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Une étude montre que les oisillons dorment longtemps, comme des ados

Un petit oiseau, de l'espèce des plectrophanes à ventre noir, se pose sur une fleur dans la prairie.
Le plectrophane à ventre noir est une des espèces d'oiseaux chanteurs des prairies étudiées dans le cadre de l'étude à laquelle a participé la professeure Nicola Koper, de l'Université du Manitoba. Photo: U.S. Fish and Wildlife Service
Radio-Canada

Ils dorment toute la journée en attendant que leurs parents les nourrissent et mettent du temps à quitter le nid familial. Non, il ne s'agit pas d'adolescents, mais d'espèces d'oiseaux chanteurs des prairies, dont le comportement vient d'être étudié par des chercheurs.

Professeure à l’Institut des ressources naturelles de l’Université du Manitoba, Nicola Koper a participé à une recherche dont les résultats sont publiés ce mois-ci par la revue The Auk: Ornithological Advances, de l’American Ornithological Society.

Les chercheurs ont découvert que les oisillons dorment de longues heures, tardent souvent à quitter le nid familial et ont tendance à y revenir plusieurs fois. Un comportement qui leur a rappelé celui des adolescents.

« J’ai une fille de 16 ans qui aime dormir, et comme elle, les oisillons aiment dormir, raconte la professeure. Ma fille aime quand je lui fais à manger, et les oisillons aiment que leurs parents les nourrissent. Quand je les étudiais, j'avais la même impression que quand je vois ma fille dormir toute la journée. »

Des oiseaux en déclin

Le but de l’étude était de mieux comprendre le comportement d’oiseaux qui « sont très peu étudiés, alors que les populations d’oiseaux des Prairies déclinent plus rapidement que ceux de n’importe quel autre habitat au Canada », explique Nicola Koper.

La seule façon de remédier à cette situation, ajoute-t-elle, est de mieux comprendre leur biologie.

Des caméras de surveillance ont été installées près de nids des oiseaux, dans 200 emplacement de prairies réparties en Alberta, dans le Dakota du Nord, au Minnesota et au Wisconsin, afin de capter le moment ou les oisillons quittent le nid pour la première fois.

« Ces oiseaux font leurs nids sur le sol, juste sous nos pieds, ajoute la chercheure. Nous voyons rarement leurs nids et nous ne savons pas grand-chose sur eux. L’activité humaine a changé leur habitat, leur comportement et leurs prédateurs. Nous devons en apprendre davantage pour comprendre comment nous avons un impact sur ces espèces d’oiseaux, et comment nous pouvons leur venir en aide. »

Des images nuit et jour

Les caméras ont capté des images sans arrêt, de nuit comme de jour, pour permettre aux chercheurs d’avoir une idée plus claire des événements à un moment critique de la vie des oisillons, celui où ils décident de quitter le nid pour la première fois.

Plutôt que de s'envoler tôt le matin pour éviter les prédateurs, certains oisillons vont rester longtemps après que les autres sont partis, profitant ainsi d’une diminution de la concurrence à laquelle ils font face pour être nourris par leurs parents. Les oisillons retournent aussi au nid plusieurs fois avant de le quitter pour de bon.

Les scientifiques ont ainsi découvert que le processus de décision des oisillons pour partir est plus complexe que prévu.

« La plupart des oisillons ne s’en sortent pas. Ils sont la proie des coyotes, des faucons, des spermophiles et des serpents, mentionne Nicola Koper. Le nid peut être un endroit dangereux. On pourrait donc croire qu’ils le quitteraient le plus tôt possible. Mais non. À 10 jours, ils sont essentiellement comme des adolescents : ils dorment tard, jusqu’à six heures après le lever du soleil. »

La chercheure constate que les oisillons tentent de maximiser le temps qu’ils peuvent passer dans le nid pour être alimentés par leur mère, plutôt que de chercher à le quitter.

« Il semble aussi qu’ils essaient d’explorer les environs du nid, qui peuvent paraître effrayants et, donc, ils reviennent dans cet endroit chaleureux et confortable, où ils sont tout près de leurs frères et soeurs, jusqu’à ce qu’ils sentent à nouveau le besoin de partir », dit-elle.

Les chercheurs ont étudié différentes espèces d’oiseaux, dont certaines sont menacées par endroits, tels que le Plectrophane à ventre noir, le bruant des prés et le goglu des prés.

Faune et flore

Science