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  • 2008 : Lehman Brothers s’écroule et entraîne l’économie mondiale dans l’abîme

    Le journaliste Gérald Fillion devant un mur d'écrans explique l'impact de la faillite de la banque Lehman Brothers.
    La faillite de la banque Lehman Brothers déclenche la crise économique de 2008. Photo: Radio-Canada

    Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers Holdings Inc. se place sous la protection du Code fédéral américain des faillites. La chute de cette banque déclenche une réaction en chaîne qui fait vaciller l'économie mondiale. Nos journalistes ont assisté à cette spectaculaire chute et à ses conséquences.

    Des géants aux pieds d’argile

    En 2007, les rédacteurs du rapport annuel de la banque Lehman Brothers débordent d’optimisme.

    Selon ces derniers, la banque a généré des « résultats fantastiques. » Les gestionnaires y sont « talentueux et focalisent sur la gestion de risque. » Lehman Brothers affirme avoir fait siennes les valeurs de responsabilité sociale.

    Il ne faudra pas beaucoup de temps pour que la véritable nature de ce document apparaisse aux yeux du public : un tissu de mensonges.

    Le Téléjournal/Midi, 15 septembre 2008

    Quelques mois après la publication de ce rapport annuel, Gérald Fillion s'entretient avec Anne-Marie Dussault qui anime Le Téléjournal/Midi du 15 septembre 2008.

    L'animateur de RDI économie explique que Lehman Brothers vient d’engloutir 12 milliards de dollars dans la crise des hypothèques qui frappe les États-Unis.

    Au total, c’est 613 milliards de dollars que la banque voit se volatiliser dans ce qui constitue l’éclatement de la bulle immobilière américaine.

    Ces énormes pertes coulent la quatrième banque des États-Unis, qui doit déclarer faillite.

    C’est un des piliers de l’économie américaine qui s’effondre. Sa chute, qui s’ajoute à d’importantes pertes enregistrées par d’autres institutions financières américaines, provoque la panique sur les marchés financiers.

    À New York, le Dow Jones est en recul également de près de 3 % […] Il y a eu des reculs un peu partout : Paris, Londres, Francfort, des reculs de 4 % à 5 %, Djakarta et Taipei moins 5 %.

    Gérald Fillion

    Les États à la rescousse

    La crise s’étend comme une traînée de poudre dans l’ensemble des économies de la planète.

    Le 6 octobre 2008, comme le constate l’animateur du Téléjournal Bernard Derome, les bourses du monde entier replongent.

    Le Téléjournal, 6 octobre 2008

    Signe de l’importance de la nouvelle, le Téléjournal ce soir-là consacre un bloc prolongé à la dégringolade financière du jour et à son impact à travers la planète.

    Au Canada, la Bourse de Toronto perd ce jour-là 5,3 % de sa valeur.

    Pour le premier ministre Stephen Harper, cette déconfiture arrive à un très mauvais moment.

    Une campagne électorale fédérale bat son plein. Les Canadiens s’inquiètent pour leurs épargnes et leurs emplois.

    La tempête financière risque de compromettre les efforts du premier ministre d’obtenir un mandat majoritaire à la Chambre des communes.

    Le reportage du correspondant à Ottawa, Daniel L’Heureux, nous fait comprendre que cette situation force le gouvernement fédéral à un virage à 180 degrés et à l'abandon de sa politique attentiste face à la crise.

    Nos correspondants à Paris et à Pékin, Luc Chartrand et Michel Cormier, de leur côté, décrivent la réaction de l’Europe et de la Chine à la crise émergente.

    En Europe, les gouvernements proposent des plans de sauvetage aux banques menacées de faillite. Le but est aussi de garantir les dépôts des épargnants pour éviter qu’ils paniquent.

    En Chine et au Japon, les gouvernements se préparent à un ralentissement économique voire à une récession.

    C’est le journaliste Gérald Fillion qui dévoile ce soir-là l’information qui est peut-être la plus révoltante pour la population.

    Richard Fuld, l'ex-président-directeur général de la banque Lehman Brothers, a reçu en salaire et en primes entre 300 et 500 millions de dollars durant son mandat qui s'est terminé en 2007.

    Richard Fuld est fortement réprimandé lors de sa comparution devant le Congrès américain.

    Il se disculpe en affirmant que ce sont « les rumeurs qu’ont laissé traîner les investisseurs » qui ont fait couler sa banque.

    Des plans de sauvetage qui révoltent la population

    Je suis en colère contre les banques.

    Un résident de Chattanooga dans l’État du Tennessee

    Bon gré, mal gré, les gouvernements doivent adopter des plans de sauvetage extrêmement coûteux pour sauver les banques en difficulté. Aux États-Unis, l’administration du président Barack Obama doit concocter un plan de 700 milliards de dollars pour y arriver.

    Notre correspondante à Washington Joyce Napier a visité à l'automne 2008 la ville de Chattanooga dans l’État du Tennessee.

    Téléjournal, 28 septembre 2008

    Elle présente un reportage au Téléjournal du 28 septembre 2008 qui nous montre l'état d'esprit de la population.

    Les citoyens de Chattanooga s'indignent des plans de sauvetage. Pour ces Américains, il ne faut pas racheter les banquiers véreux de Wall Street.

    Des avertissements qui viennent de la Suisse

    Dix ans après ces événements, les financiers ont-ils appris des erreurs qui ont engendré la crise économique de 2008? La réponse semble être négative.

    L’absence de réforme en inquiète plusieurs et pas des moindres.

    Lors du Forum de Davos en janvier 2018, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a mis en garde les grands patrons et financiers contre les « risques de complaisance ».

    L’économiste en chef du FMI Maurice Obstfeld a enfoncé le clou en affirmant que « la prochaine récession « arrivera plus tôt que prévu et qu’elle sera plus difficile à résoudre ».

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