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Des restaurateurs misent sur l'immigration pour pallier le manque de main-d'oeuvre

L'entrepreneuse Luanne Truong présente une salade typique du Vietnam, avec deux de ses employées.

Luanne Truong (à gauche), est propriétaire du restaurant Milu, à Regina, dans lequel travaillent des cuisiniers arrivés en Saskatchewan grâce à un programme provincial d'immigration, comme Ha Nguyen (à droite).

Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

Radio-Canada

Alors que des restaurants un peu partout au pays font face à un manque criant de main-d'oeuvre, certains se tournent vers l'immigration pour combler leurs besoins. C'est le cas de certains restaurateurs de Regina.

Un texte de Miriane Demers-Lemay

Luanne Truong place soigneusement des légumes frais et des vermicelles dans des rouleaux de printemps, l'un des mets typiques offerts dans ses trois restaurants asiatiques dans la ville de Regina.

Mais, malgré son succès dans le monde de la restauration, la Vietnamienne continue de trouver certains obstacles sur son chemin.

Le plus grand défi, c'est l'embauche de personnel.

Luanne Truong, propriétaire de restaurants de Regina
Luanne Truong ajoute de la laitue dans des rouleaux de printemps

L'entrepreneuse Luanne Truong prépare des rouleaux de printemps dans l'un de ses restaurants de Regina.

Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

« Si vous voulez engager des cuisiniers, vous devez trouver quelqu’un qui a de l’expérience avec les ingrédients et les épices du type de cuisine que vous offrez, que ce soit vietnamienne, italienne ou grecque », explique-t-elle.

L’entrepreneuse ajoute qu’il est d’autant plus difficile de trouver des cuisiniers en raison des horaires particuliers des restaurants.

Des restaurants en manque de main-d’œuvre

Luanne Truong n'est toutefois pas la seule à connaître ce problème.

« La pénurie de main-d'oeuvre est l'un des éléments les plus préoccupants en ce qui concerne l'industrie », révèle le vice-président aux affaires fédérales et Québec de Restaurants Canada, David Lefebvre.

Ce dernier explique que le manque de cuisiniers se fait particulièrement sentir dans les provinces où le taux de chômage est plus faible, tout comme dans les endroits touristiques, comme Banff et Whistler, dans l’Ouest canadien, ou encore la ville de Québec.

« Il y a aussi une différence entre les villes et les secteurs ruraux, ajoute M. Lefebvre. C’est de plus en plus difficile dans les secteurs plus éloignés de trouver de la main-d’œuvre qualifiée qui veut aller travailler en cuisines et dans la restauration. »

Le restaurant de cuisine vietnamienne Milu, à Regina

Luanne Truong est propriétaire de trois restaurants à Regina, dont le restaurant Milu.

Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

« Il y a toutes sortes de solutions qui sont envisagées, comme davantage de formations et, évidemment, le recours à l’immigration de manière à avoir davantage de travailleurs qui vont souhaiter travailler dans l’industrie », propose-t-il.

L'immigration comme piste de solution

Pour compenser le manque de cuisiniers spécialisés à Regina, Luanne Truong fait appel à des travailleurs étrangers.

Parmi sa vingtaine d'employés, deux proviennent directement du Vietnam et de la Chine. Deux autres devraient arriver de ces pays au cours des prochaines semaines. Tous ces travailleurs sont engagés par l’intermédiaire du Programme Candidats immigrants pour la Saskatchewan (SINP).

Avec ce programme [d’immigration], nous pouvons recruter à l’étranger, ce qui nous aide à préparer notre cuisine typique.

Luanne Truong, propriétaire de restaurants de Regina
Luanne Truong et la cuisinière Ha Nguyen découpent des légumes.

Luanne Truong (à droite) tire à profit des idées de ses employés pour innover dans ses offres culinaires.

Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

Selon Luanne Truong, ces cuisiniers arrivent déjà avec un bagage de connaissances relatives à la cuisine typique asiatique. Ils sont efficaces et flexibles pour leurs horaires. Enfin, ils apportent aussi de nouvelles idées, ce qui aide l’entrepreneure à innover constamment au sein de sa cuisine.

De fait, c'est l'une des cuisinières vietnamiennes, Ha Nguyen, qui a notamment proposé de colorer les pâtes de riz servies au restaurant en bleu grâce à des teintures naturelles à base de thé.

Arrivée en Saskatchewan il y a un an, Ha Nguyen souhaite maintenant immigrer de façon permanente au Canada avec son époux et ses enfants.

« Je veux mélanger la culture canadienne à la cuisine vietnamienne pour poursuivre ma carrière », dit celle qui se considère comme privilégiée de travailler au Canada.

Ha Nguyen (à l'avant-plan), prépare une salade vietnamienne avec une collègue, au restaurant Milu, à Regina.

Ha Nguyen (à l'avant-plan) est arrivée à Regina grâce au Programme Candidats immigrants pour la Saskatchewan (SINP).

Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

De son côté, Luanne Truong espère que les travailleurs venus avec ce programme continueront de travailler dans ses restaurants, après le contrat de deux ans qu’ils doivent respecter dans le cadre du programme d’immigration.

Les projets ne manquent pas pour l’entrepreneure, qui adore inventer de nouvelles recettes en s’inspirant d’autres cultures ou encore mélanger tradition et modernité dans ses chaudrons. Elle envisage d'ouvrir un quatrième restaurant dans la capitale saskatchewanaise.

Une chose est certaine : dans ses restaurants, le travail n’est pas près de manquer.

Saskatchewan

Entrepreneuriat