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Portage et Main : pour convaincre, il faut une vision, disent des urbanistes

On voit de haut une intersection importante dans un centre-ville, avec des voitures et des camions qui circulent. On peut ausi voit qu'il n'y a pas d'endroits permettant aux piétons de traverser la rue sur cette intersection.

L'angle de l'avenue Portage et de la rue Main à Winnipeg, vu du toit d'un édifice du centre-ville. Fermée à la circulation piétonnière depuis 1979, cette intersection célèbre de Winnipeg est au coeur des débats autour de l'élection municipale prévue le 24 octobre.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Ville de Winnipeg n'a pas su montrer les avantages de la réouverture de l'intersection des rues Portage et Main aux piétons, affirment des urbanistes de la région, en réaction à un nouveau sondage qui révèle une opposition croissante au projet.

L’Hôtel de Ville n'a produit ni vision ni dessins portant sur les avantages de rouvrir l’intersection, affirme l'ancienne urbaniste à la Ville de Winnipeg, Michelle Richard.

Aussi, indique-t-elle, les Winnipegois ont-ils tiré leurs propres conclusions avant le référendum portant sur cette question qui se déroulera en octobre.

Les gens se tourneront inévitablement vers un point de vue qui prend en considération leurs préoccupations, et pour les Winnipégois, cela veut dire des préoccupations au sujet de la circulation.

Une citation de : Michelle Richard, ancienne urbaniste à la Ville de Winnipeg

L’enquête d’opinion publique de Probe Research, commandée par CBC/Radio-Canada, conclut que la principale raison de l’opposition à la réouverture de l’intersection est la peur de bouchons de circulation.

Se tromper de cible

Pour Mme Richard, le déclin de l’appui à cette mesure contredit le fort désir d’habiter dans des quartiers accueillants pour les piétons et le type de lieu que l’on recherche en tant que touriste. Portage et Main pourrait jouer ce rôle-là, dit-elle.

« Cette focalisation sur l’ouverture d’une intersection n’atteint pas la bonne cible. L’important, c’est comment créer le cœur de Winnipeg à cet endroit », poursuit-elle. « La possibilité de marcher et la réouverture de l’intersection sont une partie d’une vision plus large qui aurait dû être expliquée durant les quatre dernières années. »

La réouverture de Portage et Main était l’une des promesses clefs de la campagne électorale de 2014 de l’actuel maire de Winnipeg, Brian Bowman. Ce plan a été ralenti par les négociations avec les propriétaires des bâtiments de l’intersection, qui ont duré jusqu’en 2017.

Mme Richard se demande pourquoi la Ville n’a pas organisé de campagne de sensibilisation. « Peut-être qu’à l’avenir, c’est nécessaire. Je ne vois pas comment [ceux qui soutiennent la réouverture] pourraient remonter suffisamment leurs chiffres », ajoute-t-elle. L’enquête de Probe Research montre que 67 % des Winnipégois s’opposent à la réouverture de l’intersection.

Méthodologie

Probe Research a effectué le sondage auprès d’un échantillon présélectionné de 600 adultes de Winnipeg, entre le 27 et le 31 août 2018. L’échantillon a été sélectionné en fonction de la répartition des tranches d’âge et du genre. La marge d’erreur est de plus ou moins 4 %. Comme cet échantillon a été présélectionné, la marge d'erreur ne peut pas être calculée.

Besoin d’un concept

Le chef du département d'urbanisme de l’Université de Winnipeg, Richard Milgrom, comprend l'opposition à la réouverture de l’intersection. Il faut que les électeurs puissent voter pour ou contre un concept, soutient-il.

« Les gens ignorent ce pour quoi ils votent », ajoute M. Milgrom.

Il indique que beaucoup n’ont probablement même pas pensé au fait que l’intersection aurait besoin d’être repensée. Le cas échéant, il y aurait sans doute des changements aux barrières, un terre-plein remodelé et un effort concerté visant à rendre Portage et Main plus attirante.

L'intersection Portage et Main à WinnipegAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'intersection Portage et Main à Winnipeg

Photo : Radio-Canada

Pour le moment, les gens désirent ce qu’ils connaissent bien : traverser Portage et Main en automobile, poursuit-il.

Winnipeg, havre de voitures

Le nombre de véhicules sur les routes de Winnipeg augmente au même rythme que la population. Le 1er septembre 2018, il y avait 1 382 279 voitures immatriculées par des particuliers à Winnipeg, selon la Société d'assurance publique du Manitoba, qui indique que ce chiffre augmente chaque année depuis 10 ans.

Le professeur Milgrom affirme cependant que la culture automobile à Winnipeg n’est pas aussi profondément enracinée qu’on le pense. Beaucoup utilisent leur voiture parce qu’ils n’ont pas d’autre choix, dit-il.

Il croit que la solution est d’augmenter le financement des transports publics et de développement de meilleurs environnements piétonniers.

Avec des informations de Bartley Kives et de Marcy Makusa

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