•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vente de Rona : la Caisse de dépôt conteste la version de l'ex-PDG

Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, en entrevue à RDI Économie le 21 février 2018.
Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, en entrevue à RDI Économie le 21 février 2018 Photo: Radio-Canada

Par communiqué, jeudi, la Caisse de dépôt et placement du Québec a répliqué à l'ex-PDG de Rona, Robert Dutton, en affirmant que ce que ce dernier raconte dans son autobiographie « ne correspond pas aux événements et aux faits ». Dans ce livre, Dutton narre sa rencontre du 5 novembre 2012 avec Michael Sabia, dirigeant de la Caisse, qui l'aurait alors dénigré et lui aurait annoncé « prendre la responsabilité du dossier Rona ».

Un texte d'Anne Marie Lecomte

Au moment de cette rencontre, en novembre 2012, la Caisse de dépôt et placement était, avec 15 % des actions de l'entreprise, « le plus important actionnaire de Rona », rappelle d'entrée de jeu Robert Dutton dans le prologue de Mise à niveau, paru aux éditions Origo.

Selon M. Dutton, Michael Sabia lui a déclaré ce jour-là : « Vous ne savez pas gérer Rona. Vous ne savez pas créer de la croissance. Vous ne savez pas faire de profits. Vous n'êtes pas capable ».

La Caisse de dépôt et placement affirme que « le récit relaté dans le livre de M. Dutton ne correspond pas aux événements et aux faits tels que vécus par la Caisse et ses représentants au fil des ans, et ceux-ci n’ont pas été corroborés par des tierces parties ».

La Caisse affirme que Robert Dutton « a bien sûr le droit d'exprimer son opinion » et dit reconnaître « l'importante contribution de M. Dutton » à Rona.

La Caisse dit aussi qu'en 2012, le conseil d'administration de Rona avait décidé d'apporter des changements à la direction de l'entreprise, changements que la Caisse et d'autres actionnaires disent avoir appuyés.

Le 9 novembre 2012, soit quatre jours après sa discussion avec Michael Sabia au siège social de la Caisse à Montréal, Robert Dutton quittait ses fonctions de président et chef de la direction de Rona. Il avait passé 20 ans à la tête de la quincaillerie, considérée comme un fleuron québécois.

Dans son communiqué, jeudi, la Caisse cite le déclin qu'avait connu Rona depuis quelques années quant à ses ventes, ses bénéfices avant intérêts, impôts et amortissement, et son bénéfice par action.

Un Rona à Saint-Eustache.Une succursale Rona à Saint-Eustache Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Ce que vous devez savoir de l'affaire Rona

En février 2016, Rona est passée aux mains de l'américaine Lowe's, une transaction que la haute direction de Rona avait alors qualifiée « d'inévitable ». Dans sa biographie, Robert Dutton relate qu'en 2011, c'est le contraire qui avait été envisagé au départ : Rona, dit-il, avait entrepris des démarches pour acquérir la division canadienne de Lowe's.

Mais ce plan a échoué, affirme l'ex-PDG de Rona, parce qu'un haut dirigeant de Lowe's aurait fait miroiter d'« énormes avantages » aux membres de la direction de Rona pour que ceux-ci favorisent la vente du quincaillier québécois à Lowe's.

Par ailleurs, au cours du débat public qui avait suivi la vente de Rona, le fait suivant suscitait des interrogations : Investissement Québec, le bras financier du gouvernement, avait vendu la totalité des actions de Rona qu'il détenait, et ce, en 2014.

Deux ans plus tard, une commission parlementaire avait tenu des audiences spéciales pour tenter de démêler la confusion entourant la vente de ces actions. Une question occupait les débats : qui, au gouvernement Couillard, avait donné l'autorisation à Investissement Québec de vendre les actions de Rona? Le ministre de l'Économie de l'époque, feu Jacques Daoust, avait maintenu qu'il n'avait pas été mis au courant de la transaction. Des affirmations qu'avait contredites la vérificatrice générale du Québec, dans un rapport.

Par la suite, Jacques Daoust avait démissionné de ses fonctions de ministre et de député de Verdun.

Économie