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5 courts métrages à surveiller au TIFF

Un homme est suspendu horizontalement par des cordes et regarde un mannequin en bois avec des broches en métal sur les jambes qui est allongé sur une table
Le sujet, court-métrage de Patrick Bouchard Photo: Avec l'aimable autorisation du TIFF

Toute une communauté de courts-métragistes se donne rendez-vous durant le 43e Festival international du film de Toronto (TIFF). Si l'attention du public se porte moins sur ces histoires de quelques minutes, certains de leurs créateurs, comme Jérémy Comte, Ariane Louis-Seize ou Sarah Pellerin, sont promis à une longue carrière et deviendront peut-être les grands réalisateurs de demain.

Un texte et une sélection d’Isabelle Gobeil

Fauve, de Jérémy Comte

À première vue, plusieurs se reconnaîtront dans cette histoire où l’amitié et la complicité se mêlent à la compétition, voire à la confrontation. Toutefois, on apprécie que nos comparaisons soient de courte durée… Alors que deux jeunes garçons s’amusent dans de grands espaces qui semblent sans vie, leur jeu de pouvoir pernicieux tourne à l’impuissance devant une nature qui ne pardonne pas.

Le film a laissé sa marque dans les festivals, tout en récoltant au passage de nombreux prix.

Du prix du jury au Festival du film Sundance au grand prix du meilleur court métrage au Festival du film de Melbourne, en passant par le grand prix du jury au Festival international du film de Xining, en Chine : partout, Fauve touche celui qui le regarde, peu importe où l'on a grandi.

C’est un propos assez universel qui vient vraiment toucher les gens [...] qui explore la naïveté de l’enfance dans sa cruauté.

Jérémy Comte, réalisateur

Jérémy Comte travaille actuellement à son premier long métrage, qui portera une fois de plus sur ces épreuves de la vie poussant de jeunes garçons vers l’âge adulte.

Les petites vagues, d'Ariane Louis-Seize

Ariane Louis-Seize plonge dans les pensées d’une jeune adolescente qui s’éveille à la sexualité dans Les petites vagues. Lors d’une réunion familiale, c’est avec très peu d’enthousiasme qu’Amélie constate que son cousin préféré a invité sa copine. Tout aussi déçue que fascinée, c’est en épiant le jeune couple qu’Amélie vivra pour la première fois de nouvelles sensations.

Diplômée en cinéma en 2013, Ariane Louis-Seize en est déjà à sa deuxième présence au TIFF. En 2016, La peau sauvage s’est retrouvé en compétition officielle. Pour cette cinéaste, la clé d’un bon scénario réside dans les personnages.

Si t’as envie d’être avec les personnages et que t’as pas envie de les lâcher des yeux – que tu t’identifies ou pas. Ce peut être juste une fascination, juste de voir jusqu’où ces personnages-là vont se rendre. C’est ça qui fait la force d’un scénario à mon avis.

Ariane Louis-Seize, réalisatrice de « Les petites vagues »

Les petites vagues, présenté en première mondiale au TIFF dimanche, fera un dernier tour de piste le 15 septembre. En plus de plancher sur le scénario d’un long métrage, la réalisatrice explorera le deuil dans le court métrage Les profondeurs, dont le tournage commencera dans les prochaines semaines.

Mon boy, de Sarah Pellerin

Louis ne prend aucun plaisir à « l'enterrement de vie garçon » de son frère et à faire partie de ce prétendu moment significatif dans la vie d’un homme.

Dans Mon boy, son deuxième court métrage, Sarah Pellerin exploite le cliché de la soirée bien arrosée. À travers ces stéréotypes, elle remet en question le genre masculin et féminin dans les rites de passage.

Selon elle, ces types de rassemblements festifs contrastent avec les mouvements féministes qui imprègnent notre époque.

Lorsqu’on cherche à connaître son avis quant à la volonté d’atteindre la parité entre les hommes et les femmes au TIFF, Sarah Pellerin affirme sans hésitation qu’il est temps de donner aux femmes cinéastes la place qui leur revient.

J’ai assez confiance au talent des cinéastes femmes partout dans le monde pour être convaincue que ce sera très facile d’atteindre ce 50 % là [...] y a assez de bons films faits par des femmes partout au pays et dans le monde, explique-t-elle.

Le sujet, de Patrick Bouchard

Ce court métrage aurait pu s’intituler L’autopsie tant on plonge dans l’introspection. Le cinéaste d’animation Patrick Bouchard propose sa propre dissection campée dans une texture visuelle et une ambiance sonore originales.

C’est un film qui ne raconte pas tant que ça, mais qui montre beaucoup [...] C’est un film, basé sur une démarche et un processus [...] qu’il faut vivre lorsqu’on le voit.

Patrick Bouchard, réalisateur

Avec Le sujet, Patrick Bouchard a été le seul Canadien à Cannes en mai dernier, ce qui représentait d’ailleurs une première sélection pour lui. Cette introspection sur pellicule est le troisième de ses films à attirer l’attention sur la scène internationale, après Bydlo et Les ramoneurs cérébraux.

Emptying the Tank, de Caroline Monnet

Alors qu’Ashley Nicols s’ennuie profondément, elle décide un jour de se battre. Elle est aujourd’hui une athlète en arts martiaux mixtes. Le sport, qui a d’abord servi d’exutoire devient un milieu valorisant qui renforce l’estime de soi. Une histoire qui, selon la cinéaste Caroline Monnet, est universelle et peut servir d’inspiration, peu importe d’où l’on vient.

La cinéaste franco-algonquine s’intéresse particulièrement aux réalités autochtones. Toutefois, lorsqu’elle parle de Emptying the Tank, elle ne fait pas allusion aux origines autochtones d'Ashley Nicols, celle qui est au centre de son documentaire.

Moi j’ai envie que quelqu’un de n’importe quelle nation et de n'importe quelle culture puisse s’identifier à la personne qui est à l’écran pour aussi briser les distances, briser la marginalisation.

Caroline Monnet, réalisatrice et artiste

Dans Emptying the Tank, la réalisatrice cherche à montrer une histoire positive, non pas sur la boxe thaïlandaise, mais plutôt sur le dévouement et l’équilibre physique, émotionnel et spirituel dont un athlète de haut niveau doit faire preuve tous les jours.

Alors que son court métrage précédent, Creatura Dada, versait dans l'opulence dans un univers très coloré, Caroline Monnet choisit ici une mise en scène apaisante en noir et blanc, plus introspective, qui nous rapproche de l’athlète et de sa vulnérabilité.

Une quinzaine d’autres courts métrages canadiens font partie des huit différents programmes de courts métrages présentés au TIFF 2018.

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