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Legault avance quelques questions de son test de connaissance des valeurs

Le chef de la Coalition avenir Québec.
François Legault Photo: Radio-Canada / Cimon Leblanc
Radio-Canada

Égalité homme-femme, laïcité, homosexualité : le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a précisé pour une première fois vendredi le type de questions que pourrait contenir le test de connaissance des valeurs qu'il entend soumettre aux nouveaux arrivants s'il prend le pouvoir le 1er octobre. Il s'est attiré, ce faisant, les railleries de ses adversaires.

Un texte de François Messier

Pressé de questions par les journalistes sur ce test à son arrivée au congrès de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), il est allé un peu plus loin que sa réponse habituelle, qui consiste à dire que les questions s’inspireraient de ce qui se trouve dans la Charte québécoise des droits et libertés.

Selon lui, les questions suivantes pourront être posées aux immigrants :

  • « Est-ce que vous pensez que les femmes sont égales aux hommes? »
  • « Est-ce que vous reconnaissez que l’État est laïque? Que les lois passent avant la religion? »
  • « Est-ce que vous reconnaissez qu’on a une société démocratique? »
  • « Est-ce que vous reconnaissez que les homosexuels ont les mêmes droits que les autres dans notre société? »

M. Legault a convenu qu’il ne s’attendait pas à ce que des immigrants répondent « non » à de telles questions. « Moi, je pense que la grande majorité des immigrants vont bien répondre à ce test de connaissances », a-t-il affirmé.

C’est un test de connaissances. Moi, je trouve ça excellent de s’assurer que les enfants connaissent nos valeurs. Nos ancêtres nous ont laissé de belles valeurs, que le premier ministre du Québec a le devoir de protéger.

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

« Ils n’auront pas de difficulté à réussir le test de valeurs », a prédit le chef caquiste. « Après avoir lu quelques fois la Charte des droits et libertés du Québec, ils devraient y arriver. »

Il est par ailleurs « très improbable » qu'un nouvel arrivant échoue au test de français qui lui serait aussi soumis après trois années passées au Québec, selon M. Legault. « Après trois ans de cours gratuits en français, [...] il faudrait vraiment faire exprès » pour échouer, a-t-il ajouté.

« Toutes les personnes de bonne foi vont réussir »

Le chef de la CAQ a par la suite refusé de préciser ce qu'il adviendrait d'un père de famille qui ne réussirait pas un test de français, contrairement à ses enfants, plus facilement francisés dans leur milieu scolaire. « On va être humain, on ne divisera pas des familles, soyons sérieux! », s'est-il contenté de répondre.

« Si c’est un cas d’une personne qui a des difficultés d’apprentissage, ou qui est trop âgée, on va être compréhensif », avait-il aussi dit quelques minutes plus tôt. « Donc, toutes les personnes de bonne foi vont réussir le test de français et le test de valeurs. »

Mais si jamais ça arrivait que quelqu’un n’est pas de bonne foi, on va aviser le gouvernement fédéral, comme on le fait pour un travailleur dont le permis de travail est échu. Et là, ce sera au gouvernement fédéral à décider ce qu’il [fait] avec cette personne, illégalement au Québec.

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

« M. Couillard essaie de faire peur au monde, essaie de laisser entendre qu’on va expulser des citoyens, ce qui est complètement faux. Ce qu’on dit, c’est qu’on ne donnera pas le certificat de sélection si les deux tests ne sont pas réussis », a-t-il conclu à ce sujet.

« Ça n'a aucune valeur », réplique Couillard

À sa sortie du congrès de l'UMQ, le chef libéral Philippe Couillard s'est moqué des déclarations de M. Legault et a maintenu que le chef de la CAQ sème la peur parmi les immigrants récemment reçus.

« Comment est-ce qu’on peut demander ça à des gens? La réponse est évidente, et les gens savent ce qu’il faut qu’ils répondent », a-t-il critiqué.

Ça n’a aucune valeur ces choses-là, on le sait très bien. Ce n’est pas ouvrir la porte de l’expulsion qu'il faut faire, c’est ouvrir la porte d’arrivée. Encadrer, aider les gens, cibler, intégrer, franciser.

Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec

« Si le test est facile, pourquoi en faire un? », a-t-il ajouté par la suite. « On n’a pas besoin de tests. Les gens sont déjà arrivés chez nous. Ils ont suivi tout le processus pour l’arrivée au pays. Ils sont en général en cours d’obtention de la citoyenneté. C’est complètement superflu, ça ne fait que semer la division et la crainte parmi les gens. Ça n’a aucune utilité. »

Le chef libéral ne se dit guère rassuré par le fait que M. Legault estime que toute personne de bonne foi pourra réussir les tests de français et de connaissance des valeurs qu'il propose.

« Souvenez-vous que les enfants de ces personnes qui arrivent chez nous, elles vont être francisées dans les mois qui vont suivre pour des générations par la suite », a-t-il plaidé.

« Alors [il faut mettre] beaucoup d’efforts sur les parents; mais les soumettre à des tests, je ne vois aucun intérêt à ça. Et surtout faire pendre au-dessus de leur tête la menace d’une expulsion qui de toute façon est impraticable, ça n’aide pas dans le climat. »

« Là, ils entendent à la télévision, jour après jour, que même s’ils sont arrivés tout à fait légalement, ce n'est pas sûr que ça va rester comme ça. [...] Mettez-vous dans la peau de ces gens-là, qui ont pris la décision de quitter leur pays, de faire une immigration régulière. Ça, ça s’appelle la crainte. »

Legault est en « gestion de crise » croit Lisée

Le chef péquiste Jean-François Lisée estime pour sa part que François Legault est en « gestion de crise ».

Finalement, ce qu’il nous dit c’est : "Tout ce que la CAQ vous a dit pendant des mois, oubliez tout ça, ça n’aura aucune importance, on vous a tous dérangés pour rien, tout le monde va passer".

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

« Mais pourquoi? C’est quoi cette histoire-là? Si ça ne fait pas de différence dans la vie des gens, pourquoi créer un suspense pendant trois ans? », a-t-il ajouté.

Selon M. Lisée, les déclarations du chef de la CAQ auront pour effet que « des gens [...] vont refuser de venir au Québec en sachant qu’il y a un test à passer après trois ans et qu’il n’y a pas de certitude qu’ils le passent ».

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