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Brian Gallant, premier ministre sortant et chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick.

Le Parti libéral a déjà fait plusieurs promesses depuis le début de la campagne, le 23 août.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

À 32 ans, Brian Gallant devient en 2014 un des plus jeunes premiers ministres de l'histoire canadienne. Il incarne le renouveau et promet de faire de la politique autrement. Quatre ans plus tard, le renouveau attendu ne s'est, à bien des égards, pas matérialisé.

Un texte de Nicolas Steinbach

Ce que je peux amener à la table, c’est des nouvelles idées, des nouvelles personnes, une nouvelle approche, disait Brian Gallant en 2012.

Brian Gallant devant son slogan, « Une nouvelle approche », lors de la course à la chefferie du Parti libéral en 2012.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brian Gallant devant son slogan «Une nouvelle approche» lors de la course à la chefferie du Parti libéral en 2012.

Photo : Radio-Canada

Alors jeune candidat à la chefferie du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant a déclaré à maintes reprises vouloir faire de la politique autrement. On parle de changer notre culture politique, pas de la vieille politique partisane.

L’ancien député et ministre libéral Bernard Richard a été un des architectes de la plateforme électorale de Brian Gallant en 2014.

Il avait un désir profond de changer les choses et c’est ce qui m’a attiré comme militant libéral, se rappelle-t-il.

Bernard Richard, ancien député et ministre libéral.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bernard Richard, ancien député et ministre libéral.

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Mais Bernard Richard a depuis déchanté. Pour moi, ça a été le pire exemple de ne pas faire la politique autrement, dit-il en rappelant la décision du gouvernement Gallant de construire, malgré ses recommandations, un centre d'excellence en santé mentale à Campbellton au lieu de Moncton.

C’est faire de la politique comme on en a fait pendant des décennies au Nouveau-Brunswick.

Bernard Richard, ancien député et ministre libéral
Dre Eilish ClearyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Dre Eilish Cleary, médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/Nicolas Steinbach

Il évoque aussi le licenciement de la médecin-hygiéniste en chef en 2015. Eilish Cleary affirmait alors avoir été mise à la porte sans motif valable.

Ça m’a beaucoup dérangé. C’est quelqu’un qui faisait bien son travail et qui a été puni pour avoir très bien fait son travail, souligne Bernard Richard.

Je suis un peu déçu de certaines décisions qui ont été prises durant le mandat.

Bernard Richard, ancien député et ministre libéral

Madame Cleary était respectée pour son travail et on l’a perdue pour des raisons politiques, ajoute Mario Levesque, politologue à l’Université Mount Allison.

Rino Volpé, sa conjointe et ses avocats à la sortie du palais de justice de MonctonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rino Volpé, sa conjointe et ses avocats à la sortie du palais de justice de Moncton

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

L’histoire n’est pas sans rappeler celle de Rino Volpé, ancien PDG du réseau de santé Vitalité, congédié sans motif valable en 2014, quelques semaines après l’entrée en poste du gouvernement Gallant.

Les congédiements de Rino Volpé et Eilish Cleary ont coûté 1,3 million de dollars aux contribuables du Nouveau-Brunswick.

Il aura fallu une demande d’accès à l’information de Radio-Canada et le recours aux tribunaux pour que le gouvernement accepte enfin de dévoiler la compensation remise à Eilish Cleary. Dans le cas de Rino Volpé, c’est la cour qui a tranché et conclu au renvoi injustifié.

La microgestion de Brian Gallant

Mario Levesque considère que le chef libéral a gouverné en microgestionnaire.

Le politologue de l'Université Mount Allison Mario Levesque.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le politologue de l'Université Mount Allison, Mario Levesque.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

M.Gallant ne veut pas avoir du monde qui n’est pas aligné avec lui et qui ne partage pas la même vision, dit-il. Toutes les personnes qui ont des bonnes idées ou qui pensent de façon indépendante, il n’aime pas avoir ces avis-là.

À couteaux tirés avec les officiers de l’Assemblée législative

Ce qui m’a aussi beaucoup dérangé, c’est les rapports avec la commissaire aux langues officielles, affirme Bernard Richard.

Le gouvernement de Brian Gallant s’est en effet opposé à plusieurs recommandations des officiers de l’Assemblée législative, allant jusqu’à les critiquer publiquement, comme ça a été le cas avec la commissaire aux langues officielles.

