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Coffres à butin : Electronic Arts fait l'objet d'une enquête criminelle en Belgique

Une capture d'écran du site web de Blizzard Entertainment montrant une page sur laquelle sont proposés des coffres à butin à différents prix pour le jeu Overwatch.
Un coffre à butin du jeu vidéo Overwatch, du studio Blizzard Entertainment. Photo: Blizzard Entertainment
Radio-Canada

Le procureur général de la Belgique mène actuellement une enquête criminelle sur Electronic Arts (EA). L'éditeur de jeux vidéo continue d'offrir des coffres à butin (loot boxes) dans ses jeux vidéo FIFA 18 et FIFA 19 malgré leur illégalité dans ce pays européen.

Les coffres à butin, aussi appelés pochettes-surprises, sont l’une des stratégies utilisées par les concepteurs de jeux vidéo pour rentabiliser leurs jeux. Ces coffres virtuels récompensent parfois gratuitement un joueur pour ses efforts ou son temps de jeu, mais ils sont plus souvent vendus pour de l’argent réel.

Ils contiennent généralement des éléments esthétiques choisis de manière aléatoire qui n’ont pas d’influence sur le jeu et que les joueurs peuvent utiliser pour déguiser leur personnage ou pour modifier l’apparence de l’interface. Dans certains cas, ils offrent également un avantage dans le jeu, un phénomène controversé qu’on appelle la victoire payante (pay to win).

Ces coffres constituent une forme de jeu de hasard illégal aux yeux de la Commission des jeux de hasard de Belgique, puisque les joueurs qui les achètent n’en connaissent pas le contenu d’avance.

EA persiste et signe

La Commission a sommé plus tôt cette année les éditeurs de jeux vidéo de cesser d’offrir ces pochettes-surprises, sous peine de se voir imposer une amende de 800 000 € (1,2 million de dollars). Les contrevenants s’exposent également à une peine de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Des entreprises majeures dont Blizzard Entertainment (Overwatch, Heroes of the Storm), Valve (Counter-Strike: Global Offensive) et 2K Games (NBA 2K) ne vendent plus de coffres à butin en Belgique, bien que certains les offrent toujours gratuitement pour récompenser les joueurs assidus.

EA s’entête toutefois à conserver les coffres vendus dans deux de ses jeux de simulation de soccer, FIFA 18 et FIFA 19. Le PDG de l’entreprise, Andrew Wilson, estime que le fait de divulguer le nombre de récompenses contenues dans chaque coffre est suffisant pour qu’il ne s’agisse pas d’un jeu d’argent.

Si l’enquête de la Commission est concluante, EA pourrait être poursuivie au criminel, ce qui constituerait un premier test pour la loi belge.

Un débat mondial

Les pratiques d’EA en matière de distribution de coffres à butin ont déclenché un débat mondial sur leur légalité en novembre 2017. Son jeu Star Wars Battlefront II avait été lourdement critiqué par le public et les analystes pour avoir fait des pochettes-surprises un élément central du jeu, puisqu’elles offraient parfois des avantages aux joueurs pendant les parties.

La controverse était si intense qu’elle avait attiré l’attention des législateurs de plusieurs pays, dont le représentant américain Chris Lee, qui avait qualifié le jeu d’EA de « casino virtuel pour enfants ».

La Belgique et les Pays-Bas ont depuis conclu que ces éléments de jeu étaient illégaux. Le Royaume-Uni (Nouvelle fenêtre), la France (Nouvelle fenêtre) et la Nouvelle-Zélande (Nouvelle fenêtre) ont quant à eux déterminé le contraire. Aux États-Unis, le débat est en cours dans de nombreux États (Nouvelle fenêtre) et au Sénat (Nouvelle fenêtre), tout comme en Australie (Nouvelle fenêtre).

Au Canada, les régies provinciales des jeux de l’Ontario et du Québec ont indiqué que les coffres à butin offerts dans les jeux vidéo n’étaient pas de leur ressort.

Avec les informations de Le Monde, Variety, Gamasutra, Polygon, Ars Technica, et Metro

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