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Un nouvel examen bilingue pour la certification des infirmières

Les candidates francophones connaissent un taux d'échec important à l'examen NCLEX.
Les candidates francophones connaissent un taux d'échec important à l'examen NCLEX. Photo: Shutterstock / ohn Panella
Radio-Canada

L'Association canadienne des écoles de sciences infirmières (ACESI) annonce avoir développé un nouvel examen bilingue de certification des infirmières.

L’examen sera seulement lancé à la fin de l’année prochaine, puisqu’il doit d’abord être révisé par des spécialistes et qu'une note de passage doit être définie. Il sera toutefois mis à l’essai au début de 2019 partout au pays, en français et en anglais.

Son adoption éventuelle par les associations provinciales responsables de la certification des infirmières sera volontaire.

Au Nouveau-Brunswick, l’examen actuel utilisé par l’Association des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick (AIINB), le NCLEX-RN a été vertement dénoncé à cause du taux d’échec élevé des candidates francophones.

Le taux de réussite à l’examen d’entrée à la profession est passé de 91 % en 2014 à 32 % seulement après son adoption, l’année suivante, chez les francophones de la province, ce qui a amené l’ancienne commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d'Entremont à conclure qu’il viole la Loi sur les langues officielles.

Le NCLEX-RN a été développé aux États-Unis et a été traduit, pour les candidates francophones, au Canada. Or, divers intervenants ont dénoncé la mauvaise qualité de la traduction et le fait que les documents de préparation à l’examen ne soient disponibles qu’en anglais.

L’Association canadienne des écoles de sciences infirmières, une organisation bilingue, dit s’être assurée que le nouvel examen soit réellement bilingue.

Les questions sont écrites et révisées en français et en anglais, et 25 % des questions contenues dans la banque pour l’examen ont été rédigées en français par des francophones, précise-t-elle, par communiqué.

« On le voit d'un bon oeil »

L'Université de Moncton fait partie des institutions qui ont dénoncé l'examen NCLEX. Le recteur par intérim Jacques Paul Couturier critiquait en avril dernier les ordres professionnels des infirmières qui avaient adopté un examen américain ne tenant pas compte du contexte canadien, et plus spécifiquement, du contexte francophone.

C'est un défaut que viendrait corriger le nouvel examen, affirme André Samson, vice-recteur à l'enseignement et à la recherche de l'Université de Moncton.

C’est un outil qui a été développé dès le départ comme étant bilingue, conçu en fonction de la réalité des sciences infirmières au Canada, donc nous on le voit d’un bon oeil en termes d’outil pour remplacer le fameux NCLEX qui a suscité tant de problèmes.

André Samson, vice-recteur à l'enseignement et à la recherche de l'Université de Moncton, en entrevue dans son bureau.Des représentants de l'Université de Moncton ont contribué au développement du nouvel examen, affirme le vice-recteur à l'enseignement et à la recherche de l'Université de Moncton, André Samson. Photo : Radio-Canada

Il ajoute toutefois qu'il ne faut pas se réjouir trop vite : ce sont les ordres professionnels des infirmières qui ont le dernier mot au sujet de l'examen d'entrée dans la profession. Au Nouveau-Brunswick, cet ordre est l'Association des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick. Nous avons tenté sans succès d'obtenir sa réaction.

André Samson affirme toutefois que l'AIINB est pleinement consciente du développement d'un nouvel examen. Je peux pas mettre de paroles dans leur bouche, mais on est tous ouverts ensemble à l’idée que ce pourrait être une alternative intéressante. 

« Un pas dans la bonne direction »

Le juriste Michel Doucet, expert en droits linguistiques, défend des diplômées en sciences infirmières qui ont échoué à l'examen NCLEX. Il se réjouit de l'annonce du développement d'une version canadienne de l'examen d'entrée, mais ajoute que cela ne règle pas entièrement la question.

Ça ne règle pas par contre le problème pour les infirmières qui elles, ont été prises dans le fiasco de NCLEX. Pour ces étudiantes-là, le problème demeure tout entier, dit-il.

L'avocat Michel Doucet en entrevue. Le juriste Michel Doucet réclame que l'examen NCLEX soit suspendu jusqu'à ce que le nouvel examen soit prêt. Photo : Radio-Canada

Il appelle l'AIINB à imposer un moratoire sur l'examen d'entrée jusqu'à ce que le nouvel examen soit fin prêt, l'an prochain.

La moindre des choses, à ce moment-ci au Nouveau-Brunswick, serait de permettre aux étudiantes qui sont prises dans ce problème-là, d’attendre et de donner un moratoire pour leur permettre d’attendre que le nouvel examen soit mis en place et qu’elles puissent passer cet examen-là et entre-temps, leur remettre leur licence temporaire pour qu’elles puissent gagner leur vie dans leur profession.

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