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Converser avec les tout-petits améliore leur QI à 10 ans

Un petit garçon.
Les bébés de 18 à 24 mois avec lesquels les parents interagissent beaucoup voient leur QI augmenter à 10 ans. Photo: iStock / tommasolizzul
Radio-Canada

Les tout-petits de 18 à 24 mois avec lesquels les parents interagissent beaucoup, notamment en conversant avec eux, voient leur QI et leurs aptitudes langagières à 10 ans augmenter par rapport aux autres qui vivent dans un milieu plus silencieux.

Des recherches ont déjà associé la quantité d'interactions vécues par les bébés au développement de la parole et de leur QI. Les résultats de la présente étude sont encore plus précis.

La linguiste Jill Gilkerson et ses collègues associés à la fondation LENA ont montré que l'expérience langagière d'un bébé au cours de cette période relativement courte du jeune âge (18 à 24 mois) aide à prédire son développement cognitif et linguistique une décennie plus tard.

Un parallèle avec l’alimentation

La chercheuse explique qu’un régime alimentaire sain à l'âge de deux ans ne fait pas seulement des bébés en meilleure santé, mais aussi des enfants plus susceptibles de présenter un poids santé à l'âge de 12 ans.

C’est un peu le même raisonnement pour la communication.

Les conversations sont un peu comme le régime nutritionnel, mais pour le cerveau.

Jill Gilkerson

Pour arriver à ce constat, son équipe a analysé 5000 minutes d'enregistrements audio de 94 enfants âgés de deux mois à quatre ans et de leurs parents.

Les enfants ont ensuite subi des tests de suivi sur leurs aptitudes langagières et leurs capacités cognitives, comme la mémoire de travail et le raisonnement, à l'âge de 9 et 14 ans.

Nourrir le cerveau par la conversation

Dans cette étude, on a demandé aux familles de fournir des enregistrements audio journaliers pendant six mois. Les parents devaient placer un enregistreur dans un vêtement porté par l’enfant. Un logiciel était programmé pour compter automatiquement les vocalisations de l'enfant et les stimulations verbales de sa mère ou de son père.

Les chercheurs ont ainsi pu mesurer la prise de parole conversationnelle. Par exemple, lorsqu’un parent dit quelque chose et que l'enfant répond par un mot, un babillage ou un roucoulement dans les cinq secondes ou lorsqu’un parent répond dans les cinq secondes à la vocalisation de l'enfant.

Les chercheurs ont déterminé que des épisodes de conversation sont meilleurs pour le développement du cerveau que le simple fait d'être exposé à des mots.

Les résultats indiquent aussi que les bavardages fréquents avec les tout-petits sont responsables de 27 % de leur bonne performance en compréhension verbale une décennie plus tard, après avoir pris en compte les facteurs socioéconomiques.

Je suis stupéfaite. Nous nous attendions à voir des corrélations basées sur la recherche précédente avec de jeunes enfants, mais nous ne pouvons qu'être étonnés que les mesures du langage recueillies à 18 mois puissent prédire n'importe quoi 10 ans plus tard.

Jill Gilkerson

Le détail de cette étude est publié dans la revue Pediatrics (en anglais) (Nouvelle fenêtre).

Avec les informations de CBC

Biologie

Science