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Le bilan libéral et les promesses de la CAQ au coeur du débat des candidats économiques

Les quatre candidats se tenant derrière leur podium respectif.
Les candidats invités au débat de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain : Carlos Leitao (PLQ), Simon Tremblay-Pepin (QS), Nicolas Marceau (PQ) et Youri Chassin (CAQ). Photo: LCN
La Presse canadienne

Un des poids lourds économiques de la Coalition avenir Québec a été la cible de tirs groupés, mardi soir, lors du débat économique tenu dans les studios de LCN, où le bilan libéral a également été attaqué de toutes parts.

Dès les premières minutes du débat animé par Mario Dumont, Carlos Leitao a dû défendre son mandat à titre de ministre des Finances.

Youri Chassin, qui porte les couleurs de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Saint-Jérôme, a déploré que l'administration publique ait été « davantage épargnée » par les compressions libérales que les services aux citoyens.

« On a fait ce qu'on a fait en 2014 parce qu'il fallait le faire », a martelé M. Leitao, qui a répété à maintes reprises qu'il n'avait d'autre choix que de « remettre la maison en ordre ».

« Notre bonne gestion des finances publiques nous redonne maintenant la liberté de nos choix », a-t-il réitéré en clôture.

M. Chassin, qui a occupé les postes d'économiste et de directeur de recherche de l'Institut économique de Montréal, un groupe de réflexion de droite, s'est dit en accord avec l'objectif de M. Leitao de financer les services publics sans s'endetter, mais pas sur les moyens de le faire.

La CAQ substituerait aux coupes une « lutte contre le gaspillage et la bureaucratie », a-t-il fait valoir, s'attirant la critique de Nicolas Marceau.

Le candidat péquiste dans la circonscription de Rousseau et ex-ministre des Finances sous le gouvernement de Pauline Marois a accusé la CAQ de prétendre à tort « qu'on pourrait baisser les impôts et les taxes et simultanément accroître les services ».

Souvent la cible de telles flèches, en tant que représentant du parti en tête dans les intentions de vote, M. Chassin a tenu à vanter les mérites de l'équipe caquiste en matière d'économie – une équipe « comme on n'en a pas vu depuis très longtemps », a-t-il avancé.

Les trois autres participants se sont notamment ligués contre lui sur la question des investissements en infrastructures scolaires – sujet de prédilection de Nicolas Marceau tout au long des discussions.

« C'est la première des priorités de s'assurer que nos enfants ont de belles écoles », a-t-il souvent rappelé.

En mêlée de presse à l'issue de l'événement organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Marceau a toutefois dû expliquer pourquoi il n'a pas pipé mot sur l'indépendance du Québec.

Il a fait valoir qu'il n'était « pas opportun » de le faire, surtout que « la question n'a pas été abordée par M. Dumont ».

L'immigration échauffe encore les esprits

La question des seuils d'immigration, omniprésente dans les derniers jours de campagne, s'est invitée dans les discussions mardi soir, sous la perspective des besoins en main-d'oeuvre.

Alors que la CAQ et le PQ estiment que la capacité d'accueil du Québec est présentement excédée, M. Leitao a fait valoir que, compte tenu du vieillissement de la population, la croissance économique de la province dépend dorénavant des nouveaux arrivants.

« L'immigration, c'est l'économie », a-t-il soutenu, provoquant l'ire de Simon Tremblay-Pepin, qui se présente sous la bannière de Québec solidaire dans la circonscription de Nelligan.

Professeur à l'Université Saint-Paul, à Ottawa, M. Tremblay-Pepin a déploré un manque de « solidarité » envers les immigrants, que les libéraux ne considèrent selon lui que comme « des votes acquis ».

« On les reçoit ici pour qu'ils deviennent des citoyens, pas juste des rouages dans une machine économique », s'est-il indigné.

Quant à Youri Chassin, auparavant analyste au Conseil du patronat du Québec, il a résumé de manière laconique la position de son parti par rapport à l'intégration des immigrants : « On en prend moins, on en prend soin. »

Nicolas Marceau est pour sa part resté fidèle aux lignes de son parti, dénonçant « un échec en francisation ».

Automobiles c. transport en commun?

M. Tremblay-Pepin a réussi à réorienter le débat vers le thème de l'environnement – un cheval de bataille de Québec solidaire – grâce à la question des infrastructures en transport collectif.

« Votre logique de la lutte contre les changements climatiques, c'est une piasse pour les chars, cinquante cennes pour l'autobus », a-t-il reproché à M. Leitao, dont le cadre financier doit être dévoilé mercredi.

M. Marceau a dit partager l'avis de son adversaire solidaire, mais en restant « sur la planète Terre ». Il propose de réduire le nombre de voitures sur les routes en privilégiant par exemple le covoiturage.

M. Chassin s'est pour sa part désolé de cette opposition entre l'autobus et l'automobile.

« On cherche à punir les automobilistes pour favoriser le transport collectif, alors que ça doit être complémentaire », a-t-il soulevé, citant en exemple une famille nombreuse qui doit concilier divers modes de transport.

Quelques autres idées avancées par les candidats

Rôle de l’État

Le candidat libéral Carlos Leitao se dit prêt à améliorer le modèle d’affaires de la Société des alcools du Québec, afin d’introduire plus de compétition dans ce secteur.

Le candidat caquiste Youri Chassin aimerait revoir le mandat d’Investissement Québec pour stimuler les investissements et multiplier les exportations.

Le candidat péquiste Nicolas Marceau pense que la Caisse de dépôt et placement doit examiner les offres d’achat sur des entreprises québécoises et les protéger.

Le candidat solidaire Simon Tremblay-Pepin croit que les sociétés d’État doivent être des « vecteurs de dynamisme », notamment pour la transition énergétique du Québec.

Travailleurs âgés

Le libéral Carlos Leitao envisage un crédit d’impôt dans le but de repousser l’âge de la retraite et inciter les personnes de 65 ans et plus à rester sur le marché du travail.

Le péquiste Nicolas Marceau suggère un congé de cotisation pour les employés de 65 ans et plus à la Régie des rentes du Québec, ce qui augmenterait de 5 % leur revenu net, selon lui.

Intégration des immigrants

M. Marceau a suggéré l’idée de pouvoir envoyer des CV anonymes, ce qui permettrait aux immigrants d’obtenir plus de chances d’être convoqués en entrevue, ainsi que d’interdire l’exigence pour un candidat d’avoir une expérience de travail canadienne.

Québec solidaire voudrait imposer des quotas dans la fonction publique pour que 25 % des nouvelles embauches soient des employés issus des minorités visibles.

Baseball

Le libéral Carlos Leitao et le péquiste Nicolas Marceau appuient l’idée d’une participation limitée de l’État à la construction d’un nouveau stade de baseball professionnel à Montréal, si le retour d’une équipe des ligues majeures était confirmé. Le solidaire Simon Tremblay-Pepin s’oppose à l’idée, tandis que le caquiste Youri Chassin affirme que son parti évaluerait les projets un à un.

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