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Les Autochtones adultes davantage résistants à la bactérie Haemophilus influenzae de type A

Un chercheur dépose un échantillon dans un petit contenant pour analyse.
L'étude comparative conduite par l'immunologue Marina Ulanova a démontré une résistance plus grande chez les populations autochtones que chez les non-Autochtones Photo: Associated Press / Bebeto Matthews
Radio-Canada

La forte résistance aux infections à la bactérie Haemophilus influenza de type A chez les Autochtones adultes est liée à leur patrimoine génétique, croit la professeure Marina Ulanova de l'École de médecine du Nord de l'Ontario. L'agent pathogène peut notamment causer la pneumonie et la méningite.

La bactérie touche surtout les enfants des communautés autochtones et du Grand Nord canadien.

Dans une étude qu’elle a récemment menée auprès de 110 adultes issus de communautés Anishinabe en Ontario et 76 non-Autochtones, la médecin a remarqué que les Autochtones adultes et en bonne santé ont une plus grande immunité contre les infections à la bactérie comparativement aux non-Autochtones vivant dans la même zone géographique.

Une femme en chandail mauveAgrandir l’imageLa professeure indique que ses travaux pourraient trouver une application direction dans la conception d'un vaccin contre l'Haemophilus influenzae de type A. Photo : École de médecine du Nord de l'Ontario

L’immunologue dit ne pas savoir exactement pourquoi il en est ainsi, mais se permet d’émettre quelques hypothèses.

Cette bactérie circule dans les communautés autochtones parce qu’on peut la trouver notamment chez les enfants lors de l’extraction des dents de lait dans le Nord. Mais même si les gens portent la bactérie, ils ne tombent pas malades. Cela veut dire qu’ils sont exposés à la bactérie dans la vie de tous les jours et développent une immunité.

Marina Ulanova, professeure à l’École de médecine du Nord de l’Ontario

Or, ajoute-t-elle, même chez une Première Nation du sud de l’Ontario, où il n’y a aucun cas recensé d’infection à l’Haemophilus influenzae de type A, les recherches ont prouvé que les résidents adultes disposaient d’une immunité encore plus forte.

On s’est alors demandé : “Pourquoi sont-ils résistants alors que la bactérie n’est pas présente dans leur environnement ?”, avance-t-elle.

La chercheuse croit que les conditions de vie des Premières Nations ont façonné leur système immunitaire pour renforcer leur capacité à répondre à toute stimulation non spécifique.

Il y a un mécanisme de protection qui se développe en réponse à des conditions de vie non favorables. Notre système génétique est influencé par des facteurs environnementaux.

Marina Ulanova

Elle espère que les résultats de ses recherches contribueront à l’élaboration d’un tout premier vaccin contre la bactérie.

Ce serait un vaccin qui pourrait être très utile pour les enfants, qui n’ont pas un système immunitaire aussi fort que celui des adultes, conclut-elle.

Avec les informations de CBC

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