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Plus difficile d'être soigné près de chez soi en région

Une femme passe une échographie.
Une femme passe une échographie. Photo: Associated Press / Victor R. Caivano
Radio-Canada

Des citoyens, des médecins et des élus dénoncent la perte de soins de proximité dans l'Est-du-Québec. Ils déplorent les longues heures de route que les patients doivent faire pour des examens, des opérations chirurgicales ou des rendez-vous avec des spécialistes, qui étaient auparavant offerts à leur hôpital local.

Un texte d’Ariane Perron Langlois

L'enjeu est au coeur de la campagne électorale dans plusieurs circonscriptions de l'Est-du-Québec.

Une heure de route pour des échographies de grossesse

Toutes les femmes enceintes de la vallée de la Matapédia doivent désormais se rendre à Rimouski, à environ une heure de route, pour leurs échographies de grossesse.

Le service n'est plus offert à l’hôpital d’Amqui depuis que son seul radiologiste a pris sa retraite, en novembre 2016. Des radiologistes de Rimouski se déplacent dans la vallée de la Matapédia pour offrir certains examens, mais ils ne peuvent pas alors réaliser d'échographies obstétricales.

La situation a déçu Émilie St-Laurent. La jeune femme de Sayabec a fait le trajet à trois reprises, en plein hiver, avant de donner naissance à son fils, en mars 2018.

Émilie St-Laurent et son fils DustinÉmilie St-Laurent et son fils Dustin Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

C’est un gros stress, un stress de plus à vivre qui n’est pas obligé si on est proches.

Émilie St-Laurent

Ces déplacements demandent temps et argent, ce que vivent plus durement les femmes plus vulnérables, remarque Catherine Poirier, médecin de famille à l’hôpital d’Amqui.

« On a des patientes qui sont souvent en situation de pauvreté, qui doivent se déplacer deux à trois fois, parfois plus dans leur grossesse pour avoir ces échographies de routine. C’est beaucoup d'argent pour elles », explique la Dre Poirier.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent assure qu'il poursuit ses efforts pour recruter un radiologiste dans la Matapédia, ce qui permettrait d'offrir à nouveau les échographies obstétricales à l'hôpital d'Amqui.

L'urgence fermée temporairement par manque de médecins

Sur la Côte-Nord, le service a été interrompu à l'urgence de Forestville pendant une dizaine de jours cet été en raison d'un manque de médecins.

Même si un médecin restait de garde au cas où une urgence majeure surviendrait, ces fermetures ont forcé les patients à se rendre à Baie-Comeau, à plus d'une heure de route.

L'urgence de ForestvilleL'urgence de Forestville Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

C'est inquiétant, parce que le temps est précieux dans les situations d'urgence et la distance représente à mon avis une embûche majeure.

Micheline Anctil, mairesse de Forestville

La mairesse de Forestville, Micheline Anctil, craint également que la perte de soins de proximité entraîne un exode de la population, particulièrement des aînés.

La population vieillissante, elle a besoin de ces services-là. Elle a besoin d'être rassurée par ses services de santé à proximité, sinon les gens quittent pour se rapprocher des services, soutient Mme Anctil.

Le CISSS de la Côte-Nord affirme qu'il multiplie les démarches pour recruter de nouveaux médecins afin d'assurer le service, mais ajoute qu'il est parfois difficile d'en trouver, particulièrement pour des remplacements de courte durée.

Moins de spécialistes sur place

L’accès à un orthopédiste à leur hôpital de proximité s’est compliqué ces derniers mois pour les patients du Kamouraska.

Auparavant, des orthopédistes de Montmagny se déplaçaient jusqu'à La Pocatière pour certaines interventions chirurgicales et pour les rendez-vous de suivi. Au cours des derniers mois, le mandat a été transféré à des orthopédistes de Rivière-du-Loup puisque chaque CISSS doit viser l’autonomie régionale en matière de spécialistes dans le cadre de la réforme du réseau de la santé.

L'hôpital Notre-Dame-de-Fatima, à La Pocatière.L'hôpital Notre-Dame-de-Fatima de La Pocatière Photo : Radio-Canada

Or, pour l’instant, les orthopédistes de Rivière-du-Loup se déplacent moins souvent et voient moins de patients sur place à La Pocatière, ce qui force davantage de patients à faire la route jusqu’à Rivière-du-Loup pour les rencontrer.

La médecin de famille Marie-Ève Fromentin, qui est porte-parole du comité citoyen « Mes soins restent ici », note que certains patients âgés renoncent carrément à se faire opérer.

Marie-Ève Fromentin, porte-parole du comité citoyen « Mes Soins restent ici »Marie-Ève Fromentin, porte-parole du comité citoyen « Mes Soins restent ici » Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Pour les personnes vieillissantes, il y en a qui décident de ne pas se faire opérer parce que, justement, elles ne sont pas intéressées à aller jusqu’à Rivière-du-Loup pour avoir le soin.

Marie-Ève Fromentin, porte-parole du comité citoyen Mes Soins restent ici

Le directeur des services professionnels du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Jean-Christophe Carvalho, reconnaît qu’il y a eu « ralentissement », mais il assure qu'il s'agit d'une période de transition. À terme, il souhaite que les orthopédistes de Rivière-du-Loup offrent un service équivalent à celui qui était en place auparavant.

L’orientation de l’établissement, c’est d’assurer le meilleur panier de services possible en proximité.

Jean-Christophe Carvalho, directeur des services professionnels du CISSS du Bas-Saint-Laurent

Par ailleurs, les interruptions de service au bloc opératoire de l'hôpital de La Pocatière sont chose du passé depuis que les services d'anesthésistes sont assurés par une entente de parrainage avec le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.

Bas-Saint-Laurent

Santé