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Crise financière de 2008 : des millions d'Américains toujours surendettés

La déconfiture du marché américain des prêts hypothécaires à risque a ébranlé l'économie mondiale.

Photo : Reuters / Rebecca Cook

Radio-Canada

Il y a dix ans, la banque américaine Lehman Brothers déclarait faillite, ce qui déclenchait la pire crise financière depuis les années 1930. Les effets se font encore sentir aux États-Unis, où des millions des personnes restent surendettées.

Encore aujourd’hui, un Américain sur dix ayant contracté un emprunt immobilier peine à sortir la tête de l'eau. Des propriétaires sont « submergés », car la dette contractée auprès de leur emprunteur est supérieure à la valeur de leur maison, selon des calculs effectués par l'agence Reuters d'après des données de ATTOM Data Solutions, un des principaux cabinets d’analyse du marché immobilier aux États-Unis.

Des régions durement touchées en 2008, comme celles de Las Vegas, de Pittsburgh ou de Cleveland, ont retrouvé leur santé financière.

Mais d’autres se sont moins bien remises de cette crise. C’est le cas des banlieues et villes-dortoirs de la moitié Est des États-Unis, principalement dans le Middle West, le Sud-Est et la région Mid-Atlantic (New York, New Jersey et Pennsylvanie), où la croissance des revenus et des emplois a été plus faible que la moyenne nationale.

Les propriétaires sont confrontés à des choix difficiles. En vendant au prix du marché, ils perdront de l'argent et devront en outre en trouver pour rembourser le solde de leur dette. En faisant défaut sur leur dette, ils seront privés de crédit pour des années.

À East Stroudsburg, en Pennsylvanie, des maisons cotées 300 000 $ il y a dix ans sont proposées à 72 000 $. Et même à ce prix-là, peu d'acheteurs se présentent, car le crédit facile a disparu.

Le détonateur de la crise

La crise de 2008 a été déclenchée par la crise des prêts hypothécaires à risque élevé. Des banques accordaient des prêts immobiliers à des acheteurs insolvables, et au même moment elles se lançaient dans la titrisation de ces prêts. Cette technique consistait à les transformer en titres financiers qu'elles vendaient sur des marchés qui n'étaient ni centralisés ni régulés.

La multiplication des faillites par les personnes ayant contracté ces prêts a entraîné la chute des prix de l'immobilier, ce qui a plombé la valeur de ces titres financiers. Les banques étaient alors incapables de se débarrasser de titres qui avaient perdu presque toute valeur.

La banque américain Lehman Brothers, confrontée à un manque de liquidités, a dû vendre des milliards d'actifs, voyant ainsi sa capitalisation boursière chuter des trois quarts.

Finalement, le 15 septembre 2008, faute de repreneurs et d'aide du gouvernement américain, elle déclarait faillite, entraînant avec elle la bourse américaine, suivie quelques semaines plus tard de toutes les autres bourses mondiales.

Lehman Brothers était la quatrième plus grande banque des États-Unis.

L'OCDE fait son mea culpa

Le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), Angel Gurria, a reconnu vendredi n'avoir pas vu venir la crise provoquée par la faillite de la banque Lehman Brothers il y a dix ans. Il a appelé le monde économique à écouter les victimes de cette débâcle financière.

Lors d'une réunion à Paris consacrée aux leçons de la crise, M. Gurria a affirmé qu'en juin 2007, au terme de sa première année en fonction, « les prévisions économiques de l'OCDE assuraient que la situation économique n'avait pas été aussi bonne depuis des années ».

Lire ces lignes « c'est comme me poignarder moi-même », a reconnu le patron de l'OCDE. L'institution, à l'époque, se montrait également « optimiste à l'égard du marché des crédits immobiliers américains », qui était pourtant sur le point de s'écrouler.

Tirant les leçons de cette crise, M. Gurria a admis que « la pensée dominante économique et les modèles sur lesquels elle était basée ne reflétaient ni la réalité économique ni la vie des gens ».

« C'est pour cette raison que nous n'avons rien vu venir. Nous nous étions trompés et nous devons l'avouer », a affirmé le secrétaire général, l'un des rares responsables économique à l'époque de la faillite de Lehman Brothers à faire un tel mea culpa.

Lors de son intervention à l'occasion de la rencontre à Paris, qui a lieu au siège de l'OCDE sous le titre « Qu'avons-nous appris dix ans après la chute de Lehman Brothers? », M. Gurria a appelé à écouter les laissés-pour-compte de la crise, un message qu'il répète depuis plusieurs années.

« Nous pouvons commencer par ne pas ignorer les sentiments des gens qui ont été laissés sur le côté, par écouter ce que les gens ont à nous dire », a-t-il assuré.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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