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De sœur cloîtrée à politicienne : le parcours atypique de la candidate solidaire dans Abitibi-Est

Lyne Cyr, candidate de Québec solidaire dans Abitibi-Est, a été moniale pendant 19 ans.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Radio-Canada

La candidate de Québec solidaire dans Abitibi-Est, Lyne Cyr, a été religieuse dans un monastère pendant 19 ans. Son implication dans la présente campagne électorale constitue, selon elle, une suite logique, alors qu'elle affirme avoir toujours voulu contribuer à construire un monde meilleur.

Un texte de Thomas Deshaies

Lyne Cyr a vécu neuf ans au monastère d'Amos, qui a été détruit par les flammes en 2010. En 2002, elle a été transférée au monastère de Sainte-Thérèse, où elle a vécu 10 ans.

La candidate a pris la décision de quitter le monastère il y a quelques années, mais demeure à ce jour croyante et pratiquante. Elle s'est depuis mariée, a eu des enfants et vit à Senneterre.

C'est en raison d'une dépression qui durait depuis plusieurs années, explique Mme Cyr. Un jour, on a pensé que la solution pouvait être de me reposer dans ma famille, ce qui ne se fait pas habituellement pour des cloitrées, et cela a donné de très bons résultats. Ma santé est revenue, donc j'ai compris que c'était peut-être ma voie et que je devais changer de vie.

L'urgence de protéger l'environnement

Lyne Cyr estime que son passage de la vie spirituelle à la vie politique constitue une suite logique, en cohérence avec ses convictions. Je suis rentrée au monastère pour toutes sortes de raisons, mais aussi parce que c'était un désir de collaborer à changer le monde, oui, affirme-t-elle.

J'ai enrichi beaucoup ma réflexion par rapport au domaine politique puis je crois de plus en plus que c'est hyper important d'y travailler, de s'en soucier.

Lyne Cyr, candidate de Québec solidaire

L'environnement est cœur des préoccupations de la candidate, dans une circonscription où les industries minières et forestières sont omniprésentes. Elle martèle que son parti n'est pas contre l'exploitation des ressources naturelles, mais bien pour une exploitation responsable et une juste redistribution des richesses. Si on a des richesses à ce point, pourquoi on n'en voit jamais la couleur?, s'insurge-t-elle.

L'environnement est beaucoup plus important que tout autre enjeu présentement, s'exclame Mme Cyr. Les générations futures en Abitibi, ça prime sur beaucoup d'autres choses, dont le profit, toujours le profit aveuglément.

Qu'est-ce qu'un bon candidat?

Les avocats, médecins, économistes, gens d'affaires et journalistes sont fortement représentés à l'Assemblée nationale. Une candidate comme Lyne Cyr pourrait-elle être désavantagée par son parcours atypique le jour du vote?

Selon le politologue Pierre Marois du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, la profession ne devrait pas être utilisée par les électeurs comme un motif de discrimination au moment du vote.

Une homme écoute la question d'un journaliste hors champ.

Pierre Marois, politologue et enseignant au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Pour devenir politicien, il faut tout simplement être bien connecté avec la collectivité. Cela ne prend pas nécessairement des hautes études, ça prend juste quelqu'un qui connaît son monde, puis qui est prêt surtout à mettre beaucoup d'efforts là-dedans, explique-t-il, tout en précisant que le système est conçu pour permettre à n'importe quel citoyen de se présenter aux élections.

Certains élus, qui avaient une brillante carrière en poche dans des domaines socialement valorisés, se sont parfois avérés des députés aux performances discutables, constate M. Marois. On a vu des politiciens avec de très longs curriculum vitae, faire une carrière en politique, mais pas nécessairement flamboyante, même si c'était des gens érudits et extrêmement savants, mais parfois la "partie humaine", ils ne l'avaient pas non plus, souligne-t-il.

Bien que le président de la Chambre de commerce de Val-d'Or, Stephan Ferron, estime qu'il peut être facilitant d'avoir un député avec certaines expériences professionnelles, il croit que c'est loin d'être le seul critère de sélection. Je ne pense pas que cela a vraiment d'importance, l'emploi qu'occupait notre député avant, tranche-t-il. C'est plutôt de savoir s'ils ont un historique chez nous, s'ils connaissent notre territoire, nos gens, nos entreprises, nos enjeux.

Un homme écoute la question d'un journaliste hors champ.

Stéphan Ferron, président de la Chambre de commerce de Val-d'Or

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Un appel à l'implication citoyenne

Le responsable des communications pour la campagne de Lyne Cyr, Alex Chartier, considère même que le parcours atypique de la candidate pourrait être un atout le jour du vote. Lyne Cyr, ce n'est pas une politicienne de carrière, elle n'est pas amie avec les grandes entreprises, pas de contact avec les multinationales, et tout cela, ça peut rapprocher des gens, notamment ceux du domaine communautaire, commente-t-il.

Lyne Cyr invite les citoyens, comme elle, à prendre leur place dans la société, à ne pas se sentir imposteur et à ne pas hésiter à s'exprimer sur les enjeux qui les concernent.

Si on présente la politique comme "occupez-vous en pas, c'est trop compliqué, on va tout arranger cela", quelle sorte de démocratie on va devenir? Des moutons? Il ne faudrait pas, conclut Mme Cyr.

Abitibi–Témiscamingue

Politique provinciale