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Syrie : les groupes insurgés d'Idlib appelés à quitter les zones peuplées

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L'Iran et la Russie sont les principaux soutiens du régime du président syrien Bachar Al-Assad, qui a l'intention de reprendre aux insurgés leur dernier bastion, la province d’Idlib.

Photo : The Associated Press / Uncredited

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une commission de l'ONU a proposé mercredi que les groupes insurgés dans la province syrienne d'Idlib quittent les zones urbaines afin de protéger les civils en prévision d'une offensive du régime syrien et de la Russie.

Vendredi, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, avait déjà plaidé devant le Conseil de sécurité pour imposer un « ultimatum » aux combattants afin qu'ils quittent les zones peuplées.

L'ONU a appelé mardi les parties belligérantes à éviter « un bain de sang » dans cette province du nord-ouest du pays.

« La plupart de ces groupes terroristes et autres groupes armés se trouvent dans les villes. Peut-être que le meilleur scénario serait qu'ils quittent les villes », a exhorté Paolo Pinheiro, le président de la Commission d'enquête indépendante et internationale (COI) sur la Syrie, lors de conférence de presse à Genève.

La population de la province d'Idlib et des zones adjacentes sous contrôle des insurgés a quasiment doublé au cours des dernières années, atteignant près de trois millions de personnes, avec l'afflux de dizaines de milliers de rebelles et de leurs familles en provenance d'autres régions reprises par le régime.

Plus de la moitié de la province est contrôlée par le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda. Des factions rebelles tiennent une grande partie du reste du territoire.

Syrie : l'engrenage de la guerre

Le secrétaire général de l'ONU craint un « cauchemar pour l'humanité »

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Des enfants dans le camp de réfugiés de Kelbit, province d'Idlib.

Photo : Reuters / Osman Orsal

« Tous les autres désastres risquent de paraître mineurs comparés à ce qui pourrait se produire à Idlib », a encore averti M. Pinheiro.

La perspective d'une solution négociée dans la province d'Idlib s'est assombrie avec l'échec d'un sommet tripartite à Téhéran ayant réuni vendredi les présidents turc, russe et iranien.

Une offensive du régime à Idlib « déclencherait un cauchemar humanitaire sans précédent dans le conflit syrien déjà meurtrier », a averti mardi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lors d'une session du Conseil de sécurité de l'ONU, principalement consacrée à la situation à Idlib.

Depuis plusieurs semaines, Idlib est la cible de bombardements intermittents qui ont cependant faibli en intensité depuis mardi.

Selon l'ONU, depuis le début de septembre, plus de 30 000 personnes ont déjà fui les zones ciblées. Certains y retournent à la faveur de l'accalmie actuelle, ponctuée de tirs d'artillerie épisodiques.

« J'ai fui il y a deux jours [...], mais nous sommes revenus après l'arrêt » des raids, a affirmé Abou Ammar, habitant de la localité de Hbit, dans le sud de la province.

La Russie, grande alliée de Bachar Al-Assad, a affirmé mardi que les rebelles préparaient la « mise en scène » d'une fausse attaque chimique, qui serait ensuite attribuée au régime syrien, pour donner un prétexte à une éventuelle intervention militaire occidentale.

Peu après, le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, a prévenu le président syrien qu'il risquait des représailles s'il utilisait des armes chimiques lors d'un éventuel assaut contre Idlib.

Le régime d'Assad est accusé d'avoir utilisé à plusieurs reprises des armes chimiques en sept ans de conflit, notamment lors d'une attaque en avril 2017 contre la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idlib, ayant tué plus de 80 personnes.

Cet incident avait été suivi un an plus tard par une attaque chimique présumée dans la ville de Douma, près de Damas, ayant fait plus de 40 morts.

Phase finale de l'opération militaire Roundup contre l’EI

Sur un autre front de la guerre en Syrie, la coalition antidjihadiste menée par les États-Unis a annoncé mardi le lancement, la veille, de la phase finale de son opération militaire contre le groupe armé État islamique (EI) dans l'est de la Syrie.

Il s'agit de la « phase III de l'opération Roundup », amorcée le 1er mai pour déloger l'EI de la vallée de l'Euphrate.

Les combats ont déjà tué 36 djihadistes et 11 membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde soutenue par Washington.

Le groupe extrémiste est, en parallèle, la cible d'une offensive du régime contre son dernier réduit dans le désert de la province de Soueida (sud).

Dans cette région majoritairement druze, l'EI avait enlevé une trentaine de civils en juillet dernier. Deux d'entre eux sont morts, dont un jeune homme exécuté par décapitation.

Selon une source locale, des proches de plusieurs otages ont reçu mercredi une vidéo que l'AFP a pu visionner. Les images montrent une trentaine de personnes, dont une femme qui affirme qu'elles sont détenues par l'EI. Elle dénonce l'inaction du régime et de la Russie au sujet de leur kidnapping et en appelle à tous ceux qui peuvent œuvrer à leur libération. La vidéo n'a pu être authentifiée dans l'immédiat.

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