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Des réalisatrices se battent pour féminiser l’industrie du cinéma

Une femme aux cheveux longs regarde l'appareil photo. Elle se tient devant un micro.
Sandi Somers a ressuscité un programme de mentorat pour aider des femmes à devenir cinéaste. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

« L'égalité, nous n'y sommes pas. » Le constat de la cinéaste Sandi Somers est sans appel : son industrie est encore dominée par les hommes. Mais, grâce à son programme de mentorat Herland, elle espère changer les choses.

D’abord festival féministe, créé à Calgary en 1989, Herland est mort en 2007, faute de financement. Sandi Somers l’a ressuscité en 2015 sous la forme d’ateliers de mentorat parce que les besoins étaient encore criants.

Une industrie dominée par les hommes

J’ai regardé les statistiques : quels étaient les pourcentages de femmes réalisatrices, écrivaines, monteuses, productrices? Le nombre de films produits augmentait, mais pas le nombre de femmes, dénonce Mme Somers, la directrice artistique de Herland.

L’explication est, selon elle, simple. Des hommes dominent la hiérarchie de l’industrie et engagent leurs homologues dans les échelons inférieurs. Les femmes ont même du mal à trouver leur porte d’entrée sur un plateau de cinéma, explique Mme Somers.

S’imposer comme réalisatrice devant une équipe technique, souvent exclusivement masculine, est aussi un défi, ajoute-t-elle.

Elle n’est d’ailleurs pas la seule à dénoncer cette faible féminisation de l’industrie du cinéma. Plusieurs centaines de personnes ont participé au rassemblement Share Her Journey, en marge du Festival international du film de Toronto, pour soutenir la présence des femmes dans l'industrie cinématographique.

Il n’y a pas eu de progression naturelle [vers l’égalité]. C’est un mouvement conscient pour mettre en avant les femmes.

Sandi Somers, fondatrice de Herland

Du mentorat pour gravir les échelons

Les femmes inscrites dans le programme Herland sont suivies pendant cinq mois par des cinéastes de sexe féminin qui les aident à réaliser un court métrage. Le programme offre aussi des présentations et un réseau.

C’est une communauté de femmes au sein d'une plus grande communauté du cinéma, explique Gillian McKercher, une cinéaste de Calgary qui en a profité il y a deux ans.

Le programme l’a aidée à propulser sa carrière de réalisatrice de courts métrages jusqu'à son premier long métrage, qui sera présenté au Festival international du film de Calgary.

Une jeune femme se tient dans une salle de cinéma. Gillian McKercher présente son premier long métrage au festival international du film de Calgary. Photo : Radio-Canada

Selon Gillian McKercher, les mouvements féministes comme #MoiAussi (mouvement #MeToo) sont à double tranchant. Certains réalisateurs veulent nous faire croire qu'on n’a pas acquis sa place grâce à son mérite, mais parce qu'on est une femme. [...] On doit travailler deux fois plus fort pour faire ses preuves, explique la jeune femme.

C’est la raison pour laquelle Sandi Somers ne voit pas encore quand ce sera la fin des besoins de Herland.

Le programme a reçu 25 000 $ du ministère albertain du Statut de la femme pour poursuivre son travail.

Quarante bourses supplémentaires sont accessibles jusqu'à la fin octobre pour des associations qui font la promotion des femmes. Depuis la création de ces bourses en 2016, 2,4 millions de dollars ont été distribués à 65 projets.

Alberta

Cinéma