•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La publication d'un essai par Jian Ghomeshi suscite de vives réactions

L'ex-animateur de la CBC, Jian Ghomeshi, quitte le tribunal en mai 2016 à Toronto.
L'ex-animateur de CBC, Jian Ghomeshi, quitte le tribunal en mai 2016 à Toronto. Photo: La Presse canadienne / Chris Young
Radio-Canada

L'ex-animateur de CBC, Jian Ghomeshi, a écrit un essai dans la prestigieuse publication littéraire américaine The New York Review of Books dans lequel il revient sur les allégations d'agression sexuelle dont il avait fait l'objet en 2016. Ce faisant, il a déclenché l'ire de nombreux détracteurs, qui se demandent pourquoi M. Gomeshi a eu droit à une tribune si importante.

Dans l’article intitulé Reflections from a hashtag et publié sur le site Internet de la publication vendredi, Jian Ghomeshi fait référence à son très médiatisé procès pour agressions sexuelles.

L’ex-animateur de la populaire émission radio Q a été acquitté en mars 2016 de quatre accusations d’agression sexuelle et d’une accusation d’avoir vaincu la résistance d'une personne par l'étouffement, des allégations de trois plaignantes qui remontaient à 2002 et 2003 et pour lesquelles il avait plaidé non coupable.

En mai 2016, il a présenté ses excuses à une quatrième plaignante et a signé un engagement de ne pas troubler l'ordre public, ce qui a entraîné le retrait d'un autre chef d'agression sexuelle.

CBC avait mis fin à sa relation avec son animateur vedette en octobre 2014.

Dans son texte, l’ancien animateur révèle, entre autres, qu’il a eu des pensées suicidaires à la suite des allégations le concernant.

Je suis devenu un mot-clic. L’une de mes amies blague que je devrais recevoir plus de reconnaissance en tant que pionnier du mouvement #MoiAussi, écrit-il d'ailleurs.

Il y a beaucoup d’hommes qui sont plus détestés que moi maintenant, mais j’ai été celui que l’on a détesté en premier.

Jian Ghomeshi

Il s’agit de la première fois que Jian Ghomeshi écrit publiquement à propos de son procès.

Dans cet essai, M. Ghomeshi continue également de clamer son innocence et maintient que les allégations à son égard sont inexactes. Il note cependant qu’il aurait dû être plus à l’écoute et plus respectueux des femmes dans sa vie.

J'ai utilisé mon influence et mon statut pour attirer les femmes et les guider quand elles étaient intéressées, écrit-il.

L’ancien animateur déplore les histoires qui circulent à son égard sur les médias sociaux et qualifie cet épisode de sa vie comme un formidable enseignement.

Un représentant du New York Review of Books n'a pas commenté la décision de publier l'article.

Un coup de marketing?

Farrah Khan, la directrice du bureau Consent Comes First de l'Université Ryerson à Toronto, se demande pour sa part pourquoi le magazine a donné une telle plateforme à une personnalité aussi controversée lorsque de nombreuses personnes affectées par la violence sexuelle n'ont jamais cette chance.

Des publications donnent souvent ce genre de place à des personnes comme Ghomeshi pour augmenter leurs ventes, pour susciter une conversation sur le sujet, affirme-t-elle, se demandant également si le magazine a fait une vérification des faits avant de publier l'essai.

Ghomeshi paraît arrogant lorsqu'il suggère qu'il fait partie d'une lutte qui dure depuis des décennies pour les droits des survivants de violence sexuelle, ajoute-t-elle.

En lisant l'article, l'une des choses qui est vraiment ressortie pour moi est le fait qu'il dise qu'il a été l'un des pionniers du mouvement #MoiAussi ou qu'il fasse une boutade à ce sujet.

Farrah Khan, directrice Consent Comes First de l'Université Ryerson à Toronto

Il n'a pas commencé le mouvement sur la violence sexuelle, nous l'avons fait, affirme-t-elle.

Le rédacteur en chef se défend

Dans une entrevue accordée au magazine en ligne Slate, le grand patron du magazine littéraire new-yorkais, Ian Buruma, a toutefois défendu sa décision d'aller de l'avant avec la publication du texte de M. Ghomeshi, affirmant trouver l'affaire « intéressante ».

« Je ne doute absolument pas que le mouvement #MoiAussi représente une correction nécessaire du comportement masculin qui empêche de véritablement travailler d'égal à égal avec les femmes. En ce sens, je crois que c'est certainement une bonne chose », a-t-il déclaré.

« Mais comme tout ce qui est bien intentionné, il peut y avoir des conséquences indésirables. Je crois que dans un climat de dénonciation, des choses peuvent se produire et des gens peuvent exprimer des points de vue dérangeants. Je ne dirais pas que j'ai un point de vue tranché sur la question », a ajouté M. Buruma.

« La raison pour laquelle j'étais intéressé à publier [le texte] est précisément pour aider les gens à réfléchir sur cette question », a poursuivi le rédacteur en chef du New York Review of Books, qui a ensuite évoqué des gens reconnus non coupables par les tribunaux, mais qui sont malgré tout « stigmatisés ».

« Comment gérez-vous de telles affaires? [La punition] devrait-elle durer éternellement? »

Avec les informations de La Presse canadienne, CBC News, et Slate

Célébrités

Société