•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réduction du conseil municipal de Toronto : la loi déposée de nouveau dans le chahut

Le portrait d'un homme.
Doug Ford durant la période des questions, mercredi Photo: OntParl
Radio-Canada

Malgré les manifestations et les perturbations, le gouvernement progressiste-conservateur ontarien a déposé la loi de 2018 pour des administrations locales efficaces, mercredi après-midi, à l'occasion d'une session extraordinaire. La première lecture a été entérinée, mais les membres de l'opposition ont manifesté leur intention d'interjeter appel dans le but d'en retarder l'adoption.

Avant de pouvoir soumettre cette loi au vote, le gouvernement a dû essuyer deux vagues de contestation.

En après-midi, l'opposition officielle du Nouveau Parti démocratique a manifesté en faisant un vacarme énorme, empêchant les travaux de continuer. Les députés protestataires ont été expulsés un à un.

Plus tôt, ce sont des citoyens, qui prenaient place dans la tribune du public, qui ont réussi à interrompre les travaux de la Chambre.

Le projet de loi comprend une référence à la disposition de dérogation. Il s'agit de la première fois de l'histoire de la province que celle-ci, communément appelée clause dérogatoire ou clause nonobstant, est invoquée.

De plus, la date limite pour soumettre sa candidature à l'élection municipale de Toronto a été repoussée à 48 heures après l'adoption de la loi.

La nouvelle version de la législation, qui a déjà été entérinée par le passé mais bloquée par les tribunaux, se nomme maintenant loi 31.

Une photo de la Chambre.Agrandir l’imageAndrea Horwath a été expulsée. Photo : La Presse canadienne / Chris Young

En mêlée de presse après la perturbation, la chef du NPD ontarien, Andrea Horwath, a déclaré que son parti voulait « démontrer un désaccord fort et évident » à l'égard du « comportement insouciant et dangereux de ce premier ministre ».

Mme Horwath a également affirmé que M. Ford utilisait des outils extrêmes pour mener une « petite vendetta vindicative » envers les élus municipaux de Toronto. M. Ford a été conseiller municipal de 2010 à 2014 pendant que son frère, feu Rob Ford, était maire de la ville.

Le parti progressiste-conservateur détient la majorité des sièges à Queen's Park.

De son côté, le chef intérimaire du Parti libéral de l'Ontario, John Fraser, affirme que les actions du premier ministre ontarien « sont extrêmes, déviantes; c'est de l'abus ».

Une femme âgée aux cheveux blancs est menottée par un agent de sécurité.Une manifestante est menottée après avoir refusé de quitter la tribune du public à l'Assemblée législative. Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Doug Ford chahuté, des manifestants menottés

Quelques heures plus tôt, en avant-midi, le premier ministre Doug Ford avait quitté la Chambre temporairement sous les cris de citoyens venus protester contre son recours à la disposition de dérogation pour amputer le conseil municipal de Toronto.

Certains des manifestants, qui criaient notamment « intimidateur » (bully), ont été menottés par des agents de sécurité après avoir refusé de quitter la tribune du public à Queen's Park.

Photo d'un homme portant un complet bleu gesticulant debout.Doug Ford à l'Assemblée législative, mercredi matin Photo : Radio-Canada / Christian Noël

M. Ford est revenu en Chambre quelques minutes plus tard, et la période des questions a repris, mais sans le public.

L'objectif est de protéger la volonté du peuple et la démocratie. Un juge nommé pour des raisons politiques [ne devrait pas faire dérailler un gouvernement élu démocratiquement].

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Selon la loi 31, le nombre de conseillers à Toronto passera de 47 à 25, et ce, même si la campagne pour le scrutin municipal du 22 octobre est déjà commencée.

Au moins deux manifestants, y compris une aînée, ont été menottés mercredi matin lors de leur expulsion.

C'est l'antithèse de la démocratie, c'est le chaos.

Laura Barrett, enseignante et protestataire
Un homme tient une pancarte qui dit: « bébés lala de la gauche ».L'unique manifestant pro-Ford devant l'Assemblée législative, mercredi matin. Il traite les détracteurs du premier ministre de « bébés lala de la gauche ». Photo : Radio-Canada / Christian Noël

L'opposition cible Caroline Mulroney

Mme Horwath s'en est prise durant la période des questions, mercredi matin, à la procureure générale de l'Ontario, Caroline Mulroney, qui n'avait émis aucun commentaire depuis que Doug Ford avait annoncé son intention d'utiliser la clause dérogatoire, lundi dernier.

Si [Caroline Mulroney] ne comprend pas que le rôle d'un procureur général est de faire respecter la loi, elle devrait retourner à la faculté de droit.

Andrea Horwath, chef du NPD

Mme Mulroney a répondu ceci : Nous utilisons la Charte des droits pour faire respecter la Constitution. Nous croyons que [la loi 5] est constitutionnelle.

Pour elle, il est essentiel d'avoir recours à la clause nonobstant afin de clarifier rapidement les règles du jeu pour les élections municipales du 22 octobre.

J'ai entendu M. Ford dire à plusieurs reprises qu'il respecte les juges et c'est pour ça qu'on a aussi [fait] appel [du jugement de la Cour supérieure].

Caroline Mulroney, procureure générale de l'Ontario

Le père de Mme Mulroney, l'ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney, a dénoncé encore cette semaine l'existence d'une disposition dans la Constitution comme la clause dérogatoire.

De son côté, le maire de Toronto, John Tory, a affirmé que le recours à la disposition de dérogation dans ce cas-ci dépasse de façon flagrante les pouvoirs de la province.

Manifestation devant l'hôtel de ville

Puis, en fin d'après-midi mercredi, des centaines de personnes se sont réunies devant l'hôtel de ville de Toronto pour manifester contre la décision de M. Ford d'utiliser la disposition de dérogation dans le but de réduire le nombre de conseillers municipaux.

Avec les informations de La Presse canadienne

Toronto

Politique provinciale