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D’autres meurtriers en séries dans le système de santé pourraient avoir été insoupçonnés

Photo d'Elizabeth Wettlaufer, menottée

L'ex-infirmière Elizabeth Wettlaufer est escortée à l'extérieur du palais de justice à Woodstock, après avoir reçu sa peine.

Photo : La Presse canadienne / Dave Chidley

Radio-Canada

L'enquête publique sur la sécurité des résidents des foyers de soins de longue durée de l'Ontario se penche sur les cas des meurtres en série commis dans le système de santé. La professeure Beatrice Crofts Yorker, qui témoigne devant la commission, étudie les cas survenus partout dans le monde, mais estime que ceux qui demeurent insoupçonnés sont probablement encore plus nombreux.

Un texte de Katherine Brulotte

La professeure Beatrice Crofts Yorker mène depuis plus d'une décennie des travaux sur les meurtres en série commis dans le système de santé, partout dans le monde.

Elle affirme que la nature de certains soins, comme les soins de longue durée, fait en sorte qu'on s'attend à ce que des patients meurent régulièrement.

La chercheuse a répertorié, depuis les années 1970, 141 meurtriers en série condamnés pour des crimes dans le système de santé.

Une femme devant un ordinateur

La professeure Beatrice Crofts Yorker.

Photo : Capture d'écran

Selon l’experte, la plupart des personnes reconnues coupables d’avoir tué des patients dans le cadre de leur travail dans les soins de santé seraient atteintes du syndrome de Münchhausen ou de ce syndrome par procuration.

Le syndrome de Münchhausen désigne un besoin de simuler une maladie ou un traumatisme dans le but d'attirer l'attention ou la compassion.

Le syndrome de Münchhausen par procuration, quant à lui, consiste à une personne qui inflige des blessures ou une maladie volontairement à elle-même ou à un proche dans l’objectif de recevoir des soins de santé.

Pays dans lesquels le plus de meurtres surviennent dans le système de santé

  • Allemagne
  • Angleterre
  • Belgique
  • Italie
Source: Beatrice Crofts Yorker

Le seul cas de condamnation au Canada est celui d’Elisabeth Wettlaufer. L’ancienne infirmière a admis avoir tué 8 de ses patients en leur injectant de l’insuline.

Mais Mme Crofts Yorker affirme qu’il ne faut pas pour autant conclure qu’il n’y a jamais eu d’autres meurtriers dans le système de santé canadien.

Nous de détectons probablement pas la pleine mesure des meurtres commis dans le système de santé.

Beatrice Crofts Yorker

Le fait que la mort de patients dans certains secteurs de la santé, comme les soins de longue durée, soit attendue empêche parfois la détection de mort pourtant suspecte.

Elle souligne également que la technologie semble jouer un rôle dans la prévalence de ce type de crime. D’une part l’injection de drogues, et même de bulles d’air, est devenue plus facile avec l’utilisation accrue des solutés. D’autre part, les dossiers médicaux électroniques et l’échange d’information automatique permettent maintenant de détecter plus rapidement des anomalies.

La professeure soutient également que la transformation de la manière dont est envisagée la mort pourrait permettre de détecter des cas anormaux. Elle donne en exemple les milieux de soins palliatifs où la question des circonstances de la mort et des mesures de confort sont abordées plus ouvertement alors que le sujet est souvent tabou lorsqu’il est question d’un patient atteint d’une maladie qui n’est pas mortelle, comme la démence.

Deux autres experts seront entendus avant la fin des audiences. Ils discuteront de la gestion des médicaments et de la collecte de données.

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