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Élections provinciales dans Tracadie-Sheila : le vétéran et le nouveau venu

Le libéral Keith Chiasson et le progressiste-conservateur Claude Landry se livrent une bataille d'image et de contenu.
Le libéral Keith Chiasson et le progressiste-conservateur Claude Landry se livrent une bataille d'image et de contenu. Photo: René Landry
Radio-Canada

Dans la circonscription de Tracadie-Sheila, les libéraux présentent un nouveau visage, tandis que les progressistes-conservateurs misent sur un vétéran qui tente un retour.

Un texte de René Landry

Le libéral Keith Chiasson, ancien bras droit de l'ex-député et ministre Serge Rousselle, réside à Tracadie depuis une quinzaine d'années, mais il a grandi en Ontario.

Mon père est un Chiasson de Caraquet et ma mère est une Paulin de Sainte-Marie-Saint-Raphaël. Mon père est allé travailler à Sudbury, en Ontario, à la fin des années 60.

Dans ces années-là, tout le monde allait travailler en Ontario, dans l'industrie automobile ou dans les mines. Donc, il y a beaucoup d'Acadiens qui se retrouvaient à Sudbury.

Je dis toujours que c'est comme le Fort McMurray des années 60, sauf que le billet d'avion n'était pas payé toutes les trois semaines.

J'ai grandi à Sudbury, mais on passait nos étés ici.

Keith Chiasson, candidat libéral dans Tracadie-Sheila
Le libéral Keith Chiasson dit qu'il n'est pas incompatible du tout d'être un politicien et un « bon gars ».Le libéral Keith Chiasson dit qu'il n'est pas du tout incompatible d'être un politicien et un «bon gars». Photo : René Landry

Keith Chiasson a fait ses études à l'Université de Moncton, en science politique. Bon joueur de hockey, il a porté les couleurs des Aigles bleus, comme défenseur, de 1995 à 1998, avant de s'installer à Tracadie.

S'il venait à l'emporter, est-ce qu'il pense que ses racines à Caraquet pourraient améliorer les rapports parfois tendus entre les deux circonscriptions voisines?

Je pense que ce n'est pas juste le fait que j'habite à Tracadie et que mon père vient de Caraquet. C'est plus la mentalité de notre génération; on est beaucoup plus péninsulaires. La mentalité change.

Ça fait plus de 15 ans que je suis à Tracadie et même au cours de ces années, j'ai vu que les choses ont beaucoup changé.

Le progressiste-conservateur Claude Landry multiplie les visites à domicile en abordant la question des soins de santé.Le progressiste-conservateur Claude Landry multiplie les visites à domicile en abordant la question des soins de santé. Photo : René Landry

De député à vendeur de voitures

Le progressiste-conservateur, Claude Landry, a été député de Tracadie-Sheila pendant deux mandats. Il a perdu aux mains du libéral Serge Rousselle, en 2014. Qu'a-t-il fait entre-temps?

Il dit qu'il a pris un moment de réflexion, avant de faire une brève carrière de 13 mois comme vendeur dans un concessionnaire d'automobiles.

Cela a été toute une expérience, admet-il. Il n'a jamais été le meilleur vendeur du mois. Mais, en 13 mois, j'ai quand même vendu 54 véhicules, se défend-il. Ce n'était quand même pas si mal pour un débutant.

Il concède qu'il est beaucoup plus à l'aise pour vendre le programme de son parti politique que des voitures.

Puis, il a fait un peu de suppléance dans les écoles. Je comprends beaucoup mieux nos enseignants et tout le travail qu'ils ont à faire, laisse-t-il tomber.

« Retour en force »

Claude Landry assure qu'il n'a pas perdu le feu sacré. Je fais un retour en force pour la circonscription de Tracadie, assure-t-il. Je suis très content de vouloir à nouveau représenter les gens de ma circonscription. J'ai encore cette passion-là. Je suis là pour aider les gens.

Quand je fais des visites à domicile et on me dit ''Claude, je me rappelle que tu as travaillé fort pour me trouver un appartement du ministère du Développement social." Ça me fait chaud au coeur.

La langue

Les observateurs francophones de la scène politique utilisent parfois une expression calquée de la langue anglaise pour parler de la question linguistique en campagne électorale : c'est l'éléphant dans la pièce.

Le libéral Keith Chiasson se dit très au fait de la situation et préoccupé par la protection de la langue française.

Il ne faut pas oublier qu'on est minoritaires. J'ai grandi dans un milieu bilingue, à Sudbury, où les francophones étaient minoritaires. La langue anglaise n'a jamais eu de misère à prendre sa place.

Le progressiste-conservateur, Claude Landry, n'hésite pas, de son côté, à défendre son chef unilingue.

Je me représente parce que je veux faire partie de l'équipe de Blaine Higgs. Moi je crois en Blaine Higgs parce que j'ai eu l'occasion de siéger avec lui dans mon dernier mandat, dans le gouvernement de David Alward.

Blaine était notre ministre des finances; il est intègre.

Claude Landry, candidat progressiste-conservateur dans Tracadie-Sheila

Oui il a eu ce parcours-là il y a trente ans [partisan du parti anti-bilinguisme CoR]. Aujourd'hui il fait des efforts pour parler français et je le félicite. J'étais moi-même à Quispamsis pour la mise en candidature de notre chef et la plus jeune de ses filles, qui attend un bébé, est allée l'appuyer en français.

Un respect mutuel

Au sujet de son principal adversaire, Claude Landry reconnaît que Keith Chiasson est un chic type.

Le libéral éclate de rire quand on lui souffle que certains craignent qu'il soit trop un bon gars pour devenir député. Le principal intéressé rejette cette hypothèse du revers de la main.

On ne peut jamais être un trop bon gars pour être en politique, explique-t-il. Ce qui est important, c'est de défendre nos convictions et nos valeurs. C'est comme si on s'attend de toujours avoir le même profil du politicien, celui qui cogne son poing sur le bureau et qui cri fort.

Pour être efficace en politique, ce n'est pas comme ça qu'on doit faire.

Keith Chiasson, candidat libéral dans Tracadie-Sheila

Les deux se disent passionnés par la même chose en politique : pouvoir venir en aide aux gens.

Le candidat néo-démocrate est Francis Duguay, un technicien en génie civil au ministère des Transports et de l'Infrastructure, Nancy Benoît, une infirmière auxiliaire, porte la bannière du parti vert et Stéphane Richardson, qui a déjà été candidat néo-démocrate par le passé, se présente pour une deuxième fois comme indépendant.

Nouveau-Brunswick

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