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Décès d'enfants : toujours difficile de connaître les causes

Dépression chez l'enfant.

Le gouvernement a affirmé que les rapports seraient davantage transparents en décembre dernier.

Photo : iStock

Radio-Canada

Des documents obtenus par CBC révèlent que de nombreuses informations sur des cas de mortalité infantile sont indisponibles au public, malgré le nouveau processus de publication des rapports visant une plus grande transparence.

En décembre, le gouvernement de la province a mis en place un nouveau processus pour que les rapports sur ces mortalités soient plus transparents.

Un avocat spécialisé dans les dossiers jeunesse, Bernard Richard, juge que les améliorations apportées par le gouvernement sont trop modestes. Notamment, dit-il, ce nouveau processus ne révèle pas les moments où le système de protection des enfants manque à ses devoirs.

L’avocat estime que ce processus est, malgré les changements établis en décembre, loin d’être transparent. Il croit que la population a le droit de connaître le récit complet de ce qui est arrivé aux enfants décédés.

CBC a obtenu les détails sur la mort de 51 enfants de 19 ans et moins, décédés au Nouveau-Brunswick depuis 2010. Plus de la moitié d'entre eux sont décédés de causes naturelles, mais d'autres sont morts de causes évitables.

Des détails importants absents des rapports

Les documents obtenus par CBC révèlent plusieurs cas où des informations importantes sont manquantes. Par exemple, une jeune fille de deux ans est morte à la suite de complications après un empoisonnement aux médicaments. On ne trouve toutefois pas d'indication sur les médicaments consommés ni sur la façon dont l'enfant est entrée en contact avec ces médicaments.

Une autre fillette de cinq mois est morte de « causes indéterminées ». Les documents indiquent qu’il pourrait s’agir d’un décès lié à un partage de lit et d’une « possible exposition à la chaleur ». La source de chaleur potentielle n’est pas identifiée.

Dans un autre cas, un jeune garçon de deux ans est mort de « causes indéterminées ». Le rapport indique que les enfants ne devraient pas être renvoyés dans un foyer où ils ont été blessés par un adulte si ce dernier n'a pas été identifié. Le document ne dit pas si cet enfant a en effet été renvoyé dans un foyer où il était peut-être en danger.

L'exemple de la Colombie-Britannique

En Colombie-Britannique et en Alberta, les rapports fournis au public offrent des informations détaillées sur les causes de morts d'enfants, mais aussi sur leurs conditions de vie avant le décès, explique Bernard Richard.

Il donne l'exemple d’un jeune Métis de 18 ans qui s’est enlevé la vie en Colombie-Britannique. Le jeune était pris en charge par l’État, qui l'a notamment placé dans des familles d’accueil.

En réponse à son suicide, un rapport de plusieurs dizaines de pages a retracé son histoire, y compris quand le système a fait des erreurs, raconte l’avocat.

Ces histoires ont besoin d’être racontées pour améliorer le système.

Bernard Richard, avocat

Malheureusement, nous sommes timides à cet égard au Nouveau-Brunswick, ajoute-t-il ensuite.

Il souhaiterait profiter de la campagne électorale pour que la protection et la pauvreté des enfants deviennent des enjeux politiques.

Une photo de Bernard Richard.

Bernard Richard est un avocat spécialisé sur les questions d'enfance et jeunesse.

Photo : CBC

Le gouvernement se défend

Une porte-parole du gouvernement, Alexandra Davis, tient à défendre les nouvelles normes des rapports sur les mortalités infantiles, dans un échange de courriels.

Les nouvelles normes instaurées en décembre ont été bien reçues, indique-t-elle.

Cette pratique fournit efficacement au public des informations sur le nombre de décès d'enfants qui font l'objet d'un examen, et inclut un contexte important pour toute recommandation.

En décembre, le gouvernement indiquait que les rapports rendus publics offriraient dorénavant une plus grande transparence tout en maintenant un niveau approprié de respect de la vie privée pour les personnes décédées et leur famille.

Un comité en place depuis 20 ans

Un comité est chargé d'enquêter sur la mort d'enfants connus des services de protection depuis maintenant 20 ans. Le gouvernement a formé ce comité en 1997 après la mort de la petite Jacqueline Dawn Brewer de Saint-Jean.

Le comité, formé notamment de médecins, de travailleurs sociaux et d'avocats, doit examiner en détail les causes de décès de ces enfants. Il doit ensuite dans un délai de 45 jours faire des recommandations afin de prévenir des morts similaires.

Il est difficile de savoir si les recommandations du comité donnent des résultats, puisque personne n'est responsable de faire un suivi pour s'assurer qu'elles sont prises en compte.

Le cas de Jacqueline Dawn Brewer

Jacqueline Dawn Brewer est morte en décembre 1996. L'enfant avait été trouvée inanimée dans sa couchette, et son décès remontait à plusieurs heures. Le coroner avait déterminé que l'enfant était morte de déshydratation.

Les services de protection de l'enfance avaient reçu 16 signalements pour négligence dans le cas de la petite Jacqueline Brewer. À 28 mois, l'enfant n'avait jamais appris à parler ni à marcher.

L'affaire avait soulevé énormément de colère au sein du public.

Avec les informations de CBC

Nouveau-Brunswick

Enfance