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L'immigration et le troisième lien au coeur d'un débat économique à Québec

Les quatre participants au débat écoutent une question posée par l’animateur des échanges, le journaliste Pierre Jobin. Les candidats se tiennent debout derrière un lutrin. On aperçoit, de gauche à droite : Joëlle Boutin, Diane Lavallée, Sébastien Proulx et Sol Zanetti.

Le débat s'est déroulé au Centre des congrès de Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'abaissement du seuil d'immigration et le projet de troisième lien routier entre les deux rives du fleuve Saint-Laurent ont dominé les échanges, mardi, lors du débat économique opposant des candidats de la région de Québec issus des principaux partis politiques.

Un texte de Louis Gagné

La candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans la circonscription de Jean-Talon, Joëlle Boutin, a dû défendre la proposition de son parti d’abaisser le seuil d’immigration de 50 000 à 40 000 dès l’année 2019.

Elle a soutenu qu’il s’agissait d’une mesure provisoire destinée à permettre au Québec d’améliorer sa capacité à intégrer les nouveaux arrivants.

« Je crois que personne ici n’est contre l’immigration. Seulement, en ce moment, le ministère de l’Immigration a de la difficulté à traiter les dossiers. Il y a à peu près 26 000 dossiers d’immigrants économiques qui sont stagnés. Donc, j’ose à peine imaginer si on en rajoute 20 000 de plus », a déclaré Mme Boutin.

Ses adversaires ont rappelé que la région de Québec était aux prises avec une importante pénurie de main-d’œuvre et que l’immigration fait partie des moyens pour y remédier.

« Il ne faut pas limiter cette opportunité, cette possibilité d’avoir accès à un bassin de talents qui est important », a soutenu le candidat libéral et député sortant de Jean-Talon, Sébastien Proulx.

Maîtrise du français

De son côté, la candidate du Parti québécois (PQ) dans Taschereau, Diane Lavallée, a indiqué qu’il fallait miser sur l’accueil d’immigrants qui parlent français et qui sont capables de répondre rapidement aux besoins du marché du travail.

« On ne fera pas de la numérologie avec des 40 000 et des 50 000 », a-t-elle lancé en référence à la proposition de la CAQ.

Le candidat de Québec solidaire (QS) dans Jean-Lesage, Sol Zanetti, a quant à lui proposé d’offrir des services de francisation gratuits aux immigrants, et ce, dès leur arrivée en sol québécois, afin d’accélérer leur entrée sur le marché du travail.

« On peut, dès qu’on habite au Québec, dès qu’on montre qu’on a une adresse ici, avoir accès à des services de francisation qu’on veut amener jusque dans les entreprises pour favoriser l’apprentissage du français », a fait valoir M. Zanetti.

Troisième lien

La construction d’un troisième lien routier entre Québec et Lévis a dominé les échanges portant sur le transport et la mobilité.

Joëlle Boutin a mis en doute la volonté des libéraux de réaliser le projet, tandis que Sébastien Proulx a jugé irréaliste la proposition de la CAQ de commencer les travaux dans un premier mandat.

« On ne vous croit pas quand vous dites que vous soutenez le troisième lien », a lancé Mme Boutin à son adversaire libéral.

Vue aérienne du pont de Québec et du pont Pierre-Laporte.

Le pont de Québec et le pont Pierre-Laporte

Photo : Radio-Canada

« Ce troisième lien-là, il va se faire […] mais là où ça devient une farce, je pense, c’est quand on dit qu’on va avoir débuté la construction dans les quatre prochaines années. Ce n’est pas sérieux », a répliqué Sébastien Proulx.

« Fixation »

Diane Lavallée a reproché à la CAQ et aux libéraux leur « fixation » pour le troisième lien. Elle a invité ses adversaires à prioriser les liens existants, à commencer par le pont de Québec qui, a rappelé la candidate, a besoin d’importants travaux de peinture et de réfection.

« Il n’y a pas eu de pression suffisante [sur le fédéral] de la part du gouvernement libéral depuis les 14 dernières années […] C’est une voie qui existe et avant de penser à en construire une troisième, il faudrait peut-être s’occuper des liens existants », a indiqué la candidate péquiste.

Sol Zanetti a vivement attaqué le projet de troisième lien, une solution aux problèmes de congestion qui date « d’un autre siècle ». L’amélioration de la mobilité passe selon lui par un transport collectif efficace et non par « l’auto solo ».

« Il faut arrêter le gaspillage dans l’asphalte, pas faire le troisième lien, qui va coûter entre 4 et 10 milliards de dollars alors que ses impacts sur la fluidité du transport seront annulés complètement après 4 ou 7 ans », a tonné l’ancien chef d’Option nationale.


Le débat qui a opposé les quatre candidats était organisé par la Chambre de commerce et d'industrie de Québec et la Jeune chambre de commerce de Québec.

Les participants ont débattu pendant environ une heure sur la rareté de la main-d'œuvre, le soutien aux entrepreneurs et les enjeux liés aux transports et à la mobilité.

Les questions posées aux candidats ont été choisies à la suite d’un sondage mené il y a quelques jours auprès des membres des deux chambres de commerce.

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