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Le PLQ promet l'équilibre budgétaire

Le reportage de Véronique Prince
Radio-Canada

S'il est reporté au pouvoir, le Parti libéral du Québec (PLQ) prévoit des dépenses supplémentaires de 2,4 milliards de dollars par année au terme d'un deuxième mandat, selon le cadre financier déposé mercredi avant-midi. Un nouveau gouvernement libéral promet également de maintenir un équilibre budgétaire des finances publiques.

Un texte de Romain Schué et François Messier

Le total des dépenses prévues par le PLQ est légèrement inférieur aux promesses de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a évoqué des dépenses de 2,6 milliards lors de la présentation de son cadre financier.

Ces dépenses seront financées grâce à d’importantes marges de manœuvre mises de l’avant par le gouvernement libéral. Comme l’indiquait déjà le rapport préélectoral, dont les prévisions avaient été jugées « plausibles » par la vérificatrice générale, des surplus de 950 millions par année avaient déjà été évoqués.

Le PLQ compte utiliser ces sommes pour « améliorer le financement des services publics, notamment en santé et en éducation ». Aucune utilisation additionnelle de la réserve de stabilisation n’est prévue et celle-ci sera même bonifiée, soutient le parti.

Le budget de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur sera bonifié au « minimum » de 4 % par an pour toute la durée du mandat. Le budget de la Santé et des Services sociaux va lui aussi augmenter de 4,2 %, promet le PLQ.

Une augmentation de la croissance « prudente »

Le PLQ, en raison d’une « forte accélération » de l’économie québécoise, prévoit un PIB légèrement supérieur au rapport préélectoral, mais bien inférieur à la croissance estimée par la CAQ et le secteur privé.

Alors que le PLQ prévoit une croissance de 2,3 % du PIB réel en 2018, le parti se dit prudent et évoque une croissance de 1,4 % en 2022. François Legault, de son côté, espère une hausse s’élevant à 2 %.

« L’incertitude économique et les pressions démographiques appellent à rester prudent », peut-on lire dans le document.

Le parti prévoit également une augmentation des revenus et table, « selon des hypothèses conservatrices », sur un total de 150 millions supplémentaires d’ici 2022-2023, avec notamment une « intensification de la lutte contre le recours aux paradis fiscaux ».

Ainsi, la croissance des revenus autonomes pourrait passer de 3,4 % à 3,6 % d’ici 2022-2023.

Un plan « complet », « solide » et « rigoureux », selon Couillard

En conférence de presse, le chef libéral Philippe Couillard a vanté la gestion des finances publiques faite par son gouvernement depuis quatre ans, qui permet aujourd'hui de réinvestir dans les services publics et de réduire le fardeau fiscal des contribuables. Il a promis qu'il continuerait d'agir de la même manière s'il devait être réélu le 1er octobre.

Le cadre financier du parti repose donc sur trois principes, a-t-il dit : « maintenir l’équilibre budgétaire et une gestion rigoureuse et prudente des finances publiques, continuer d’améliorer les services publics [et] faire bénéficier toutes les familles de l’amélioration de la situation économique et financière du Québec ».

« Notre cadre financier est complet. Il intègre la totalité des engagements de notre parti ainsi que leur effet sur l’évolution des revenus et des dépenses. Il est aussi équilibré [...] et il inclut bien sûr la dette », a-t-il fait valoir. Il a aussi profité de l'occasion pour critiquer le plan présenté par la Coalition avenir Québec (CAQ)

C’est un cadre solide, rigoureux, qui reflète la philosophie politique de notre formation : mieux créer la richesse pour mieux la distribuer, l’un précédant l’autre.

Philippe Couillard, chef du Parti libéral

Des « défis » et des « risques » à l'horizon

Selon le chef libéral, le contexte économique mondial actuel comprend « des défis et des risques » qui militent toujours en faveur de la prudence et de la rigueur que préconise son parti.

Il a évoqué plus précisément « le retour au protectionnisme [des États-Unis], l’incertitude relative aux échanges commerciaux et bien sûr la pénurie de main-d’œuvre, la plus grande menace à notre succès économique ».

Les provisions et les marges budgétaires de 8 milliards qu'il comprend « couvrent pleinement les risques de diminution de nos revenus, en cas de crise financière moyenne », a dit M. Couillard.

Les surplus dégagés par son gouvernement depuis 2014 seront réinvestis « également entre de nouveaux investissements dans le secteur public et des mesures pour redonner de l’argent aux Québécois », a souligné le premier ministre sortant.

Si d'autres surplus devaient survenir au cours d'un second mandat en raison d’une performance économique supérieure aux prévisions, « nous continuerons d’investir davantage dans les services à la population, et nous pourrions alors baisser le fardeau fiscal des Québécois », a-t-il précisé.

Cette baisse ne devra toutefois « mettre en cause le financement des services publics », a assuré M. Couillard.

Si j'ai à choisir, une année, entre plus d'argent en éducation et baisser les impôts, comme la majorité des Québécois, je vais aller vers plus d'argent en éducation.

Philippe Couillard, chef libéral

Des hausses de budgets de tous les ministères

M. Couillard a par ailleurs précisé que les budgets de tous les ministères, et non seulement ceux de la Santé et de l'Éducation sont appelés à augmenter lors d'un possible deuxième mandat libéral. Après une croissance globale de 5,4 % pour l'année en cours, ce taux devrait atteindre 2,4 %, 2,9 %, 2,5 % et 3,1 % pour les quatre années suivantes.

« C’est certain qu’on ne peut pas maintenir de façon réaliste des dépenses de programmes augmentant de 5,3 % pour plusieurs années », a expliqué le chef libéral. « Le fait de le faire la première année, quand on a de l’argent "vérifié" – et non pas parce qu’on pense qu’on a l’argent – nous permet de rehausser toute la base budgétaire du gouvernement, de tous les ministères. »

« On n’est pas ceux qui disent qu’on va affamer les autres ministères pour financer l’éducation et la santé », a aussi affirmé M. Couillard, dans une de ses nombreuses flèches décochées en direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

Il a aussi souligné que le Parti libéral prévoit parvenir à des économies annuelles de 250 millions au terme d'un nouveau mandat en améliorant la gestion de l'État, une hypothèse plus réaliste que celles de la CAQ, qu'il a qualifiée de « fantaisiste ».

Il croit par exemple que l'augmentation des dividendes de 850 millions de dollars que la CAQ veut obtenir des sociétés d'État, comme Hydro-Québec, la Société des alcools du Québec et Loto-Québec en quatre ans n'est pas réaliste.

Selon M. Couillard, le cadre financier de la CAQ repose sur « des hypothèses d’économies qu’ils ne sont pas capables de préciser », « des éléments qui sont absents », et « d’autres qui sont grossièrement sous-estimés » par le parti. « Moi, je pense que ce qu’il faut dire, c’est que M. Legault et la CAQ ne sont pas fiables pour gérer les finances publiques du Québec », a-t-il attaqué.

Le cadre financier libéral permet par ailleurs d'apprendre que le parti a réservé 404 millions de dollars sur quatre ans pour des engagements électoraux qui n'ont pas encore été annoncés.

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