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Le crime préoccupe de plus en plus de Winnipégois, selon un sondage

Un bandeau de la police de Winnipeg
Un bandeau de la police de Winnipeg Photo: Radio-Canada / Kelly Malone

Le crime monte rapidement dans la liste des principales préoccupations, selon un nouveau sondage de Probe Research, commandé par CBC/Radio-Canada. L'Association de la police de Winnipeg tente donc de faire du crime un enjeu principal des élections municipales d'octobre.

Un habitant de Winnipeg sur trois pense que la réduction de la criminalité est l’enjeu le plus important pour les électeurs de la capitale manitobaine.


Ainsi, le nombre de Winnipégois pour lesquels le crime est le principal enjeu électoral est-il égal au nombre pour lesquels c'est plutôt l’infrastructure municipale.

Méthodologie

Probe Research a effectué le sondage auprès d’un échantillon présélectionné de 600 adultes de Winnipeg, entre le 27 et le 31 août 2018. L’échantillon a été sélectionné en fonction de la répartition des tranches d’âge et du genre. La marge d’erreur est de plus ou moins 4 %.

Or, en 2014, Probe Research indiquait que la réparation des routes de Winnipeg était la principale préoccupation de 61 % des répondants d’un autre sondage.

Besoin de plus de policiers?

Le président de l’Association de la police de Winnipeg, Maurice Sabourin, demande aux électeurs de soulever la question de la criminalité auprès des candidats en prévision des municipales du 24 octobre.

« Nous pensons que le maire et le conseil municipal n’ont pas financé adéquatement la police. Selon moi, c’est la raison principale pour laquelle on constate une hausse du crime », déclare-t-il.

Selon le rapport annuel du Service de police de Winnipeg, le crime violent a augmenté de 10 %, l’année dernière, comparativement à la moyenne des cinq dernières années.

Le rôle de la méthamphétamine

Les crimes contre la propriété ont augmenté de 17 %, et les accusations de possession de drogue ont augmenté de 890, comparativement à 2012, principalement en raison de la présence accrue de méthamphétamine dans les rues de Winnipeg, selon la police.

M. Sabourin réclame l’embauche de plus de policiers de première ligne pour offrir un service de police « proactif ». Il affirme que la minceur du budget attribué à la police municipale nuit à son efficacité.

Ce dernier a augmenté de 4 millions de dollars, soit 1,2 %, en 2018. Une augmentation qui correspond à l’inflation, selon l’Hôtel de Ville.

Les interventions policières durent plus longtemps lorsqu’il y a un individu qui a consommé de la méthamphétamine, indique M. Sabourin, en raison de la durée des psychoses dues à cette drogue.

Une déclaration écrite de l’inspecteur Max Waddell et du chef adjoint du Service de police de Winnipeg va dans le même sens.

Priorité aux centres de désintoxication

L’augmentation du budget de la police n’est pas la solution, selon Bronwyn Dobchuk-Land, une professeure adjointe de justice pénale à l’Université du Manitoba.

La professeure Dobchuk-Land croit qu’il faut plutôt ajouter des lits dans des centres de désintoxication afin que les personnes dépendantes à la méthamphétamine aient un lieu pour se rétablir et de meilleures conditions de logement.

Le but est de traiter la dépendance comme un problème de santé, plutôt qu’un problème de criminalité.

« La réponse évidente est de réclamer plus de policiers. Mais la police n’empêche pas le vol, la police ne peut pas être partout tout le temps. Et, si elle l’était, nous vivrions dans un État policier », indique la professeure.

Manitoba

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