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Les municipalités québécoises restent « sur [leur] faim » après leur rencontre avec les chefs

Régis Labeaume et Jean-Francois Lisée.
Malgré les sourires, Jean-François Lisée, le chef du Parti québécois (PQ), et Régis Labeaume, le maire de Québec, ne sont pas sur la même longueur d'onde en ce qui concerne le paiement des taxes foncières pour les édifices gouvernementaux. Photo: The Canadian Press / Jacques Boissinot
Radio-Canada

Bien que les chefs des quatre principaux partis politiques aient confirmé leur volonté de redistribuer à l'avenir un point de la taxe de vente du Québec (TVQ) aux municipalités, ces dernières en espéraient plus. Réunies vendredi, les villes québécoises ont réclamé un paiement intégral par Québec des taxes foncières des immeubles gouvernementaux. Sans garantie de résultat.

Un texte de Romain Schué

C’est une question de « justice fiscale », a clamé Alexandre Cusson, maire de Drummondville et président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), qui avait convié François Legault, Philippe Couillard, Jean-François Lisée et Gabriel Nadeau-Dubois à présenter leurs engagements envers les villes provinciales.

Il n’est pas normal, a-t-il indiqué, que « le gouvernement soit le seul à ne pas payer les taxes municipales ».

À ce jour, Québec paie en moyenne 75 % des taxes foncières aux municipalités pour les immeubles gouvernementaux. Le manque à gagner serait de 155 millions de dollars pour les municipalités concernées, a expliqué l’UMQ.

Des chefs ouverts, mais pas d'engagement

Pourquoi le prochain gouvernement ne s'engagerait-il pas à payer intégralement ces taxes foncières?

François Legault a évoqué « un budget serré » pour Québec. « On ne va pas déshabiller Jean pour habiller Jacques », a-t-il dit, tout en mentionnant que les municipalités bénéficient des « retombées » de la présence de ces édifices.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est cependant montré « ouvert » à discuter de cette question une fois élu.

Expliquant qu’il ne travaillait pas avec « Harry Potter », Jean-François Lisée s’est quant à lui montré ferme. « On n’a pas prévu ça », a fait savoir le chef péquiste, avant d’évoquer d’éventuelles « marges de manœuvre » qui pourraient rouvrir ce dossier.

De son côté, Philippe Couillard, qui a fait valoir l’autonomie des municipalités qu'a assurée son gouvernement, a promis de « négocier » un « pacte fiscal », en s'engageant à aborder « franchement » cette question, avec « l’ambition de réussir ».

Enfin, Québec solidaire (QS) a plaidé pour « une réforme en profondeur » de la fiscalité québécoise, sans cependant aborder spécifiquement cette demande de l’UMQ.

« La fiscalité municipale est passéiste, elle ne fonctionne plus. Il faut trouver une nouvelle formule de financement pour les municipalités », a-t-il souligné.

Une question d'équité, disent les villes

« On est restés sur notre faim », a commenté, à l’issue des discours des chefs, la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Pour nous, ce n’est même pas une question de négociation. On donne des services : on déneige, on fournit de l’eau. C’est normal, c’est une question d’équité. Ce n’est pas aux autres contribuables de payer pour ce désengagement de Québec.

Alexandre Cusson, président de l’UMQ

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a lui aussi spécifié qu'il partageait cette position.

Un point de TVQ aux municipalités

Au cours de cet événement, le Parti libéral (PLQ), la CAQ, le PQ et QS ont confirmé vouloir remettre un point de TVQ, dont le taux est de 9,975 %, aux municipalités. Une telle annonce avait déjà été faite au printemps dernier par Philippe Couillard.

Tous les partis se sont engagés à inscrire cette mesure dans une loi, en 2019, afin de pérenniser cette disposition qui permettrait aux municipalités de diminuer leur dépendance aux revenus liés aux impôts.

Au Québec, la taxation représente actuellement environ 70 %, en moyenne, des revenus des municipalités de la province. En Alberta et en Ontario, ce chiffre oscille autour de 40 %, selon l’UMQ.

La taxation des villes québécoises en 2018

Montréal : 68,4 % des revenus
Québec : 80 %
Gatineau : 87,9 %
Moyenne des municipalités : 70 %

Seuils d’immigration, un faux enjeu, dit l’UMQ

Alors que François Legault et Philippe Couillard sont à couteaux tirés sur la question des « seuils d’immigration », le président de l'UMQ estime qu’il s’agit d’un faux débat.

« La question des seuils, [...] ce n'est clairement pas un enjeu de la campagne pour nous », a affirmé Alexandre Cusson.

« J’ai fait une tournée, je suis allé dans 32 villes au Québec. Il n’y a eu aucune question sur les seuils, a-t-il rapporté. Donc, quand on entend [les chefs] dire 3000 de plus, 3000 de moins, 20 % de moins ou on touche à l’immigration économique […], on a vraiment l’impression qu’on est dans un débat qui est purement idéologique, qui est vraiment trop théorique. On n'embarque pas là-dedans, c’est une perte de temps. »

Valérie Plante abonde dans le même sens. « Le débat sur l'immigration m'irrite énormément », a avoué la mairesse de Montréal.

« Au final, nous [les villes] ce qu'on se rend compte, c'est qu'on a un manque flagrant de main-d’œuvre, a-t-elle précisé. Je ne veux pas entendre parler de seuils, je veux entendre parler des solutions mises en place par un futur gouvernement pour s'assurer d'avoir assez de main-d’œuvre dans tous les secteurs d'emploi au Québec. »

Avec la collaboration de Julie Marceau

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