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Québec solidaire veut tester le revenu minimum garanti

Gabriel Nadeau-Dubois est en point de presse à l'extérieur, sous le soleil.
Le projet pilote proposé par QS pourrait notamment toucher la Gaspésie, où une discussion est déjà entamée quant à la forme que pourrait prendre un revenu minimum garanti, selon Gabriel Nadeau-Dubois. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Québec solidaire (QS) souhaite mettre en place un projet pilote pour tester l'efficacité du revenu minimum garanti dans le but de combattre la pauvreté dans la province. L'objectif, à terme, serait de remplacer le système actuel d'aide sociale.

Un texte de Joëlle Girard

En conférence de presse mercredi matin à Gaspé, le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois a évoqué une « réforme sociale en profondeur » qui ne doit pas être faite « à l'aveugle ». Le projet pilote, qui devrait toucher environ 12 000 personnes dans diverses municipalités, servira entre autres à tester des formules et des montants différents, dit-il.

Il est donc trop tôt pour savoir quel montant les bénéficiaires toucheraient, a précisé M. Nadeau-Dubois.

Le Québec compte un peu plus de 800 000 personnes vivant actuellement sous le seuil de la pauvreté, fixé à 18 000 $ par année pour une personne seule. Le nombre de prestataires d'aide sociale est d'environ 419 000 personnes.

La prestation de base s'élève présentement à 648 $ par mois. Pour les personnes ayant des contraintes sérieuses à l’emploi, ce montant est de 1035 $.

« C'est loin de suffire pour combler même les besoins les plus élémentaires. C'est des "peanuts" à côté des millions de dollars d'argent public qu'on a donnés pour sauver Bombardier », a affirmé le co-porte-parole du parti.

Il faut donner un coup de pouce à ces gens-là pour sortir la tête de l'eau et leur donner la possibilité éventuellement de réintégrer le marché du travail lorsque c'est possible.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS

Pendant la réalisation du projet pilote, un gouvernement solidaire augmenterait les prestations d’aide sociale de manière transitoire, c'est-à-dire jusqu'à ce que le système de revenu minimum garanti soit mis en place, ce que QS ferait au cours d'un deuxième mandat.

Les personnes seules ayant des contraintes sérieuses à l’emploi verraient ainsi leur prestation bonifiée à 1500 $ par mois, tandis que les prestataires sans contraintes à l’emploi toucheraient 1063 $ par mois.

Une mesure « universelle » et « inconditionnelle »

Le 15 mai dernier, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi 173 qui vise à instaurer un revenu minimum garanti au Québec pour les personnes présentant des contraintes sérieuses à l'emploi. Cette mesure touche 84 000 personnes et doit être jumelée au soutien de revenus dont elles bénéficient déjà.

La mesure de Québec solidaire serait plutôt « inconditionnelle » et « universelle ». Une fois le projet pilote réalisé, ce sont donc tous les prestataires d'aide sociale, et non seulement les personnes présentant une contrainte sérieuse à l'emploi, qui pourraient en bénéficier.

« Les prestations actuelles condamnent les bénéficiaires de l’aide sociale à demeurer en situation de grande précarité, a expliqué le co-porte-parole. On connaît les coûts sociaux et économiques liés à la pauvreté : plus de criminalité, de décrochage scolaire, de problèmes de santé ou une espérance de vie plus faible, par exemple. Il est temps de s’attaquer au problème à la racine : si on veut sortir durablement les gens de la pauvreté, il faut leur donner les moyens concrets de le faire. »

Un comité d'experts mandaté par le gouvernement Couillard en septembre 2016 avait rejeté l'idée d'un revenu minimum garanti, jugeant qu'une telle forme de revenu existait déjà au Québec, compte tenu de l’ensemble des allocations disponibles.

Il avait plutôt suggéré de plafonner l’aide sociale à un maximum de 55 % de la mesure du panier de consommation (MPC), qui représente le coût des besoins de base (nourriture, logement, transport, etc.) pour une année. Ce seuil de référence dépassé, les prestataires seraient moins poussés à intégrer le marché du travail, selon eux.

« Les experts embauchés par le gouvernement libéral ont eux-mêmes dit : c'est difficile de se positionner, parce qu'il nous manque des données fiables pour savoir quels seraient les avantages d'un revenu minimum garanti, a expliqué Gabriel Nadeau-Dubois en point de presse. Alors nous, ce qu'on dit, c'est : on va faire un projet pilote pour tester la formule [...]. Il faut l'essayer de manière concrète pour avoir des informations et prendre une décision éclairée dans un deuxième mandat. »

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