc pas liés par les engagements de l'ex-président, non ratifiés par le Congrès.

Les démocrates les avaient aussitôt accusés de saper la diplomatie des États-Unis.

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