Katherine d'Entremont assise à une table s'apprête à lire son rapport à l'Assemblée législativeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Katherine d'Entremont, qui a récemment annoncé sa décision de prendre sa retraite cet été, présente son dernier rapport annuel.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

C’est facile de prendre pour acquis une partie de l’électorat et penser qu’il faut aller chercher des sièges du côté anglophone, mais Brian aurait pu bénéficier d’une approche beaucoup plus posée. Une approche différente de faire de la politique différente, affirme Bernard Richard.

Bernard Richard estime que l'attitude de Brian Gallant envers les officiers de l’Assemblée législative témoigne d’une certaine insécurité.

Si on crée des postes d’agents indépendants, de hauts fonctionnaires qui sont censés nous dire la vérité, il faut au moins prendre le temps de les écouter et de ne pas rejeter chacune de leurs opinions comme si c’était des attaques personnelles. C’est un peu ce qu’on a vu au Nouveau-Brunswick durant les quatre années. Ça, c’est regrettable.

L’édifice de l'Assemblée législative à Fredericton, au N.-B.  Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L’édifice de l'Assemblée législative à Fredericton au N.-B.

Photo : Radio-Canada / Philippe Duclos

Les officiers sont indépendants de l’Assemblée législative et agissent comme les chiens de garde du gouvernement. Plusieurs fois, ils ont dénoncé le sous-financement de leurs bureaux pendant le mandat des libéraux de Brian Gallant.

Mme d’Entremont, pourquoi n’a-t-elle pas reçu davantage d’argent pour son bureau et pour défendre la langue française? Elle aussi est partie et n’a pas renouvelé son mandat, fait valoir de son côté Mario Levesque.

Au début du mandat du gouvernement Gallant, un comité a même été mis en place pour étudier la possibilité de réduire le nombre de hauts fonctionnaires indépendants, n’écartant pas l’idée qu'une élimination de ces postes pourrait découler de cet exercice.

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim MacPherson, lors du dépôt de son dernier rapport sur le gouvernement Gallant. Elle avait alors affirmé que le gouvernement n’a aucun plan immédiat pour régler la décroissance économique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim MacPherson, a déposé son rapport à l'Assemblée législative, mardi matin

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Pour ce qui est de la vérificatrice générale, ses demandes budgétaires ont été refusées à cinq reprises par le gouvernement Gallant. Kim MacPherson avait alors souligné que son bureau était sous-financé. « Le manque de budget réduit la capacité du vérificateur général de s'acquitter du mandat et affaiblit son indépendance », peut-on lire dans son dernier rapport.

Mario Levesque estime que ce n’est pas une manière de bien gouverner.

Brian Gallant se défend

Lorsqu'on lui a demandé comment il a fait de la politique autrement durant son mandat, Brian Gallant a indiqué qu’il était très important de faire la politique de la façon la plus transparente possible, parce que c’est un principe important qui mène aussi à de meilleures décisions.

Brian Gallant lors de son discours d'investiture dans la circonscription de Baie-de-Shédiac-DieppeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brian Gallant lors de son discours d'investiture dans la circonscription de Baie-de-Shédiac-Dieppe

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Évidemment, il y a des gens qui aimeraient voir plus de transparence, mais je peux vous dire que notre position est toujours d’être le plus transparents possible, tout en respectant les lois et les règles en ce qui a trait à la confidentialité, a indiqué Brian Gallant durant sa campagne.

Il affirme également que les débats à l’Assemblée législative sous son gouvernement ont été plus constructifs. Lorsqu’il vient au décorum de l’Assemblée législative, je pense que nous avons fait une différence significative.

Une vieille façon de faire de la politique

Une campagne, c’est toujours le même objectif, c’est de se faire élire, donc les gens disent ce qu’ils doivent pour se faire élire, que ce soit Higgs ou Gallant, affirme Bernard Richard.

L'ancien député et ministre libéral ne s'implique pas du tout dans la campagne de Brian Gallant cette année, mais la recette reste la même pour tous les partis, selon lui.

Bernard Richard estime que les stratégies des partis lors de cette campagne électorale sont « une vieille façon de faire de la politique ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bernard Richard estime que les stratégies des partis lors de cette campagne électorale sont «une vieille façon de faire de la politique».

Photo : Radio-Canada

Les libéraux promettent par exemple un gel des tarifs d’électricité pendant quatre ans. C’est de la manne pour les électeurs, mais est-ce que c’est la bonne façon de gérer une province? Je n’en sais rien, dit-il.

La formule est la même pour les conservateurs : Pour M.Higgs, de dire je vais d’abord engager des ambulanciers pour leurs compétences, puis ils vont apprendre le français, c’est parler à une certaine partie de l’électorat. [...] Pour les partis traditionnels, je pense que c’est de la politique de la vieille façon de le faire.

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