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Des parents poursuivent une école pour la torture présumée subie par leur enfant

L'entrée de l'École Clover Bar.
L’enfant était inscrit en 8e année au programme d'apprentissage pratique et d'éducation communautaire de l'École Clover Bar, un programme spécialisé pour les élèves ayant des « déficiences cognitives modérées », peut-on lire sur le site Web de l'école. Photo: Google
Radio-Canada

Des parents de Sherwood Park, à l'est d'Edmonton, allèguent que leur enfant souffrant d'un trouble du spectre de l'autisme a été dévêtu et enfermé dans une salle de son école secondaire en septembre 2015.

Il aurait été expulsé de sa classe à l’École Clover Bar puis enfermé dans une pièce verrouillée de l’extérieur et aux fenêtres obstruées par du papier.

À sa sortie de l’isolement, le garçon de 12 ans était couvert de ses excréments, dénoncent ses parents, qui ont pris connaissance de la situation par une photo que leur a transmise un enseignant.

Moins d’une heure après la réception de cette photo, le père de l’enfant s’est rendu sur les lieux pour trouver son fils en souffrance.

Le père a instantanément éprouvé une tristesse indescriptible lorsqu’il a découvert son fils nu, isolé, seul, oublié, sans surveillance, gémissant, abattu et sale.

Déclaration de la poursuite

L’enfant, incapable de parler, souffre également de trouble obsessif compulsif et d’importants problèmes gastro-intestinaux.

Les parents de l'enfant se tournent vers la cour pour obtenir réparation. Ils ont déposé le 6 juillet 2017 leur version des faits à la Cour du Banc de la Reine à Edmonton mettant en cause dans la poursuite, entre autres, l’enseignant du garçon, le directeur et le directeur adjoint de l’école, le conseiller en services d’appui aux étudiants et le ministère de l’Éducation.

Des allégations rejetées par la défense

En réponse aux allégations, dans une déclaration déposée en décembre 2017, la défense a fait valoir qu’à la rentrée 2015, le garçon était « plus agité, plus imprévisible et plus enclin à un comportement violent » que l'année scolaire précédente.

Le jour de l’incident présumé, il aurait commis des « agressions physiques contre les membres du personnel » et avait des problèmes de comportement « ingérables ».

La défense nie que le garçon était sans surveillance. Selon eux, seuls les deux tiers des fenêtres étaient recouverts de papier. Leur déclaration soutient que les droits de l’enfant n’ont pas été violés.

Les documents déposés à la cour indiquent que l’école disposait d'un plan personnalisé pour répondre aux besoins particuliers de l’élève, mais ce plan « ne faisait aucune référence à l’utilisation d’une chambre d’isolement comme stratégie d’intervention ». Ni l’enseignant ni aucun des autres accusés dans cette affaire n’avaient le consentement des parents pour ainsi isoler l’enfant.

Aucune des allégations contenues dans les documents cités n'a été prouvée devant un tribunal.

Un procès à venir

Les parents réclament 250 000 $ en dommages-intérêts pour le préjudice psychologique subi par leur fils et 25 000 $ pour son préjudice physique. Ils demandent également que l’école reconnaisse avoir violé les droits du garçon en vertu de la Charte.

« Les allégations n'ont pas encore fait l’objet de l’évaluation des tribunaux », précise par courriel Laura McNabb, la porte-parole des écoles publiques d'Elk Island. « Nous défendrons fermement notre personnel. »

Elle ne fait pas d'autres commentaires, le litige étant porté devant la justice.

Quant au ministère de l’Éducation de l’Alberta, il n’a pas déposé de défense. Il a plutôt opté pour une demande de radiation, ce qui signifie que la province estime qu’elle ne devrait pas être en cause dans cette affaire.

Alberta

Justice et faits divers