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Un ancien enseignant de la DSFM accusé d'agression sexuelle sur une mineure

Deux hommes vêtus de noir marchent à l'extérieur.

Rémi Dallaire (à droite), un ancien enseignant de la DSFM, est accusé d'agression sexuelle sur une mineure de moins de 16 ans alors qu'il était encore professeur à Lorette.

Photo : Radio-Canada / Gil Rowan

Radio-Canada

Un ancien enseignant de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), Rémi Dallaire, a plaidé non coupable à des accusations pour agression sexuelle, contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels et pour avoir rendu du matériel sexuellement explicite accessible à un enfant.

Un texte de Denis-Michel Thibeault

La présumée victime, maintenant âgée de 10 ans, et sa mère ont toutes deux témoigné lundi et mardi. L’accusé devrait être appelé à témoigner jeudi, au quatrième jour du procès.

Une ordonnance de non-publication du juge Ken Champagne exige de garder privé le nom de la victime et de sa mère.

Le juge a entendu que la victime, qui avait 8 ans au moment des faits allégués, avait subi des agressions sexuelles multiples. Dans une entrevue avec la GRC en 2016, elle décrit les gestes que Rémi Dallaire lui aurait fait subir dans son appartement, dans celui de sa mère et dans la maison d’une autre personne adulte.

La présumée victime a témoigné qu’en quelques semaines, Rémi Dallaire l'aurait agressé sexuellement à plusieurs reprises et lui aurait montré une vidéo pornographique, lui demandant de reproduire les actes.

Elle dit aussi que l'accusé lui a demandé de se doucher avec lui, de dormir avec lui et qu'il l'aurait déshabillée dans la nuit.

Elle a notamment mentionné une boîte de lubrifiant mauve utilisée lors des faits. La pièce à conviction a été exhibée à la Cour comme un élément ayant en effet été retrouvé chez l’accusé lors d’une perquisition.

Selon ce qui a été dit en cour, l’accusé et la victime ont passé beaucoup de temps ensemble entre la mi-juin et la mi-juillet 2016.

Ancien professeur de la DSFM

Rémi Dallaire était professeur à la seule école de la DSFM à Lorette, à quelques kilomètres au sud-est de Winnipeg, au moment des faits.

La DSFM a refusé de dire si elle était au courant des accusations contre son ancien professeur en 2016, stipulant des raisons de confidentialité et de légalité.

Marco Ratté, le directeur général adjoint et superviseur des ressources humaines pour la DSFM, a indiqué être « au courant du procès », mais que « la politique de la DSFM est de ne pas commenter sur des dossiers lorsqu’ils sont en cour ».

« La DSFM a une obligation de confidentialité par rapport à tous ses élèves. Elle ne peut divulguer de l’information, sauf aux autorités appropriées », a-t-il dit.

Il affirme cependant que Rémi Dallaire n’est plus à l’emploi de la DSFM depuis la fin de l’année scolaire 2015-2016.

Un vieil immeuble en briques, converti en bureaux de la DSFM.

Toute personne ayant droit à l'éducation française au Manitoba pourra voter aux élections scolaires de la Commission scolaire franco-manitobaine.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Témoignage de la mère de la présumée victime

Lundi, la mère de la victime a raconté avoir fait la connaissance de Rémi Dallaire après avoir déménagé près de chez lui. Elle dit être rapidement devenue amie avec lui.

Sachant qu’il était enseignant à l’école de sa fille, elle accepte de la laisser passer du temps avec lui avant et après les classes. Elle l’autorise aussi à rester dans son appartement en attendant qu’elle revienne du travail.

Puisque les deux semblaient bien s’entendre, elle a permis à sa fille de passer plus de temps avec l’accusé dans le cadre de sorties ou même des nuits complètes où elle est restée pour coucher chez lui.

Selon la mère de la présumée victime, Rémi Dallaire était « un modèle, une sorte de figure paternelle. Ils s’entendaient bien et avaient beaucoup de choses en commun ».

Selon ce qui a été dit en cour, l’accusé a donné des cadeaux à la présumée victime dont un chat en peluche, des bijoux ou des produits de beauté. Il aurait même promis de lui acheter un iPod.

La mère dit avoir voulu entretenir une relation amoureuse avec Rémi Dallaire, mais ce dernier aurait refusé, une décision que la mère de la victime a dit « respecter ».

Selon la mère, la présumée victime s’est un jour confiée à elle lui expliquant les gestes que l’accusé aurait commis.

« Elle semblait très hésitante de vouloir me le dire. J'étais un peu perplexe et incertaine, ajoute-t-elle. Bref, elle a dit que Rémi lui avait fait mal. J’ai demandé comment et elle a dit qu'il l'avait touchée et lui avait fait un tas de choses. »

L’accusé nie tout

La mère soutient avoir confronté Rémi Dallaire, mais ce dernier a immédiatement nié toutes les accusations.

Selon un échange de messages textes qui a été présenté en preuve devant la cour, Rémi Dallaire a menacé de dénoncer la mère aux Services à l'enfant et à la famille sous prétexte qu'elle terrorise sa fille.

Dans une vidéo présentée en cour, Rémi Dallaire explique aux agents de la GRC avoir seulement utilisé une serviette pour la nettoyer puisqu’elle avait uriné au lit.

« Je n’ai rien fait à cette petite fille. Je ne suis pas ce genre de personne », a-t-il dit lorsqu'il a été interrogé par les policiers.

Manitoba

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