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Bilan du caucus du NPD : la priorité à la crise du logement et au vécu des Canadiens

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, prenant la parole lors de la deuxième journée  du caucus du NPD à Surrey, en Colombie-Britannique.
Les députés du NPD refusent de blâmer le leadership de Jagmeet Singh. Photo: La Presse canadienne / DARRYL DYCK
Radio-Canada

C'est en parlant de la crise du logement et en racontant les histoires des Canadiens que le chef Jagmeet Singh espère faire monter la cote de popularité du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Une analyse de Valérie Gamache

Le message du NPD ne passe pas; voilà le diagnostic du caucus de l'aile parlementaire néo-démocrate à propos de la dernière année. Les députés ont passé trois jours à Surrey, en banlieue de Vancouver, à essayer de trouver un remède à ce mal qui gruge des votes.

Le parti, qui traîne à la troisième place dans les sondages, doit trouver une façon de se rétablir en vue de l’élection générale de 2019.

Avant même le début de la réunion du caucus, le chef Jagmeet Singh a admis en mêlée de presse que les idées de son parti devaient être mieux communiquées, et qu’il avait lui-même beaucoup de travail à faire.

Sa leader parlementaire, Ruth-Ellen Brosseau, ajoute que le NPD a eu de la difficulté à rejoindre la population au cours de la dernière année, notamment lors de l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord, en juin dernier, où le parti n’est même pas parvenu à récolter 10 % des votes.

Le message n’a pas connecté, il faut s’assurer de faire le travail de terrain pour que le message passe.

Ruth-Ellen Brosseau, leader parlementaire du NPD

À la sortie du caucus, Jagmeet Singh a dévoilé une stratégie pour gagner le coeur de l’électorat : « On va cibler les histoires des personnes, vous allez voir, on va tout le temps raconter les histoires des Canadiens qui font face à des défis. On va cibler les gens, c’est exactement ce qu’il faut faire », affirme le chef.

De l'énergie sera également consacrée à la crise du logement. « C’est une crise nationale et il faut agir », martèle Jagmeet Singh.

« Le gouvernement a trouvé 4,5 milliards de dollars pour acheter un oléoduc. Au lieu de ça, il faut investir dans un programme pour avoir des logements abordables », ajoute-t-il.

Pour faire des gains, les néo-démocrates doivent rapidement cibler leur message, croit Ducan Cameron, analyste et professeur à la retraite du département des politiques d’économie globale de l’Université Simon-Fraser. « Sans un chef fort et une cause qui rallie, ils vont rester chez eux », dit-il.

Les députés refusent d'imputer le marasme au leadership de Jagmeet Singh. Interrogée sur la part de responsabilité du chef, la députée ontarienne Tracy Ramsey rejette cette option, affirmant plutôt que le problème est celui de tous au sein du caucus.

Ces mêmes députés répètent que, lorsque M. Singh est sur le terrain, le courant passe auprès des électeurs : « Je peux vous dire qu’il est venu en Mauricie trois fois, il y a même un gars qui a débarqué de sa chaloupe tellement il était content de le voir en chair et en os », ajoute Ruth-Ellen Brosseau.

Jagmeet Singh a d'ailleurs visité 14 des 41 circonscriptions néo-démocrates au cours de l’été.

Enfin, les députés misent sur l’entrée de leur chef au Parlement. Jagmeet Singh n’a toujours pas de siège à la Chambre de communes, et pour le lieutenant du NPD au Québec, Alexandre Boulerice, il est temps que le chef participe au débat parlementaire.

Un chef fédéral doit être là en Chambre pour confronter le premier ministre, on est rendu là, et il faut que Jagmeet rentre au parlement.

Alexandre Boulerice, lieutenant québécois du NPD

M. Singh tentera de se faire élire dans la circonscription de Burnaby-Sud, laissée vacante à la suite du départ du député Kennedy Stewart, qui se lance dans la course à la mairie de Vancouver.

L’importance de la Colombie-Britannique

Ce n’est pas un hasard si le caucus néo-démocrate s’est réuni en Colombie-Britannique : le parti compte bien attaquer le gouvernement Trudeau sur sa décision d’acheter le projet de pipeline Trans Mountain dès l’ouverture de la session parlementaire à Ottawa, lundi prochain.

« C’est la seule chose qui peut sauver le NPD en Colombie-Britannique, la division autour du pipeline », affirme Duncan Cameron qui avance que même le château de l’île de Vancouver pourrait être menacé à la prochaine élection.

L’opposition au projet d’expansion de l’oléoduc favorise aussi les bonnes relations du parti avec la branche néo-démocrate britanno-colombienne arrivée au pouvoir il y a 14 mois.

C’est également une idée qui colle à une partie de l’électorat courtisé par M. Singh pour se faire élire. Le terminal de Kinder Morgan, dont le gouvernement fédéral vient de faire l’acquisition, est situé dans la circonscription voisine de celle que le chef néo-démocrate veut conquérir; il y a donc là-bas beaucoup de mécontentement face au parti libéral.

Mais ce n’est pas une circonscription gagnée d’avance, Kennedy Stewart l’avait emporté avec une majorité d’à peine 500 voix, soit 1 % du vote, lors des élections de 2015.

Cette fois, le Parti vert a décidé de laisser le champ libre au NPD et ne présentera pas de candidat contre le leader néo-démocrate.

« Le NPD sera la seule option antipipeline pour les électeurs, alors ça devrait coaliser le vote d’opposition à Trans Mountain et bénéficier à Jagmeet Singh », pense Farouk Karim, un ancien attaché de presse du NPD. « Le Parti vert avait récolté près de 3 % des votes en 2015, ce qui peut faire la différence dans une élection serrée », ajoute-t-il.

L’élection partielle n’est pas encore déclenchée, mais Jagmeet Singh a déjà lancé sa campagne. La cérémonie d’investiture officialisant sa candidature aura lieu ce samedi.

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