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Réduction du nombre d’élus municipaux : Plante dénonce l'ingérence de Legault

Montage présentant la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le chef de la CAQ, François Legault, tous deux en point de presse.
Valérie Plante n'est pas d'accord avec l'évaluation que fait François Legault du nombre d'élus municipaux à Montréal. Photo: Radio-Canada / Cimon Leblanc
Radio-Canada

Alors que François Legault a réitéré vendredi son intention de diminuer le nombre d'élus à Montréal en cas de victoire électorale, la mairesse de la métropole, Valérie Plante, a vivement déploré l'attitude et les propos du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Un texte de Romain Schué

Proposer de réduire le nombre d’élus à Montréal, c’est « effectivement » de l’ingérence, a dénoncé la mairesse Valérie Plante, quelques minutes après avoir entendu François Legault évoquer, une nouvelle fois, cette intention.

Devant plusieurs centaines de maires et d'élus réunis dans la capitale par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), pour entendre les propositions des principaux candidats au poste de premier ministre, le chef de la CAQ a annoncé pouvoir « travailler avec Valérie » pour « améliorer les choses ».

« Il y a beaucoup de conseillers municipaux à Montréal, a-t-il déclaré. Il faut que ce soit plus efficace. On va le faire, avec eux autres ».

François Legault a cependant précisé qu'il n'imposera « jamais » une telle mesure.

Est-ce qu’on peut réduire le nombre tout en s’entendant avec les gens de la Ville de Montréal ? Je pose la question. Est-ce que, pour être plus efficace, on pourrait en avoir un petit peu moins à Montréal?

François Legault, chef de la CAQ

Ces propos sont « préoccupants pour toutes les villes du Québec », a jugé Valérie Plante, qui est également présidente du caucus des grandes villes de la province.

« Je suis déçue d’entendre un candidat affirmer haut et fort qu’il croit dans l’autonomie des villes et du même souffle, imposer un sujet à l’agenda », a-t-elle répliqué.

« Quand on dit qu’on traite [les villes] d’égal à égal, ça veut dire qu’on discute avec les villes au préalable. Chose qui n’a pas été faite dans ce cas-ci », a-t-elle expliqué, en précisant que François Legault n’a « jamais » parlé de « gouvernance » lors de leur rencontre début septembre.

Les priorités des Montréalais et des Québécois, ce n’est pas la gouvernance. C’est d’avoir de la mobilité, de pouvoir avoir des écoles, de pouvoir s’assurer qu’on ait assez de travailleurs pour les différentes entreprises. Sinon, ça veut dire parler des deux côtés de la bouche.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Depuis 2005 et les derniers épisodes de fusion et défusion, la Ville de Montréal compte 103 élus : une mairesse, 64 conseillers de ville, dont 18 maires d'arrondissement, et 38 conseillers d’arrondissement.

Avec un taux d’un élu pour 16 500 habitants, Montréal présente le ratio le plus élevé au Canada par rapport aux grandes villes du pays.

En Ontario, le nouveau premier ministre Doug Ford a décidé de revoir le nombre de sièges au conseil municipal de Toronto. Un projet de loi a été déposé en ce sens, avant d'être bloqué par la Cour supérieure de l'Ontario, ce qui a plongé la Ville Reine au coeur d'une crise politique.

Une contradiction, remarque Couillard

Le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, estime que son adversaire caquiste est « en contradiction totale avec le principe d’autonomie municipale ». En point de presse en marge du sommet de l’UMQ, il a rappelé la loi issue du projet de loi 122, adoptée au cours du dernier mandat, qui reconnaît que les municipalités sont des gouvernements de proximité.

« Ou bien on est sérieux quand on parle d'autonomie municipale, ou bien on ne l'est pas. Moi, je le suis, a déclaré M. Couillard. Si quelqu'un m'en parlait, je lui dirais : "ce n'est pas de mes affaires, c'est le gouvernement municipal de Montréal qui doit prendre cette décision-là". »

Mais est-il normal qu’il y ait un nombre presque équivalent de conseillers municipaux et de députés provinciaux?, a demandé un journaliste. « Ce n'est pas une question de normal ou d'anormal. C'est aux gens sur place de prendre des décisions », a répondu le chef libéral.

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