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La douleur, un film « assez extraordinaire »

Mélanie Thierry tient une cigarette de sa main droite et sourit à quelqu'un dans une scène du film «La douleur».
Mélanie Thierry dans le film La douleur Photo: Funfilm Distribution
Radio-Canada

CRITIQUE – Adaptation du roman semi-biographique de Marguerite Duras, La douleur évoque le combat de l'écrivaine pour retrouver son mari, semble-t-il envoyé dans un camp de concentration nazi. Porté par la performance de l'actrice Mélanie Thierry et par la réalisation d'Emmanuel Finkiel, le film français sorti vendredi au Québec a ébloui nos critiques.

Emmanuel Finkiel a réussi un exploit : adapter avec justesse et talent les mots puissants et le ton unique de Marguerite Duras. L’ancien assistant de Godard et de Tavernier montre « une maîtrise, un talent et une expérience que d’autres n’ont peut-être pas », a expliqué Helen Faradji, vendredi, à l’émission Médium large.

« Il a été si peu intimidé par Duras qu’il la regarde vraiment en face », renchérit Georges Privet. Le critique se réjouit de ce film « assez extraordinaire » (malgré une petite faiblesse narrative dans les 30 dernières minutes), très travaillé, aux plans « magnifiquement ciselés », qui fait parfois penser à une « nature morte cinématographique ».

La douleur (titre du livre de l’auteure française sorti en 1985) raconte l’attente de l’auteure, sans nouvelles de son mari, l’écrivain Robert Antelme, en 1944, durant la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, il aborde également les doutes de cette femme qui est la maîtresse du meilleur ami de son époux (Benjamin Biolay) et qui noue des liens ambigus avec un membre de la Gestapo (Benoît Magimel), censé l’aider dans ses recherches.

Pour Georges Privet, le personnage fait face à une double question concernant son mari, l’une tout aussi dramatique que l’autre : « Va-t-il revenir et est-ce que je veux vraiment qu’il revienne? »

Cette attente d’une femme torturée par des désirs contradictoires est magnifiée par l’interprétation de Mélanie Thierry. « C’en est presque à un point où on oublie Duras », indique Helen Faradji.

Son collègue partage son avis.

Restituer Duras sans tomber dans la copie, ou la caricature ou l’hagiographie, c’est très difficile. [...] Elle est absolument extraordinaire.

Georges Privet à propos de Mélanie Thierry

Helen Faradji salue aussi la manière dont l’actrice fait honneur à l’écriture de Duras en racontant parfaitement les pensées de l’écrivaine, hors champ, lors de certaines scènes.

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